Yémen: début d'un vaste échange de prisonniers

L'échange, qui doit concerner 375 prisonniers rebelles et... (Photo Hani Mohammed, AP)

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L'échange, qui doit concerner 375 prisonniers rebelles et 285 combattants progouvernementaux, a débuté dans la province de Lahej, selon des témoins.

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Agence France-Presse
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Les belligérants au Yémen ont amorcé mercredi un échange de centaines de prisonniers dans le sud du pays, alors que se poursuivent en Suisse des pourparlers de paix pour tenter de mettre un terme à plus de huit mois de conflit.

Les négociations ont débuté mardi en même temps qu'un cessez-le-feu devant durer sept jours et qui a été émaillé mercredi par des affrontements sporadiques.

«Nous avons débuté l'échange par petits groupes», a déclaré cheikh Mokhtar al-Rabbach, un membre de la commission chargée des prisonniers proches du gouvernement reconnu par la communauté internationale.

«Pour des raisons de sécurité, nous avons dû diviser les prisonniers en groupe de 20», a-t-il ajouté.

L'échange, qui doit concerner 375 prisonniers rebelles et 285 combattants progouvernementaux, a débuté dans la province de Lahej, selon des témoins.

Les combattants progouvernementaux appartiennent à la «Résistance populaire», une alliance hétéroclite d'anciens militaires, d'hommes de tribus, de séparatistes sudistes et de groupes islamistes qui s'est rangée aux côtés des loyalistes.

Interrogée par l'AFP, la mission du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Sanaa a affirmé «ne pas être au courant d'un tel échange».

Il s'agit de l'un des rares échanges de prisonniers annoncés au Yémen depuis l'intervention fin mars dans ce pays d'une coalition militaire arabe, conduite par l'Arabie saoudite, en soutien au pouvoir du président Abd Rabbo Mansour Hadi contre les rebelles chiites Houthis et leurs alliés qui se sont emparés de vastes régions depuis 2014.

Calme précaire 

La guerre a fait quelque 6000 morts et 28 000 blessés, dont de nombreux civils, et a directement affecté 80% de la population.

Un calme précaire, ponctué d'incidents isolés, régnait mercredi dans le pays. Les forces loyalistes et les rebelles gardaient leurs positions dans la province de Taëz et dans la région de Bab al-Mandeb (sud-ouest), où des affrontements sporadiques étaient signalés, selon des sources militaires progouvernementales.

«Les rebelles ont bombardé des quartiers résidentiels à Taëz, blessant des civils», a déclaré à l'AFP l'une de ces sources, les accusant de «violer la trêve».

En retour, des positions rebelles à Taëz ont été visées par des tirs de combattants progouvernementaux, a indiqué une autre source militaire.

«Des avions de la coalition ont survolé ces secteurs, sans procéder à des bombardements», a déclaré une source militaire.

Des accrochages sporadiques ont également eu lieu sur le front de Marib, à l'est de Sanaa, selon les mêmes sources.

Le cessez-le-feu de sept jours, décrété mardi à 09H00 GMT à la demande du président Hadi, a été «violé par les miliciens Houthis (...) dès les premières heures de son entrée en vigueur», a accusé mardi soir le général de brigade Ahmed Assisi, porte-parole de la coalition arabe.

Négociations en Suisse

Mardi après-midi, 17 combattants progouvernementaux ont été tués dans des attaques rebelles dans la province de Marib, et sept civils dans celles de Taëz, avaient indiqué des sources militaires et médicales.

«Ces violations» ont fait l'objet d'un rapport transmis à l'ONU et aux États parrains des pourparlers de paix en Suisse, a indiqué le général Assiri.

La règle, c'est qu'«en cas de violation (de la trêve), la coalition riposte», a-t-il prévenu.

Le porte-parole militaire des rebelles, le général Charaf Louqman, a également accusé l'autre partie de ne pas avoir respecté le cessez-le-feu.

La coalition a annoncé mercredi la mort d'un soldat saoudien dans la région de Najrane où il «défendait la frontière du royaume contre les rebelles».

Malgré ces incidents, les belligérants semblaient se contenter de signaler des «violations» de la trêve, sans la remettre en cause.

L'Arabie saoudite est désormais encline à favoriser un règlement politique de la crise, redoutant notamment qu'un enlisement ne profite au groupe djihadiste État islamique (EI) qui a multiplié les démonstrations de force au Yémen, selon un diplomate occidental.

En Suisse, les discussions directes interyéménites sous l'égide de l'ONU, qui se déroulent loin des caméras, visent à favoriser «un cessez-le-feu permanent» et «un retour à une transition politique pacifique et ordonnée».

Elles portent aussi sur un «plan» de mise en oeuvre progressive de la résolution 2216 du Conseil de sécurité qui exige le retrait des rebelles et de leurs alliés, mais aussi de milices, des zones conquises, ainsi que la restitution des armes lourdes à l'État.

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