Quatre nouvelles attaques à l'arme blanche contre des Israéliens

Des secouristes israéliens transportent sur une civière le... (PHOTO JACK GUEZ, AFP)

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Des secouristes israéliens transportent sur une civière le corps d'un Palestinien tué par un soldat de Tsahal, après qu'il eut, selon les autorités, agressé à l'aide d'un tournevis une soldate, à Tel-Aviv, le 8 octobre.

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Michael SMITH
Agence France-Presse
JÉRUSALEM

Les attaques à l'arme blanche contre des Israéliens se sont propagées jeudi avec quatre nouveaux incidents qui ont fait sept blessés et créent un climat de grande nervosité en Israël, tandis que deux Palestiniens ont été tués dans l'escalade ininterrompue des violences.

Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a déclaré en soirée qu'Israël était confronté à une «vague de terrorisme», principalement non organisée, mais selon lui favorisée par les incitations à la haine de la part de l'Autorité Palestinienne, du mouvement islamiste Hamas ou certains pays régionaux.

S'exprimant lors d'une conférence de presse, il a promis d'agir avec «détermination» face aux violences, mais reconnu qu'il n'y avait pas de «solution magique» pour les combattre.

Sept personnes ont été blessées jeudi à l'arme blanche à Jérusalem, Tel-Aviv, dans le nord d'Israël et près d'une colonie de Cisjordanie occupée, selon la police et l'armée israéliennes.

L'un des agresseurs a été abattu, deux autres arrêtés tandis que le troisième est en fuite. Un Palestinien a par ailleurs été tué par les forces de sécurité israéliennes à Jérusalem-Est lors de heurts liés à l'une de ces agressions.

Depuis le 3 octobre, neuf attaques de ce genre, principalement de la part de jeunes Palestiniens isolés semblant agir sans coordination pour protester contre l'occupation, ont fait deux morts et treize blessés israéliens ou juifs. Quatre des assaillants présumés ont été tués.

Beaucoup d'Israéliens recommencent à regarder davantage par-dessus leur épaule. Un appel signalant à la police un individu suspect tenant un objet ressemblant à un couteau à Jérusalem-Ouest a déclenché une forte mobilisation policière. Israël a commencé jeudi à installer des détecteurs de métaux dans la Vieille ville de Jérusalem, haut lieu de religion et de tourisme.

Habituellement grouillante, la Vieille ville située à Jérusalem-Est, partie palestinienne de Jérusalem annexée et occupée par Israël, n'était arpentée jeudi que par des centaines de policiers ainsi que des touristes et pèlerins.

Heurts violents dans un camp de réfugiés 

À Tel-Aviv, Thaer Abou Ghazaleh, un Palestinien de 19 ans de Jérusalem-Est, a blessé quatre personnes dont une jeune soldate israélienne, avec un tournevis, a relaté la police. Il a été abattu par un soldat.

Près de la colonie de Kiryat Arba, à l'est d'Hébron, en Cisjordanie, dans un secteur de tensions permanentes entre Palestiniens et colons, un Palestinien a poignardé et grièvement blessé un civil israélien, selon l'armée israélienne. L'armée recherche l'agresseur.

Plus tôt, Soubhi Abou Khalifa, un Palestinien de 19 ans du camp de réfugiés de Chouafat à Jérusalem-Est a gravement blessé un juif orthodoxe israélien à Jérusalem et a été arrêté, a dit la police.

Dans l'après-midi, des heurts très violents ont éclaté dans ce camp quand les forces israéliennes ont voulu se rendre dans la maison de Soubhi Abou Khalifa, peut-être pour la fouiller ou interroger des proches. Un jeune de 20 ans a été alors tué par les tirs israéliens.

Un soldat israélien a en outre été poignardé à Afoula, dans le nord d'Israël, selon la police et l'armée. Il souffre de blessures modérées. L'assaillant, arrêté, est un «membre d'une minorité» selon la police, formulation qui se réfère généralement à un Arabe.

Trois attaques avaient déjà eu lieu mercredi, poussant M. Netanyahu à demander aux Israéliens de se tenir en «état d'alerte maximale».

Onze morts en une semaine 

Les violences suscitent depuis une semaine des comparaisons avec les Intifadas de 1987 et 2000. Les Palestiniens, souvent des jeunes, laissent exploser leur colère contre des décennies d'occupation.

Depuis le 1er octobre, date du meurtre de deux colons en Cisjordanie, les violences ont tué quatre Israéliens et sept Palestiniens, dont quatre assaillants présumés.

Les confrontations entre lanceurs de pierres palestiniens et soldats ou policiers israéliens en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est se multiplient ainsi que les représailles mutuelles entre Palestiniens et colons en Cisjordanie.

De nouveaux affrontements se sont produits jeudi près du poste de contrôle israélien de Bet El, à la sortie de Ramallah, où des centaines d'étudiants venaient manifester. Les soldats israéliens ont poussé comme rarement jusqu'aux premières rues de Ramallah, où siège l'Autorité palestinienne.

Face à l'escalade de la violence, M. Netanyahu a interdit aux députés et aux ministres de se rendre sur l'esplanade des Mosquées, mais les élus arabes du Parlement, solidaires des Palestiniens, ont décidé de défier l'interdit.

Les visites des juifs sur l'esplanade sont considérées par les Palestiniens comme des provocations. Le contrôle de l'esplanade, lieu saint pour les musulmans et les juifs, constitue un facteur primordial de tensions.

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