Nouveau bilan: 464 Iraniens sont morts durant le hajj

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Des Iraniens en colère manifestent devant l'ambassade de l'Arabie saoudite à Théran, le 27 septembre.

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Agence France-Presse
TÉHÉRAN

L'Iran a fortement revu à la hausse jeudi le nombre de ses pèlerins victimes du drame de La Mecque, 464 morts dont les premiers corps devraient être prochainement rapatriés grâce à un accord conclu sur fond de tensions entre Riyad et Téhéran.

Cet accord entre Riyad et Téhéran est intervenu au lendemain d'une virulente mise en garde de l'Ayatollah Khamenei à l'Arabie saoudite.

Une semaine après la bousculade meurtrière de Mina, près de la Mecque, qui, selon Riyad, a coûté la vie à 769 pèlerins, le dernier bilan iranien ne devrait plus évoluer de manière significative, la plupart des disparus étant désormais considérés comme morts. Il en reste 16, selon le ministre iranien de l'Intérieur, Abdolreza Rahmani Fazli.

Un précédent bilan faisait état de 239 pèlerins iraniens morts et 241 disparus. L'Iran affirme que le bilan total de l'Arabie saoudite est très en deçà de la réalité et avance le chiffre de 2000 à 4000 morts.

«Sept jours après ce tragique accident (la bousculade de Mina) et de recherches sans relâche (...) le nombre de pèlerins iraniens montés au paradis pendant qu'ils accomplissaient les rituels du hajj à Mina est de 464», selon le comité iranien d'organisation du hajj.

Il ajoute que ce dernier bilan intervient après des recherches incessantes «dans tous les hôpitaux et centres de traitement de La Mecque, Jeddah, Taëf, Mina et Arafat», le Croissant-Rouge iranien, chargé du rapatriement des morts, précise que la morgue principale de La Mecque a également été inspectée.

Onze Iraniens blessés sont hospitalisés à La Mecque, deux à Taëf, un à Jeddah et six ont été ramenés en Iran, selon le Croissant-Rouge.

Le ministre iranien de la Santé, Hassan Hachemi, qui se trouve en Arabie saoudite, a confirmé qu'un accord avait été trouvé avec son homologue saoudien, Khaled al-Faleh, pour rapatrier «au plus vite» les corps des pèlerins iraniens en Iran.

«Les deux parties ont convenu du rapatriement des corps des Iraniens identifiés aussi vite que possible», avait indiqué l'agence officielle SPA tôt jeudi, après une réunion à Jeddah entre les deux ministres.

Lors de la rencontre, le ministre saoudien a transmis à l'ayatollah Khamenei, au gouvernement et à la nation iranienne «les condoléances» du roi Salmane, a indiqué Hassan Hachemi.

Personnalités parmi les victimes

Parmi les victimes figurent des personnalités iraniennes, dont l'ancien ambassadeur d'Iran à Beyrouth de 2010 à 2014, selon l'agence de presse Isna. Le ministre de l'Intérieur est allé rendre visite à sa famille pour lui transmettre les condoléances du président Hassan Rohani, selon cette agence.

Mercredi, l'ayatollah Ali Khamenei avait estimé que «le gouvernement saoudien ne (faisait) pas son devoir en ce qui concerne le rapatriement des corps» et promis de réagir «durement» s'il n'agissait pas rapidement. Il avait ajouté que si l'Iran devait réagir, les Saoudiens «ne feront pas le poids».

Ses déclarations ont renforcé le sentiment de défiance entre l'Iran et l'Arabie saoudite qui a accusé Téhéran de «politiser» la bousculade de Mina.

L'Iran chiite et l'Arabie saoudite sunnite s'opposent pratiquement sur tout - Syrie, Yémen, Liban - et s'accusent mutuellement de déstabiliser le Moyen-Orient pour pouvoir le dominer politiquement, militairement et religieusement.

Riyad a de nouveau montré du doigt son rival régional en annonçant mercredi l'arraisonnement au large d'Oman d'un bateau iranien bourré d'armes destinées aux rebelles chiites Houthis du Yémen en guerre, en violation d'une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.

Selon la coalition militaire arabo-sunnite conduite par l'Arabie saoudite au Yémen, parmi les équipements saisis figuraient 18 obus antiblindés, 54 obus antichars BGM17 et des systèmes de guidage de tirs. Outre le capitaine, 14 Iraniens étaient à bord du navire, enregistré comme «embarcation de pêche» en Iran.

L'Iran a qualifié ces informations de «propagande» relevant d'une «guerre psychologique sans fondement».

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