Le détenu palestinien Allan menace d'arrêter de s'hydrater

M. Allan, avocat de 31 ans défendant les... (Photo Amir Cohen, Reuters)

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M. Allan, avocat de 31 ans défendant les prisonniers palestiniens, a entamé sa grève de la faim le 18 juin pour protester contre son placement en détention administrative, une mesure extrajudiciaire renouvelable indéfiniment tous les six mois, qui permet d'emprisonner une personne sans inculpation.

Photo Amir Cohen, Reuters

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Shatha YAISH
Agence France-Presse
JÉRUSALEM

La Cour suprême israélienne examine mercredi une demande de libération pour raisons médicales du détenu palestinien Mohammed Allan, en grève de la faim depuis deux mois et qui, à peine sorti du coma, a donné 24 heures à Israël pour régler son cas.

L'audience de la Cour suprême, saisie par les avocats de M. Allan pour obtenir sa remise en liberté, doit débuter à 6h00.

Mohammed Allan, avocat de 31 ans défendant les prisonniers palestiniens, a entamé sa grève de la faim le 18 juin pour protester contre son placement en détention administrative, une mesure extrajudiciaire renouvelable indéfiniment tous les six mois, qui permet d'emprisonner une personne sans inculpation.

Il avait jusqu'alors refusé tout traitement et toute nourriture, mais continuait à boire.

Mardi, à son réveil après plusieurs jours de coma, Mohammed Allan a «immédiatement» dit à ses médecins «qu'il continuera à faire la grève de la faim jusqu'à sa libération» et que, «si on ne trouve pas une solution à son cas dans les 24 heures, il demandera à ce qu'on arrête tout traitement et il arrêtera de boire de l'eau», a rapporté dans un communiqué le Club des prisonniers palestiniens, l'organisation qui le soutient. Ses jours seraient alors comptés.

D'ici là, M. Allan s'est laissé convaincre d'accepter un traitement médical, ont dit l'organisation et son avocat.

Casse-tête pour Israël 

Avec cet ultimatum, la pression augmente encore sur le gouvernement israélien, conscient du risque d'un nouvel accès de violence si M. Allan meurt mais aussi soucieux de ne pas paraître céder à un quelconque chantage.

Un médecin de l'hôpital d'Ashkélon où il est hospitalisé avait indiqué lundi que Mohammed Allan ne survivrait probablement pas s'il reprenait la grève de la faim en sortant du coma dans lequel il a sombré en fin de semaine passée.

L'avocat de M. Allan, Me Jamil al-Khatib, qui lui a rendu visite, a décrit auprès de l'AFP un homme déterminé à aller jusqu'au bout. Il a cependant émis l'espoir que les autorités israéliennes réexaminent son cas.

Avocat à Naplouse, dans le nord de la Cisjordanie occupée, M. Allan a été arrêté en novembre 2014. Le Djihad islamique, désigné comme organisation terroriste par Israël, le présente comme l'un de ses membres.

Le sort de M. Allan, encore inconnu il y a quelques semaines, mobilise désormais l'opinion palestinienne. Il représente un casse-tête de plus en plus ardu pour Israël tant sa mort est susceptible d'aggraver encore les tensions entre Palestiniens et Israéliens. Le Djihad islamique a prévenu qu'il ne serait plus tenu par la trêve actuelle s'il mourait.

Les tensions sont déjà vives après la mort d'un bébé palestinien et de son père dans un incendie criminel commis le 31 juillet et attribué à des extrémistes juifs. Les attaques de Palestiniens isolés contre des colons, des soldats ou des civils israéliens se multiplient et trois de leurs auteurs palestiniens viennent d'être tués par les forces israéliennes en huit jours.

Allan refuse l'exil 

Le chef de l'opposition israélienne Isaac Herzog a brandi le spectre d'une «troisième Intifada» pour affirmer la nécessité de reprendre l'effort diplomatique de paix.

Libérer M. Allan pour éviter un nouveau regain de violences risquerait, pour le gouvernement israélien, de paraître céder aux exigences des prisonniers palestiniens. C'est précisément pour parer à cette éventualité que le Parlement israélien a adopté fin juillet une loi permettant de nourrir de force un gréviste de la faim si sa vie est en danger.

Le gouvernement israélien pourrait ainsi être appelé à décider s'il applique pour la première fois cette loi à M. Allan. Or cette pratique est décriée par les défenseurs des droits de l'Homme, dont certains l'assimilent à de la torture. L'association qui représente les médecins israéliens s'oppose à ce que l'un des siens se prête à cette pratique.

Dans l'apparente intention de sortir de cette situation, le gouvernement israélien s'est dit prêt lundi à libérer M. Allan s'il acceptait l'exil pendant quatre ans. Son avocat a de nouveau catégoriquement refusé cette proposition mardi.

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