Hamas et Hezbollah étonnés de figurer sur la liste noire du Canada

Des drapeaux du Hezbollah entourent un drapeau libanais.... (PHOTO ARCHIVES REUTERS)

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Des drapeaux du Hezbollah entourent un drapeau libanais.

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Le groupe État islamique

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Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

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Tamsyn Burgmann
La Presse Canadienne
BEYROUTH

Deux partis politiques du Moyen-Orient désignés groupes terroristes par le Canada prédisent que le mouvement du groupe État islamique (ÉI) ne survivra pas et se demandent pourquoi ils figurent sur cette liste alors que la coopération pourrait parvenir à défaire cet ennemi commun.

Des représentants du Hezbollah et du Hamas au Liban ont tous deux, séparément, dénoncé l'ÉI dans des entrevues avec La Presse Canadienne, accordées le mois dernier, durant le Ramadan.

Le premier ministre Stephen Harper a dénoncé les militants djiahdistes et utilisé cette position pour justifier la participation du Canada à la coalition aérienne dirigée par les États-Unis qui mène des frappes en Irak et en Syrie.

En entrevue au Liban, le chef du Hamas, Osama Hamdan, a affirmé que la plupart des musulmans représentés par le Hamas n'acceptaient pas le groupe armé État islamique.

«À Gaza, nous avons adopté la résolution de juger sévèrement ces groupes et de les empêcher de sévir», a-t-il dit.

Du côté du Hezbollah, une source proche de la haute direction a confié que les mouvements extrémistes prolifèrent, mais qu'ils «ne durent jamais et ne trouvent pas leur place au sein des sunnites modérés et des chiites».

«Nous avions demandé une plus grande coalition pour combattre le terrorisme. Nous avions aussi demandé aux leaders religieux dans la région de dénoncer ce phénomène.»

Un analyste politique de l'université américaine à Beyrouth a expliqué qu'un discours dur comme celui du Hezbollah pourrait signaler plus d'alliances changeantes.

«Ce serait possible de voir le Canada et les États-Unis collaborer avec le Hezbollah et le Hamas contre l'État islamique, s'il est vu comme une menace commune - ce qu'il est», a avancé Rami Khouri, qui a 45 ans d'expérience dans la région.

«Mais ce n'est pas ce qui se passe en ce moment. Si cela arrivait, ce serait dans des circonstances politiques différentes.»

D'autres pays, notamment les États-Unis et Israël, ont interdit le Hezbollah et le Hamas. Quelques pays, dont l'Australie, n'interdisent que leur aile militaire, alors que le Liban reconnaît le Hezbollah et ses députés.

Le gouvernement fédéral décrit le Hamas, un parti palestinien, comme «une organisation terroriste islamiste-nationaliste radicale issue de l'aile palestinienne des Frères musulmans». Le Hezbollah, un parti libanais, est quant à lui présenté comme «un groupe chiite radical dont l'idéologie s'inspire de la révolution iranienne».

Or, en entrevue, la source du Hezbollah a indiqué qu'idéalement, le Canada serait un allié. «C'est un pays que l'on respecte», a-t-elle dit.

«Le Canada fait partie du système américain. Lorsque les États-Unis nous ont désignés comme un groupe terroriste, le Canada a fait pareil. Il n'y a aucune raison d'être sur la liste terroriste, mais le Canada veut combattre le terrorisme contre Israël. Or, nous disons: »Non, c'est de la résistance, pas du terrorisme«.»

Le chef du Hamas, lui, pointe directement l'alignement politique et économique entre Israël et le Canada à propos de la Palestine, affirmant que c'est «un des principaux problèmes». En janvier dernier, des manifestants palestiniens en Cisjordanie ont lancé des chaussures sur l'ancien ministre des Affaires étrangères John Baird.

«C'est l'Occident qui a fermé la porte, pas le Hamas», a affirmé M. Hamdan, admettant tout de même qu'on ne peut «créer des relations en lançant des chaussures ou des pierres.

Les ministères canadiens de la Sécurité publique et des Affaires étrangères ont refusé les demandes d'entrevue. La sécurité nationale fait partie des enjeux principaux de la campagne électorale qui culminera avec le scrutin du 19 octobre.

Selon Rami Khouri, les gouvernements occidentaux comme le Canada exagèrent grandement la menace du groupe État islamique, qui présente peu de danger pour l'Occident.

«C'est jouer avec l'ignorance des électeurs et avec leur sentiment de peur.»

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