Yémen: Aden «libérée»

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Les combattants pro-Hadi, qui avaient repris mardi l'aéroport d'Aden dans le quartier de Khor Aksar, ont également chassé les rebelles d'une route reliant Aden à Wahat, dans la province voisine de Lahj.

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Agence France-Presse
ADEN

Le premier ministre yéménite en exil à Riyad a annoncé vendredi la «libération» de la province d'Aden, dans le sud du pays, après quatre mois de combats intenses avec les rebelles chiites et leurs alliés.

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Des véhicules militaires des combattants pro-Hadi se déplacent lors de combats contre la rébellion houthiste à Aden, le 17 juillet. 

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Mais la situation semblait toujours instable puisque des combats se poursuivaient dans plusieurs quartiers de la grande ville portuaire du sud, dont certains accès restaient contrôlés par les rebelles, selon des témoins.

«Le gouvernement annonce la libération de la province d'Aden en ce premier jour de l'Aïd el-Fitr», a écrit sur sa page Facebook le chef du gouvernement, Khaled Bahah, en référence à la fête musulmane qui marque la fin du mois de jeûne du ramadan. «Nous allons travailler à restaurer la vie à Aden et dans toutes les villes libérées, et y rétablir l'eau et l'électricité», ajoutait-il.

Depuis quatre mois, le Yémen, pays pauvre de la péninsule arabique, est le théâtre d'un conflit dévastateur opposant d'un côté les forces gouvernementales et leurs alliés, soutenus par les frappes aériennes d'une coalition arabe menée par Riyad, de l'autre les rebelles chiites Houthis appuyés par des soldats restés fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh.

Les forces pro-gouvernementales ont lancé mardi une offensive à Aden, la première depuis l'entrée fin mars des rebelles dans la cité, qui avait forcé le président Abd Rabbo Mansour Hadi et le gouvernement à fuir en Arabie saoudite.

Cette contre-offensive a été menée par une coalition anti-rebelles nommée «Résistance populaire» et soutenue par des renforts entraînés et armés par Riyad.

«À partir d'Aden, nous reprendrons tout le Yémen», a martelé jeudi soir le président Hadi dans un discours télévisé. Ce sera «la clef pour le salut» du pays, a-t-il ajouté en félicitant ses partisans pour leur «résistance».

«Farouche résistance»

L'agence de presse Saba, sous le contrôle du gouvernement en exil, a indiqué que des combattants sudistes et des troupes loyales au gouvernement avaient pris jeudi le quartier de Moualla, à Aden.

«Ils essaient d'avancer vers (le quartier de) Tawahi mais les rebelles opposent une farouche résistance», a toutefois indiqué un témoin vendredi. Et les Houthis maintiennent encore le contrôle des entrées au nord et à l'est d'Aden, selon d'autres témoins.

Cinq civils et sept combattants loyalistes ont été tués à Moualla et dans le quartier du Cratère, ont indiqué des sources médicales.

Les combattants pro-Hadi, qui avaient repris mardi l'aéroport d'Aden dans le quartier de Khor Aksar, ont également chassé les rebelles d'une route reliant Aden à Wahat, dans la province voisine de Lahj, a-t-elle ajouté.

Le porte-parole du gouvernement Rajeh Badi avait annoncé mercredi un départ imminent de plusieurs ministres pour Aden. La délégation, composée des ministres de l'Intérieur Abdo al-Houdaithi, des Transports Badr Baslameh et du vice-ministre de la Santé Nasser Baoum, aura pour mission d'«évaluer la situation et l'ampleur des destructions», a indiqué M. Badi.

Mais selon un responsable provincial interrogé jeudi par l'AFP «aucun ministre (...) n'est arrivé à Aden». Le chef de la sécurité à l'aéroport de la ville, Abdallah Qaëd, a affirmé de son côté aux journalistes qu'«aucun avion» ne s'était posé à l'aéroport.

À la faveur d'une offensive lancée en juillet 2014 de leur fief de Saada (nord), les Houthis et leurs alliés avaient réussi à prendre de vastes pans de territoire, dont la capitale Sanaa, avant de prendre pied à Aden.

L'Arabie saoudite, poids lourd de la région et voisine du Yémen, a pris le 26 mars la tête d'une coalition arabe avec l'objectif affiché d'empêcher les rebelles de prendre le contrôle de tout le pays et, par extension, l'Iran, qui soutient les rebelles, d'élargir son influence à ses frontières.

Le conflit a fait plus de 3200 morts, dont une moitié de civils, depuis mars, selon l'ONU.

Environ 80 % de la population - soit 21 millions de personnes - ont besoin d'aide ou de protection et plus de 10 millions ont du mal à se nourrir ou à trouver de l'eau, de même source.

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