Bahreïn: le chef de l'opposition chiite condamné à quatre ans de prison

Le chef de l'opposition chiite, cheikh Ali Salmane,... (PHOTO HASAN JAMALI, ARCHIVES AP)

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Le chef de l'opposition chiite, cheikh Ali Salmane, arrêté le 28 décembre, a rejeté cette accusation de complot, en affirmant avoir toujours appelé de manière pacifique à des réformes politiques.

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Agence France-Presse
DUBAÏ, Émirats arabes unis

Le chef de l'opposition chiite à Bahreïn, cheikh Ali Salmane, a été condamné mardi à quatre ans de prison notamment pour incitation à la désobéissance, a annoncé une source judiciaire.

Le juge n'a pas retenu le chef d'accusation de complot contre le régime à l'encontre de cheikh Salmane, a précisé cette source. Le chef de l'opposition chiite, arrêté le 28 décembre, a rejeté cette accusation de complot, en affirmant avoir toujours appelé de manière pacifique à des réformes politiques.

Le verdict a été prononcé par le haut tribunal pénal de Bahreïn, protégé par de strictes mesures de sécurité.

Le tribunal a précisé que cheikh Ali Salmane avait été condamné pour avoir «incité publiquement à la haine contre les adeptes d'une confession», en référence aux sunnites.

Il a été également reconnu coupable d'avoir «incité à la désobéissance» et d'avoir porté atteinte au ministère de l'Intérieur en qualifiant ses employés de «mercenaires».

Al-Wefaq, le mouvement que dirige cheik Salmane a rejeté le verdict et demandé la libération de son chef. «Nous rejetons tout verdict autre que l'acquittement de cheikh Salmane», a-t-il affirmé dans un communiqué. «Nous considérons ce verdict comme nul et injuste et l'affaire comme illogique et sans fondement».

«Garder cheikh Salmane en prison ne fera qu'entraver une solution et aggraver la crise politique», a encore affirmé Al-Wefaq.

«Le verdict prononcé contre cheikh Ali Salmane approfondit la crise politique à Bahreïn», a estimé de son côté Brian Dooley, chef du programme Human Rights Defenders de l'ONG Human Rights First, basée à Washington.

«Envoyer en prison le chef du principal groupe de l'opposition pour des manifestations pacifiques ne peut qu'encourager ceux qui cherchent un changement violent et réduit les chances d'un règlement négocié» de la crise politique, a-t-il ajouté.

Les avocats de cheikh Salmane se sont plaints du fait qu'ils n'ont pas été autorisés, lors de l'audience, à prendre la parole.

L'arrestation du leader chiite, âgé de 49 ans, avait provoqué fin décembre des protestations, et avait été condamnée par des organisations de défense des droits de l'homme.

Al-Wefaq est le principal animateur de la protestation qui a débuté en février 2011, la majorité chiite réclamant à la dynastie sunnite des Al-Khalifa une vraie monarchie constitutionnelle.

Au moins 89 personnes ont été tuées dans les violences depuis et des centaines arrêtées et jugées, selon des ONG des droits de l'homme.

Siège de la Ve flotte américaine, Bahreïn, un petit royaume de 1,3 million d'habitants, a organisé en novembre 2014 des élections, boycottées par l'opposition.

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