Le pape François à Mahmoud Abbas: «Vous êtes un ange de paix»

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Venu à Rome à l'occasion de la canonisation, dimanche, de deux religieuses palestiniennes, le président palestinien Mahmoud Abbas a échangé avec le pape durant une vingtaine de minutes.

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Laure BRUMONT
Agence France-Presse
CITÉ DU VATICAN

Le pape François a qualifié le président palestinien Mahmoud Abbas «d'ange de paix» en le recevant samedi au Vatican, où les deux hommes ont appelé à «combattre le terrorisme» au Moyen-Orient et à privilégier le «dialogue inter-religieux».

Venu à Rome à l'occasion de la canonisation dimanche de deux religieuses palestiniennes, un évènement pour la très ancienne communauté chrétienne de Terre Sainte, M. Abbas a échangé avec le souverain pontife durant cette audience privée d'une vingtaine de minutes les traditionnels cadeaux dans une atmosphère chaleureuse.

Selon les médias présents, le président palestinien a offert au pape un coffret en nacre contenant un chapelet en bois d'olivier et des reliques des deux futures saintes palestiniennes.

Quant à François, il a donné à M. Abbas une médaille représentant la figure de l'Ange de la paix, qui «détruit l'esprit mauvais de la guerre», a souligné le pape, ajoutant: «j'ai pensé à vous car vous êtes un ange de paix».

Selon un communiqué diffusé par le Saint-Siège, François et le président Abbas ont évoqué le processus de paix bloqué avec Israël, les deux hommes souhaitant que les négociations «directes entre les deux parties», Palestiniens et Israël, reprennent afin de trouver une «solution juste et durable au conflit».

Le pape et M. Abbas ont aussi évoqué les «conflits qui affligent le Moyen-Orient». Réaffirmant «l'importance de combattre le terrorisme», ils ont souligné «la nécessité du dialogue inter-religieux», alors que l'islamisme radical de mouvements comme le groupe État islamique (EI) est une grave menace pour toute la région du Proche et Moyen-Orient.

Le président palestinien et le pape ont par ailleurs exprimé tous deux leur «grande satisfaction» après l'accord trouvé mercredi entre les deux États portant sur les droits de l'Église catholique dans les territoires, en négociations depuis 15 ans et qui sera signé «dans un futur proche».

Le président a présenté au pape sa délégation, dont le ministre des Affaires étrangères Riad Al-Malki, le principal négociateur Saeb Erekat et la maire de Bethléem Vera Baboun.

Exercice délicat

Une importante délégation de quelque 2000 personnes, principalement des Églises locales, a fait le voyage à l'occasion de la double canonisation, provenant à la fois des territoires palestiniens, d'Israël et de Jordanie.

Mariam Bawardi (1846-1878), fondatrice à Bethléem du premier couvent carmélite de Palestine, et Marie-Alphonsine Ghattas (1843-1927), à l'origine de la congrégation du Très Saint Rosaire de Jérusalem, seront faites saintes par le pape au cours d'une messe sur la place Saint-Pierre.

Depuis plus de deux ans, le Vatican se conforme à la formulation retenue par l'ONU, qui a admis en novembre 2012 la Palestine comme État observateur, tout en regrettant que l'État en question n'existe pas encore vraiment.

Le Saint-Siège, qui a des relations diplomatiques avec Israël depuis 1993, négocie également depuis 1999 un accord sur les droits juridiques et patrimoniaux des congrégations catholiques dans l'État hébreu, en particulier leurs exonérations fiscales. Mais chaque rencontre semestrielle se solde par un échec.

Le Vatican mène un exercice diplomatique délicat entre Israël et les Palestiniens, des communautés catholiques étant implantées de deux côtés dans ce berceau du christianisme qui reste un lieu important de pèlerinage.

D'un côté, il veut éviter de froisser Israël et de réveiller les reproches liés au rôle de l'Église dans l'histoire de l'antijudaïsme en Europe. Mais il milite aussi pour une solution à deux États, pour un statut spécial reconnu à Jérusalem, ville des trois religions monothéistes, et pour les droits des Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza.

L'an dernier, il avait invité le président Abbas et le président d'Israël, Shimon Peres, à une prière pour la paix dans les Jardins du Vatican. Cette initiative avait été jugée inutile et illusoire par la droite israélienne, et peu prise au sérieux par les Palestiniens les plus radicaux, notamment du Hamas.

Cette prière n'avait pas empêché la violence de se déchaîner peu après avec une offensive de l'armée israélienne contre Gaza.

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