François Hollande, «l'hôte d'honneur» du sommet du Golfe

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Le président socialiste français est l'«hôte d'honneur» du sommet, une invitation sans précédent pour un chef d'État occidental depuis la création en 1981 du CCG qui réunit l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar.

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Hervé ASQUIN, Ian TIMBERLAKE
Agence France-Presse
RIYAD

Un sommet des monarchies du Golfe s'est ouvert mardi à Riyad en présence pour la première fois d'un chef d'État occidental, le Français François Hollande, alors que ces pays arabes sont confrontés à de graves crises, dont la guerre au Yémen.

Hôte du sommet, le roi Salmane d'Arabie saoudite a amorcé la réunion avec une allusion à peine voilée à l'Iran, considéré comme le principal rival régional des pays du Golfe.

Il a dénoncé une menace extérieure qui «vise à étendre le contrôle et à imposer son hégémonie» sur la région «par la sédition confessionnelle».

Cinq des six États du Conseil de coopération du Golfe (CCG) se sont alliés depuis la fin mars pour faire reculer les rebelles chiites au Yémen et enrayer ce qu'ils perçoivent comme une tentative de mainmise de l'Iran sur ce pays de la péninsule arabique.

Assis à la table de la réunion, M. Hollande s'est inquiété de la «déstabilisation» du Yémen et a réaffirmé «l'engagement de la France» aux côtés des pays du Golfe, majoritairement sunnites.

Le président socialiste français est l'«hôte d'honneur» du sommet, une invitation sans précédent pour un chef d'État occidental depuis la création en 1981 du CCG qui réunit l'Arabie saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Koweït, Oman et le Qatar.

Les monarchies du Golfe, à commencer par l'Arabie saoudite, ont loué la fermeté française dans les négociations avec Téhéran sur son programme nucléaire, soupçonné de dissimuler des fins militaires.

Elles s'inquiètent parallèlement d'un éventuel rapprochement entre l'Iran chiite et les États-Unis, dont le secrétaire d'État John Kerry est attendu mercredi en Arabie saoudite.

Elles se sont senties trahies à au moins deux reprises quand, en 2011, les Américains ont soudainement lâché l'ex-président égyptien Hosni Moubarak et en 2013, lorsqu'ils ont renoncé in extremis à intervenir contre le régime syrien de Bachar Al-Assad.

L'Iran critique les contrats

Avant de se rendre à Riyad, M. Hollande avait assisté lundi à Doha à la signature d'un contrat de 6,3 milliards d'euros (8,5 milliards de dollars) pour la vente au Qatar de 24 avions de combat Rafale.

Son ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a annoncé mardi que l'Arabie saoudite et la France discutaient de 20 projets économiques «représentant plusieurs dizaines de milliards d'euros», dont certains pourraient aboutir «rapidement».

Sans nommer la France, le président iranien Hassan Rohani s'en est pris à ces pays qui «se glorifient d'avoir vendu pour des milliards de dollars ou d'euros d'armes aux pays de la région», alors que celle-ci est confrontée partout à la violence.

«C'est comme ça qu'on veut créer des emplois dans les pays occidentaux? L'emploi des ouvriers dans telle industrie d'armements, avec le massacre des gens à Bagdad, Damas et Sanaa?» a-t-il demandé.

Sur le Yémen, M. Hollande a partagé la position saoudienne sur la nécessité d'organiser «à Riyad» une conférence de paix inter-yéménite, alors que les rebelles et l'Iran rejettent l'idée de négociations sous l'orbite saoudienne.

Selon une source proche du dossier, les Français ont fourni des informations de nature militaire, sous la forme d'images satellitaires du Yémen, à la coalition arabe anti-rebelles.

De son côté, l'Arabie saoudite a fait un pas en direction de la communauté internationale en annonçant qu'elle envisageait des trêves ponctuelles dans certaines zones du Yémen pour permettre l'acheminement de secours.

L'ONU s'inquiète du nombre croissant de pertes civiles et a évoqué une «catastrophe humanitaire» au Yémen, où de graves pénuries de carburant menacent le fonctionnement des hôpitaux et l'acheminement de vivres.

Alors que la campagne aérienne marque le pas et fait l'objet de critiques croissantes, des analystes estiment peu probable que la coalition accepte un cessez-le-feu total.

Des raids aériens de la coalition sous commandement saoudien se sont poursuivis mardi, visant des positions rebelles à Aden, deuxième ville du Yémen, selon des habitants.

Dans la nuit, un avion Iliouchine de la compagnie Yemenia a été endommagé par des frappes sur l'aéroport international de la capitale Sanaa.

Lundi, le Sénégal, sollicité début avril par le roi Salmane, a annoncé l'envoi de 2100 militaires en Arabie saoudite pour contribuer à la coalition arabe.

Le sommet de Riyad sera suivi par une rencontre à la mi-mai aux États-Unis des dirigeants du CCG avec le président Barack Obama qui tentera de les rassurer sur les négociations nucléaires avec l'Iran.

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