Obama présente ses condoléances à l'allié saoudien

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Barack Obama aux côtés du roi Salmane ben Abdel Aziz lors d'une cérémonie à Ryad.

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Ian Geoffrey TIMBERLAKE
Agence France-Presse
Ryad

Barack Obama a fait escale mardi en Arabie saoudite pour présenter ses condoléances après la mort d'Abdallah et parler avec son successeur, le roi Salmane, du renforcement des liens entre les deux alliés, de l'Iran et des droits de l'homme.

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Le président américain et son épouse Michelle sont restés l'après-midi à Ryad et sont repartis après un dîner à la résidence privée du roi Salmane ben Abdel Aziz, qui était venu les accueillir au pied de la passerelle d'Air Force One.

Mme Obama est apparue cheveux au vent, à rebours de la loi qui oblige les femmes à sortir voilées dans ce royaume ultra-conservateur qui applique une vision rigoriste de l'islam.

«C'est bon de vous voir», s'est exclamé à plusieurs reprises le président américain en rencontrant ses hôtes.

D'autres dignitaires saoudiens ont accueilli le couple présidentiel, dont le prince héritier Moqren, le puissant ministre de l'Intérieur Mohammed ben Nayef ainsi que le ministre du pétrole Ali al-Naïmi.

A l'annonce du décès vendredi du roi Abdallah, M. Obama avait décidé d'écourter sa visite en Inde pour se rendre dans le royaume ultra-conservateur sunnite, premier exportateur mondial de pétrole, poids lourd du Moyen-Orient et allié des États-Unis depuis sept décennies.

Outre son épouse, il était accompagné par le secrétaire d'État John Kerry, le directeur de la CIA John Brennan et le général Lloyd Austin, chef du commandement de l'armée américaine pour le Moyen-Orient.

Selon un haut responsable américain, Barack Obama et Salmane ont évoqué lors d'une rencontre bilatérale le «soutien nécessaire à l'opposition» au président syrien Bachar al-Assad. L'Arabie saoudite est elle-même impliquée dans le conflit, puisqu'elle participe à la campagne contre l'État islamique (EI).

L'Irak et le Yémen, mais surtout l'Iran, grand rival de l'Arabie saoudite dans le Golfe, et ses «activités déstabilisatrices dans la région» ont également été abordés.

«Le roi n'a fait part d'aucune réserve quant aux négociations (sur le nucléaire iranien), mais il a affirmé que l'Iran devrait être empêché de fabriquer une arme nucléaire», a expliqué ce responsable sous couvert d'anonymat.

Selon des experts, les Saoudiens sunnites voient d'un mauvais oeil la volonté affichée de Washington de parvenir à un accord sur le nucléaire iranien, sans tenir compte, selon eux, de la montée en puissance régionale des Iraniens chiites.

Droits de l'homme 

La visite de M. Obama était destinée à «montrer aux Saoudiens l'importance qu'ils ont pour les États-Unis», selon James Baker, secrétaire d'État durant la première guerre du Golfe, qui était du voyage. «En ces temps difficiles pour le Moyen-Orient (...), le royaume devient d'une certaine manière un îlot de stabilité», bien que Washington et Ryad ne soient pas sur la même longueur d'ondes sur les droits de l'homme.

Avec le souverain, M. Obama «a parlé des droits de l'homme en termes généraux, mais n'a pas évoqué de cas précis, ni celui du blogueur (Raef Badaoui, ndlr) condamné à être fouetté», a souligné le haut responsable américain.

Le président américain a dit qu'il était «important que les gens aient des plateformes pour s'exprimer et que la société civile puisse prospérer».

Selon des analystes, Barack Obama et Salmane tentent de revigorer des liens qui se sont distendus ces dernières années en dépit du partenariat stratégique entre les deux pays, fondé sur des relations anciennes et d'énormes intérêts pétroliers.

«Certains dossiers doivent faire l'objet d'un accord entre le roi Salmane et M. Obama, mais des divergences persistent», relève Anwar Eshqi, qui dirige le Centre des études stratégiques du Moyen-Orient, basé à Jeddah.

Selon lui, Ryad diverge avec Washington sur le Yémen, la Syrie, la Libye et la lutte contre l'extrémisme armé.

S'agissant du Yémen et de la Libye, deux États à la dérive politiquement et déchirés par des combats entre factions, l'Arabie saoudite souhaite voir Washington exercer davantage de pressions pour ramener les protagonistes des deux crises à la table des négociations, selon M. Eshqi.

Et sur le Proche-Orient, le royaume, qui a lancé une initiative de paix avec Israël en 2002, ne peut que constater l'incapacité du secrétaire d'État John Kerry à faire avancer le dossier.

Mais Frederic Wehrey, spécialiste des relations entre Washington et les monarchies pétrolières, estime que «les désaccords peuvent être réglés» et que la mort du roi Abdallah pourrait «ouvrir un nouveau chapitre dans les relations» bilatérales.

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