Arabie saoudite: le nouveau roi lance «la deuxième génération»

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Le roi Salmane fait partie du clan des Soudaïri, les sept fils d'une même mère, Hassa bint Ahmad al-Soudaïri, favorite du fondateur du royaume. Mohammed ben Nayef est le fils d'un autre membre de ce clan.

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Ian Geoffrey TIMBERLAKE, Wissam KEYROU
Agence France-Presse
RIYAD et JEDDAH

Le nouveau roi Salmane d'Arabie saoudite a procédé, dès son intronisation vendredi, à des nominations clés qui marquent l'entrée des princes de «deuxième génération» dans l'ordre de succession et renforcent l'influence de sa branche de la famille des Al-Saoud.

Le monarque a ainsi désigné l'actuel ministre de l'Intérieur, le prince Mohammed ben Nayef, «futur prince héritier», et nommé son fils, Mohammed ben Salmane, ministre de la Défense.

Ces décrets ont été publiés quelques heures après le décès du roi Abdallah, malade et âgé d'environ 90 ans.

Le prince Mohammed ben Nayef, 55 ans, qui reste ministre de l'Intérieur, a été nommé deuxième dans l'ordre de succession sur le trône après le prince héritier, son oncle Moqren.

Il serait ainsi le premier roi de la «deuxième génération» - les petits-fils du roi Abdel Aziz, fondateur du royaume saoudien - dans la lignée de succession, jusque là composée uniquement de fils du roi Abdel Aziz, fondateur de la dynastie des Al-Saoud qui a donné son nom au pays.

Les deux nominations renforcent en outre au sein de la dynastie des Al-Saoud l'influence de la branche des Soudaïri, qui s'était affaiblie durant le règne du roi Abdallah.

Le roi Salmane fait partie du clan des Soudaïri, les sept fils d'une même mère, Hassa bint Ahmad al-Soudaïri, favorite du fondateur du royaume. Mohammed ben Nayef est le fils d'un autre membre de ce clan.

«Transition en douceur»

Considéré comme le champion de la lutte contre Al-Qaïda qui a tenté de l'assassiner en 2009, Mohammed ben Nayef avait succédé à l'Intérieur à son père, le prince Nayef, décédé en 2012 après avoir dirigé ce ministère pendant 37 ans.

De son côté, le nouveau ministre de la Défense, Mohammed ben Salmane, un des fils du nouveau roi, va également diriger la cour royale. Il était à la tête du cabinet de son père lorsque celui-ci était prince héritier.

Réagissant à ce processus de succession, l'expert Abdel Wahab Badrakhan, basé à Londres, a parlé d'une «transition en douceur». La famille Al-Saoud a «tranché» sur la succession, ce qui constitue «une garantie pour l'avenir», a-t-il dit à l'AFP.

Stéphane Lacroix, professeur à l'Université Sciences Po et auteur de plusieurs ouvrages sur l'Arabie saoudite, n'exclut pas à l'avenir la résurgence de rivalités et de tensions au sein de la famille royale, affirmant que les fils de Salmane pourraient profiter du règne de leur père «pour revenir dans la compétition».

Dans son premier discours retransmis à la télévision nationale, le nouveau roi s'est engagé à continuer sur le chemin de ces prédécesseurs, une «grande responsabilité» selon lui.

«Nous resterons, avec la force de Dieu, sur le chemin droit que cet État a suivi depuis sa création par le roi Abdel Aziz Ben Saoud et par ses fils après lui», a déclaré le souverain âgé de 79 ans.

Il a plaidé pour la continuité dans la politique du royaume pétrolier et l'unité au sein du monde musulman.

«Ce dont l'oumma (nation) musulmane a le plus besoin sont l'unité et la solidarité et nous continuerons dans ce pays à faire tout ce que nous pouvons pour parvenir à l'unité (...) et défendre les causes de notre nation», a déclaré le roi, alors que ses voisins, le Yémen et l'Irak, et d'autres pays arabes comme la Libye et la Syrie, sont déchirés par des conflits majeurs.

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