Deux attentats suicides meurtriers à Kaboul

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Cet attentat suicide des talibans contre un autobus militaire a tué six soldats dans un quartier excentré de la capitale.

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Agence France-Presse

Deux attentats suicide, contre le centre culturel français et des soldats afghans, ont fait au moins sept morts et plus d'une vingtaine de blessés jeudi à Kaboul, capitale afghane théâtre d'une recrudescence des violences à l'approche du retrait de l'OTAN.

Un kamikaze s'est fait exploser en fin d'après-midi dans la foule lors d'une représentation théâtrale au centre culturel français de Kaboul, nichée dans le lycée Esteqlal, une des institutions d'enseignement les plus connues du pays.

Cet attentat suicide a fait au moins «un mort et 15 blessés», a indiqué le ministre par intérim de l'Intérieur, Mohammad Ayoub Salangi. «Une personne a été tuée et entre 15 et 20 autres ont été blessées», a confirmé le chef de la police de Kaboul, Abdul Rahman Rahimi, sans préciser si les victimes étaient afghanes ou étrangères.

Le centre culturel franco-afghan de Kaboul se trouve dans le centre de la capitale, non loin du palais présidentiel. Il est installé à l'intérieur du complexe abritant le lycée franco-afghan Esteqlal, financé par la France et qui a appris le français à plusieurs générations d'écoliers afghans dont le plus célèbre fut le héros de la résistance contre les Soviétiques et les talibans Ahmad Shah Massoud.

Réhabilité par la France à la fin des années 2000, le centre culturel avait rouvert ses portes flambant neuf en septembre 2010. La France avait également auparavant réhabilité les lycées franco-afghan Esteqlal (garçons) et Malalaï (filles).

Inauguré en 1970, le centre culturel fut fermé entre 1983 et 2002 à cause des conflits successifs qui agitèrent le pays avant de rouvrir ses portes au public en 2003 après la chute des talibans.

Plus tôt en journée, jeudi, un attentat suicide des talibans contre un autobus militaire a tué six soldats dans un quartier excentré de la capitale, selon les autorités.

Dans un bref message envoyé à de nombreux journalistes, les talibans ont revendiqué cet attentat qui intervient un peu plus de deux semaines avant la fin de la mission de combat de l'OTAN en Afghanistan et au surlendemain de la publication d'un rapport du Sénat américain sur la torture pratiquée par des agents de la CIA dans la foulée du 11-Septembre.

Au cours des dernières semaines, les attentats sanglants se sont multipliés à travers l'Afghanistan, notamment à Kaboul et contre les étrangers.

Fin novembre, les talibans avaient même lancé une attaque contre une résidence occupée par une famille sud-africaine établie depuis douze ans dans le pays, dont le père travaillait pour une organisation active dans le domaine de l'éducation et la mère dans un centre médical.

Le père Werner Groenewald, 46 ans, son fils Jean-Pierre, 17 ans, et sa fille Rode, 15 ans, ainsi qu'un Afghan ont été tués dans cette attaque, alors que son épouse, Hannelie, a survécu.

Dans l'espoir de stabiliser le pays au moment où l'OTAN réduit la voilure, le nouveau président Ashraf Ghani, qui a d'ailleurs vivement dénoncé mercredi la torture par les agents du renseignement américain, a appelé les talibans à des négociations. Ceux-ci refusent pour l'heure de dialoguer directement avec Kaboul.

L'essentiel des forces de l'OTAN, qui ont compté jusqu'à 130 000 soldats en 2010, doit finir de plier bagage d'ici la fin du mois.

Au premier janvier, la mission de combat cédera sa place à «Soutien Résolu», une mission d'assistance et de formation de l'armée et de la police afghanes, en première ligne des combats contre les rebelles talibans qui ciblent les militaires pour affaiblir l'armée locale et décourager les vocations militaires au sein de la population.

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