L'Afghanistan en deuil

Des membres des forces de sécurité afghanes montent... (PHOTO SHAH MARAI, AFP)

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Des membres des forces de sécurité afghanes montent la garde alors que le chef de l'exécutif Abdullah Abdullah visite le district de Yahya Khail, en Paktika, région où s'est déroulée l'attaque qui a fait au moins 57 morts, hier.

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Emal HAIDARY
Agence France-Presse
KABOUL

Les familles des victimes de l'attentat le plus meurtrier depuis trois ans en Afghanistan, perpétré dimanche par un présumé taliban lors d'un match de volley-ball près de la frontière pakistanaise, pleuraient leurs morts lundi alors que des blessés étaient traités dans la capitale Kaboul.

Au moins 57 personnes ont été tuées et une soixantaine blessées par un kamikaze qui s'est fait exploser au milieu des spectateurs de la partie dans le district reculé de Yahya Khail, dans la province de Paktika (sud-est), près de la frontière du Pakistan.

Cette région est le principal bastion du réseau Haqqani, une branche des rebelles talibans afghans qui refusent de négocier la paix avec Kaboul.

L'attentat n'a pas été revendiqué par les talibans, mais les services de renseignement afghans ont désigné le réseau Haqqani. «Nous avons des preuves montrant que le réseau Haqqani est derrière l'attaque de Paktika», a déclaré à l'AFP Hasseb Sediqi, porte-parole du NDS, les services de renseignement afghans.

L'attentat intervient alors que le principal soutien militaire de Kaboul, la force de l'OTAN menée par les États-Unis, s'apprête à retirer la plupart de ses troupes.

Le kamikaze, vêtu d'un long châle, le traditionnel «patou» afghan, était arrivé à moto à la compétition de volley-ball, un sport populaire chez les jeunes Afghans, et avait pris le temps de descendre de son véhicule avant de se faire exploser, selon un témoin, Khushal, 25 ans.

«Le match était sur le point de s'achever, lorsque j'ai entendu une énorme explosion», raconte à l'AFP Salaam Khan, 19 ans, transporté d'urgence dans un hôpital militaire de Kaboul, lui qui a été blessé dans l'attaque.

«J'ai crié : «au secours». Le cadavre d'un officier de l'armée était juste à côté de moi. Des commandants et des policiers assistaient aussi au match. J'ai vu certains d'entre eux tués et blessés», a-t-il ajouté. Un porte-parole du ministère afghan de l'Intérieur, Najib Danish, a confirmé la mort de quatre policiers.

Fin de mission

Lundi, le chef de l'exécutif afghan Abdullah Abdullah s'est rendu en Paktika pour y rencontrer des responsables locaux dans la mosquée de Yahya Khail et écouter leurs doléances au sujet de l'attentat. Il n'a pu se rendre sur les lieux de l'attentat pour des raisons de sécurité.

M. Abdullah a confié à l'AFP que ces repsonsables avaient «demandé un renforcement de la police locale, et aussi des cliniques et des écoles. Je leur ai promis que j'allais m'attaquer à ces priorités».

Cette attaque sanglante contre des civils montre l'ampleur de la tâche qui attend le nouveau président Ashraf Ghani, dont les forces gouvernementales devront, à partir de janvier, défendre seules le pays face aux talibans et autres groupes rebelles.

La force de l'OTAN en Afghanistan (ISAF), qui a compté plus de 140 000 hommes au plus fort sa présence dans le pays, doit être remplacée en 2015 par 12 500 soldats étrangers, principalement américains, cantonnés théoriquement à un rôle d'assistance.

L'attentat de dimanche a été perpétré peu après des révélations du New York Times indiquant que le président américain Barack Obama avait autorisé ses soldats restant en Afghanistan à aller au-delà de l'assistance pour combattre directement les rebelles en cas de menaces, y compris à l'aide d'avions de combat et de drones.

Le président Ghani, à qui les talibans reprochent d'avoir donné le feu vert au maintien d'une force résiduelle, s'était précipité dimanche soir au chevet des blessés transférés à Kaboul pour condamner cet attentat «inhumain et contraire à l'islam». «Ce genre d'assassinat brutal contre des civils ne peut se justifier», a-t-il déclaré.

Le premier ministre pakistanais Nawaz Sharif, qui avait accueilli M. Ghani la semaine dernière à Islamabad dans l'espoir de resserrer les liens entre les deux voisins qui s'accusent depuis des années de soutenir des groupes rebelles des deux côtés de leur frontière, a aussi condamné cet attentat.

Avant celle de dimanche, l'attaque la plus meurtrière remontait à décembre 2011 lorsque 80 musulmans chiites avaient péri dans un attentat à Kaboul.

À l'approche du retrait de l'essentiel des forces de l'OTAN, les insurgés multiplient leurs attaques contre les civils et surtout les forces de sécurité afghanes pour éroder le pouvoir en place.

Depuis janvier, au moins 4634 policiers et soldats afghans ont été tués dans des attaques et combats, soit plus que l'année 2013 en entier (4350), selon Washington, faisant craindre une nouvelle escalade des combats au terme de l'actuelle mission de l'OTAN qui a encore perdu lundi deux autres soldats.

Deux soldats américains tués

Deux soldats américains ont été tués lundi à Kaboul quand leur véhicule a été touché par une bombe artisanale, ont indiqué des responsables américains de la Défense.

L'un des soldats était un sous-officier et le second un simple soldat, ont affirmé à l'AFP ces responsables sous couvert d'anonymat.

Il y a également eu des victimes civiles, ont-ils ajouté sans donner plus de précisions.

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