Attaque meurtrière sans précédent contre les chiites en Arabie saoudite

L'attentat a visé des fidèles chiites dans un... (PHOTO AFP/STR)

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L'attentat a visé des fidèles chiites dans un lieu de culte à la veille du deuil de l'Achoura, le plus important du calendrier religieux des chiites (sur la photo).

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Agence France-Presse
RIYAD

Des hommes masqués ont tué cinq fidèles chiites dans l'est de l'Arabie saoudite, une attaque inédite qui a provoqué une onde de choc mardi dans le royaume à majorité sunnite et l'indignation de l'establishment religieux.

L'attentat survenu lundi peu avant minuit et qui n'a pas été revendiqué, a été suivi mardi d'une opération de sécurité qui s'est soldée par la mort de deux policiers et deux suspects dans un échange de tirs.

Il a visé des fidèles chiites dans un lieu de culte d'un village de l'est saoudien, une région où se concentre la minorité chiite, à la veille du deuil de l'Achoura, le plus important du calendrier religieux des chiites.

«Trois personnes cagoulées ont tiré à la mitrailleuse et au pistolet» sur la foule dans le village d'Al-Dalwa (est), a indiqué la police. Cinq personnes ont été tuées, pour la plupart des jeunes, et neuf personnes blessées.

Les circonstances laissent supposer que l'attaque a été bien préparée.

Une vidéo mise en ligne sur les réseaux sociaux montre le lieu de l'attaque avec des traces de sang et des sandales abandonnées sur le sol par les fidèles pris de panique.

Un témoin a affirmé que l'une des victimes était un garçon de 9 ans.

Policiers tués, 15 suspects arrêtés 

Après l'attentat, les forces de sécurité ont été lancées aux trousses des assaillants. Deux policiers et deux suspects ont été tués dans un échange de tirs dans la région de Qassim au nord de Riyad, a indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur, qui a aussi fait état de deux policiers blessés.

Selon ce porte-parole, cité par l'agence officielle Spa, 15 suspects au total ont été arrêtés dans six villes du pays.

Malgré les tensions confessionnelles entre sunnites et chiites dans le pays, la minorité chiite n'y avait jusqu'à présent jamais fait l'objet d'une attaque du genre.

En Irak voisin, la communauté chiite, majoritaire, est souvent la cible de nombreux attentats, habituellement revendiqués par Al-Qaïda et depuis quelques mois par le groupe djihadiste État islamique (EI).

L'attentat a provoqué une onde de choc en Arabie saoudite où l'establishment religieux sunnite l'a condamné sans nuance, estimant qu'il portait atteinte à l'unité nationale.

«Les gens sont sous le choc», a déclaré une habitante de l'est saoudien, Nassima al-Sada, en faisant remarquer que c'était «la première fois» que des chiites étaient attaqués de cette manière.

«Criminels et traîtres»

Le comité des oulémas, représentant de l'establishment sunnite, s'est indigné de cet «acte criminel» et a appelé dans un communiqué tous les «citoyens à se dresser comme un seul homme contre les criminels et les traîtres qui ont voulu par cet acte porter atteinte à l'unité et à la stabilité du royaume».

L'Iran chiite a demandé au gouvernement saoudien «d'assurer la sécurité des cérémonies religieuses et de punir les responsables de cet acte terroriste».

Dans la foulée du Printemps arabe, des manifestations de chiites se plaignant de discrimination avaient éclaté en 2011 dans la province Orientale qui renferme l'essentiel des réserves de pétrole du royaume saoudien et où vit la majorité des quelque deux millions de chiites.

Ces manifestations avaient pris une tournure violente en 2012 et les heurts entre police et manifestants avaient fait 24 morts, dont quatre policiers, selon des militants.

La tension était retombée à la mi-2012 après l'accueil favorable exprimé par sept dignitaires chiites de la province orientale de Qatif à l'appel du roi Abdallah à la création d'un centre de dialogue interconfessionnel entre sunnites et chiites.

Malgré la baisse des tensions des attaques sporadiques, attribuées à des activistes de la minorité chiite, ont visé les forces de sécurité dans l'est du pays ces deux derniers mois.

Trois jours après la condamnation à mort le 15 octobre pour «sédition» du dignitaire chiite Nimr Baqer al-Nimr, figure du mouvement de contestation, des membres des forces de sécurité ont essuyé des tirs, selon la police.

Un incident similaire s'était déjà produit en septembre dans le village chiite d'Awamiya où des tirs avaient visé des policiers et déclenché un incendie au niveau d'un oléoduc.

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