Liban: l'armée dit avoir délogé les islamistes du centre de Tripoli

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Des soldats libanais viennent an aide à des civils qui tentent de fuir les affrontements avec les islamistes, le 25 octobre à Tripoli.

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Omar IBRAHIM
Agence France-Presse
TRIPOLI

L'armée libanaise a annoncé samedi avoir délogé des islamistes armés qui étaient retranchés dans le centre de Tripoli, la grande ville du nord du Liban, après moins de 24 heures de combats qui ont ravagé une partie du souk historique, selon un correspondant de l'AFP.

En soirée, un soldat libanais a été enlevé dans la ville par des hommes armés, a indiqué à l'AFP un responsable des services de sécurité.

«L'armée a terminé de se déployer [...] dans les vieux souks et a pu arrêter des hommes armés, saisir des quantités de munitions et d'explosifs en leur possession tandis que les autres ont pris la fuite et sont pourchassés» par les militaires, avait annoncé l'armée en début de soirée.

Elle a par la suite annoncé la mort de six militaires, dont un haut gradé, dans les combats à Tripoli et ses environs.

La ville côtière de Tripoli, déjà minée par les répercussions du conflit en Syrie voisine depuis plus de trois ans, connaît régulièrement des heurts sanglants entre des sunnites partisans de la rébellion syrienne et des alaouites (branche du chiisme) sympathisants du régime de Bachar al-Assad.

Mais c'est la première fois que des combats de cette ampleur ont lieu dans le centre la «capitale du nord» du Liban.

Après des combats acharnés en matinée dans les souks, les armes se sont tues vers 14 h locales (7 h, heure de l'Est), l'armée pénétrant dans une partie de cette zone historique, où quelques dizaines d'échoppes ont été ravagées a constaté le journaliste de l'AFP. Aucun homme armé n'était visible.

Le journaliste a vu des civils évacuant sur des civières des blessés des souks, des carcasses de voitures et au moins un corps calciné.

Les affrontements avaient éclaté vendredi soir entre les militaires et des hommes armés après une attaque contre une patrouille dans le quartier de Khan al-Askar, près du centre-ville, qui a blessé quatre soldats, selon un responsable des services de sécurité.

Les hommes armés se sont ensuite retranchés dans les rues étroites des souks, et, samedi matin, l'armée a lancé une attaque afin de les déloger. Un civil et un homme armé ont été tués, et 23 personnes ont été blessées, selon le responsable de sécurité.

Ce responsable n'était pas en mesure de préciser à quel groupe ces hommes armés, en majorité des Libanais, étaient affiliés. L'armée n'a pas donné de détails non plus.

Des dizaines de civils, dont des femmes et des enfants, bloqués dans le secteur des souks, ont pu sortir à bord d'ambulances ou à pied de la zone, certains portant leurs affaires dans de petits sacs.

Des tirs d'artillerie lourde ont résonné toute la matinée et au moins une soixantaine d'échoppes ont été complètement ravagées.

Parmi les six militaires tués, deux ont péri dans de brefs affrontements entre l'armée et des hommes armés qui tentaient de couper une autoroute dans la région d'Akkar, dans le nord du Liban, avant qu'ils ne prennent la fuite, selon un communiqué de l'institution militaire. Celle-ci a ajouté avoir mis en échec une tentative d'enlèvements de cinq soldats dans cette même région.

Et à 10 km de Tripoli, à Minié, un officier a été tué et deux autres ont été blessés dans une attaque à la roquette sur un véhicule de l'armée, selon un communiqué, et des combats opposaient en début de soirée les deux bords dans des champs, selon le responsable de sécurité.

Ces combats interviennent plus de deux mois après des affrontements sanglants dans l'est du Liban, opposant l'armée à des djihadistes liés au groupe extrémiste État islamique (EI) et au Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda.

Le conflit en Syrie a avivé les tensions entre communautés musulmanes au Liban: les sunnites soutiennent leurs coreligionnaires en Syrie qui combattent le régime en place, et les alaouites défendent M. Assad, issu de la même confession.

Des islamistes armés s'en prennent également à l'armée libanaise qu'ils accusent de cibler les sunnites et de coopérer avec les combattants du Hezbollah chiite, dont plusieurs milliers se battent en Syrie aux côtés des forces du régime.

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