Iran: coups de fouet et prison avec sursis pour les auteurs de la vidéo Happy

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La vidéo, mise en ligne sur YouTube en avril, montrait trois hommes et trois femmes, non voilées, chanter et danser dans les rues et sur les toits de Téhéran au son du succès musical planétaire qui fait l'éloge de la joie et du bonheur.

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Agence France-Presse
TÉHÉRAN

Sept Iraniens ayant participé à un clip vidéo sur la chanson de Pharrell Williams Happy diffusé sur internet ont été condamnés à des peines de prison et de coups de fouet avec sursis, a déclaré vendredi l'un de leurs avocats.

La vidéo, mise en ligne sur YouTube en avril, montrait trois hommes et trois femmes, non voilées, chanter et danser dans les rues et sur les toits de Téhéran au son du succès musical planétaire qui fait l'éloge de la joie et du bonheur.



La vidéo avait provoqué la colère des milieux conservateurs, estimant que les Iraniens, en particulier les jeunes, délaissent les valeurs islamiques pour un mode de vie plus occidental. Les participants avaient été arrêtés en mai puis libérés sous caution quelques jours plus tard après une «confession» diffusée par la télévision d'État.

Lors de leur procès, les sept jeunes ont été reconnus coupables de «diffusion illégale d'un film» et «relations illicites», a précisé à l'AFP l'avocat, Farshid Rofougaran.

L'une des danseuses, qui avait également mis en ligne la vidéo, a écopé d'un an de prison et 91 coups de fouet. Les cinq autres danseurs et le réalisateur du clip ont été condamnés à six mois de prison et 91 coups de fouet. Toutes ces peines ont été prononcées avec sursis, a-t-il ajouté.

L'avocat a indiqué ignorer si ses clients souhaitaient faire appel de ce jugement, qui lui a été signifié oralement par un tribunal de Téhéran.

Les États-Unis, qui n'ont plus de relations diplomatiques avec l'Iran depuis 34 ans mais sont en plein processus de rapprochement, ont exprimé leur «grande préoccupation».

Les condamnations «sont de notre point de vue une réponse inacceptable à l'exercice de la liberté d'expression», a dénoncé un porte-parole du département d'État, Jeff Rathke. Il a exhorté Téhéran à «respecter les droits de l'homme protégés par sa propre Constitution et ses obligations internationales».

Plusieurs organisations de défense des droits de l'homme ont dénoncé ces condamnations. «Avec ce verdict, l'absurde le dispute à l'injuste», a réagi Amnistie internationale dans un communiqué, estimant que si le jugement était confirmé, «ces personnes seraient condamnées et cataloguées comme criminelles uniquement pour avoir réalisé un clip vidéo en hommage à la joie».

L'arrestation de ces jeunes avait été largement dénoncée sur les réseaux sociaux, dont l'accès est bloqué par les autorités iraniennes. Le président iranien Hassan Rohani avait lui-même estimé dans un message sur Twitter que «le bonheur est le droit de notre peuple. Nous ne devrions pas être trop durs face à des comportements causés par la joie».

La vidéo a été vue plus d'un million de fois depuis sa mise en ligne




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