Irak: pas de troupes américaines au sol, assure Obama

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Au nord de Bagdad, des manifestants chiites soutiennent les appels aux armes de l'Ayatollah Ali al-Sistani.

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Chaos en Irak

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Chaos en Irak

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EIIL ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

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Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
WASHINGTON

Pas de troupes au sol mais un éventail d'options: face à l'offensive des djihadistes en Irak, Barack Obama a annoncé qu'il trancherait dans les jours à venir, tout en réclamant un véritable dialogue politique sur place.

«Nous ne renverrons pas de troupes américaines au combat en Irak», a confirmé vendredi le président des États-Unis lors d'une déclaration depuis la Maison-Blanche, rappelant les «sacrifices extraordinaires» de troupes américaines dans ce pays.

Le dernier soldat américain a quitté l'Irak en décembre 2011 au terme d'un très lourd engagement militaire de plus de huit ans.

Pour répondre à l'avancée fulgurante des djihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL), M. Obama étudie «un éventail d'options pour soutenir les forces de sécurité irakiennes». Le président n'a donné aucune indication sur d'éventuelles frappes aériennes, réclamées par nombre d'élus républicains.

Les combattants de l'EIIL avançaient jeudi vers la capitale Bagdad après s'être emparés de larges territoires du nord-ouest profitant de la débandade des forces de sécurité.

«Cela représente un danger pour l'Irak et son peuple, et, étant donnée la nature de ces terroristes, cela pourrait, à terme, menacer également les intérêts américains», a souligné M. Obama.

Vendredi, le premier ministre irakien Nouri al-Maliki a affirmé que l'armée avait commencé à «nettoyer» certaines villes des djihadistes.

S'il a reconnu que la situation sur le terrain évoluait très rapidement, M. Obama a averti qu'il ne fallait pas s'attendre à une action américaine «du jour au lendemain» et que le processus de décision prendrait «plusieurs jours».

«Nous voulons nous assurer d'avoir rassemblé les renseignements nécessaires pour que, si je décide d'agir, d'une manière ou d'une autre, nos actions soient ciblées, précises et efficaces».

Élu en 2008 sur la promesse de mettre un terme à la guerre, M. Obama, qui a fait du désengagement militaire au Moyen-Orient une de ses priorités, se retrouve dans une situation politiquement délicate sur ce dossier.

«Un problème d'état d'esprit» 

Lors de sa brève déclaration, le président américain a clairement mis en garde les dirigeants irakiens, déplorant qu'ils aient été «incapables de surmonter leur méfiance et leurs différences» ethniques ou religieuses. «Cela a rendu le gouvernement mais aussi les forces de sécurité vulnérables», a-t-il déploré.

«Sans effort politique, toute action militaire à court terme, y compris une aide que nous pourrions apporter, sera vouée à l'échec», a-t-il lancé.

«Personne n'a intérêt à voir l'Irak sombrer dans le chaos», a-t-il souligné. Cependant, a-t-il poursuivi, les États-Unis «ne peuvent tout simplement pas s'engager dans une action militaire en l'absence d'assurances de la part des Irakiens sur le fait qu'ils sont prêts à travailler ensemble».

M. Obama a dénoncé sans détour le manque de préparation des forces de sécurité irakiennes: «Le fait qu'elles ne sont pas prêtes à se battre et à défendre leurs positions contre des terroristes certes endurcis mais qui ne sont pas en nombres écrasants, montre qu'il y a un problème d'état d'esprit, d'engagement».

Le département d'État a rappelé que les États-Unis avaient englouti des dizaines de milliards de dollars en dix ans pour former et équiper les forces armées irakiennes. «Quand nous avons quitté l'Irak, après des années de sacrifice et d'argent du contribuable américain (...) nous avons aidé ses forces de sécurité et son armée (...) et très franchement (les Irakiens) n'en ont pas tiré avantage», a critiqué la porte-parole Marie Harf.

Interrogé sur les effectifs de l'EIIL, John Kirby, porte-parole du Pentagone, a évoqué «quelques milliers» de combattants, tout en soulignant que toute évaluation chiffrée était difficile et «imparfaite».

Vendredi, le républicain John Boehner, président de la Chambre des représentants, qui avait accusé la veille le président Obama de «faire la sieste», a une nouvelle fois ironisé sur la lenteur de sa réaction sur ce dossier. Il a accusé la Maison-Blanche de n'avoir «pendant des mois (...) presque pas bougé».

La Maison-Blanche a précisé que M. Obama n'avait pas, à ce stade, l'intention de modifier ses déplacements prévus dans les jours à venir. Après une étape dans le Dakota du Nord, il devait rejoindre vendredi soir la Californie où il doit passer le week-end.




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