Dans la salle du restaurant, un véritable carnage

Les forces de sécurité afghanes sur les lieux... (Photo Rahmat Gul, AP)

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Les forces de sécurité afghanes sur les lieux de l'attentat suicide, vendredi, à Kaboul.

Photo Rahmat Gul, AP

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Agence France-Presse
Kaboul

C'était un début de soirée comme un autre à la Taverne du Liban, un restaurant réputé et prisé par la communauté expatriée à Kaboul. Jusqu'à ce qu'un commando taliban fasse irruption et ouvre le feu sur les clients, tuant au moins quatorze personnes.

Situé à Wazir Akbar Khan, un quartier bourgeois de la capitale afghane, à proximité de nombreuses représentations diplomatiques, le restaurant est l'un de ces endroits à Kaboul où se mêlent les étrangers et l'élite afghane pour déguster houmous, falafel, grillades et autres spécialités libanaises.

Ce vendredi, jour chômé en Afghanistan, il y a foule dans le restaurant, la cuisine tourne à plein régime.

Mais quelques minutes après 19H00, tout bascule: un kamikaze se fait exploser devant les portes blindées de l'établissement et deux assaillants lourdement armés profitent de la confusion pour déjouer la sécurité et pénétrer dans le restaurant.

«J'étais assis dans la cuisine avec des amis quand l'explosion est survenue», raconte à l'AFP Abdul Majid, un des cuisiniers.

«De la fumée est entrée dans la pièce. J'ai d'abord cru qu'il s'agissait d'un accident avec une bonbonne de gaz, mais juste après, un homme est entré en criant "Allah akbar!" («Dieu est grand»). Et il a commencé à tirer».

Dans la salle du restaurant, c'est un carnage: les deux assaillants tirent à feu nourri sur les clients et les employés, sans doute pour faire le plus de victimes possible avant l'arrivée de la police.

Kamal, le patron libanais de la Taverne, fonce jusqu'à son bureau et se saisit d'un pistolet pour tenter de se défendre. Las, il est abattu par le commando, selon un proche d'un employé du restaurant.

Terrifié, Abdul Majid décide de tenter sa chance et de s'échapper. «Un des mes collègues a été touché et s'est effondré (il décèdera par la suite)», dit-il.

«Alors j'ai couru jusqu'au toit et j'ai sauté pour atteindre la maison d'à côté».

Abdul se fracture les jambes en retombant. Mais il est sauf.

À l'extérieur, des policiers d'élite ont pris position et échangent des tirs avec les talibans. Dépassés par le nombre, ces derniers sont abattus.

Les sirènes hurlantes des ambulances commencent alors à résonner dans les rues du quartier, des journaliste arrivent et la zone est rapidement bouclée par des dizaines et des dizaines de policiers afghans.

Rassemblé derrière un cordon de sécurité, un groupe d'Afghans regarde avec inquiétude en direction du restaurant, craignant d'avoir perdu des proches.

«Mon oncle se trouvait là avec un ami», dit Hamid, la vingtaine, grelottant de froid sur le macadam.

«Je sais que son ami a été tué, il a succombé à ses blessures», ajoute-t-il. «Mais je n'ai aucune nouvelle de mon oncle».




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