Nouvelle visite de Kerry au Moyen-Orient

Le président Abbas, qui recevra M. Kerry vendredi... (Photo Brian Snyder, archives Reuters)

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Le président Abbas, qui recevra M. Kerry vendredi soir à Ramallah, a menacé de saisir des instances internationales contre «le cancer de la colonisation» israélienne.

Photo Brian Snyder, archives Reuters

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Philippe AGRET, Jo Biddle
Agence France-Presse
TEL-AVIV

Le secrétaire d'État américain John Kerry a rencontré jeudi à Jérusalem le premier ministre israélien, au début de sa 10e mission, destinée à faire avancer les négociations de paix, malgré le pessimisme ambiant et les récriminations réciproques.

Le chef de la diplomatie américaine a atterri en début d'après-midi à Tel-Aviv avant de s'entretenir aussitôt avec le chef du gouvernement israélien Benyamin Netanyahou, selon une journaliste de l'AFP qui voyage avec lui.

M. Kerry est arrivé au moment où Ariel Sharon, ancien premier ministre et ex-homme fort de la droite israélienne, dans le coma depuis huit ans, se trouve dans un état jugé «critique» par les médecins.

Il assuré ses hôtes que «tous les Américains ont une pensée pour Israël et son ancien dirigeant».

Le secrétaire d'État entend discuter avec les Israéliens et les Palestiniens d'un projet d'«accord-cadre» américain traçant les grandes lignes d'un règlement définitif.

«J'ai l'intention de travailler avec les deux parties plus intensément dans les prochains jours pour réduire les différences sur un cadre qui offrirait les lignes directrices agréées pour les négociations sur le statut final», a expliqué M. Kerry à son arrivée.

«Un accord-cadre accepté (par les deux camps) serait une percée significative qui permettrait de couvrir tous les problèmes de fond», comme les frontières, la sécurité, le statut de Jérusalem et les réfugiés, a-t-il plaidé.

Mais Israéliens et Palestiniens s'accusent mutuellement de saboter les efforts de paix.

M. Netanyahu a dénoncé le fait que les prisonniers palestiniens relâchés cette semaine aient été accueilli en «héros» par le président Mahmoud Abbad. «On doute de plus en plus en Israël que les Palestiniens soient engagés pour la paix», a-t-il averti.

Plusieurs contentieux, en particulier l'extension des colonies à Jérusalem-Est annexée et en Cisjordanie occupée et le statut de la vallée du Jourdain, devraient peser sur les entretiens de John Kerry.

Sa visite coïncide en outre avec une recrudescence des violences en Cisjordanie et à Gaza. Un Palestinien est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi après avoir inhalé des gaz lacrymogènes utilisés par l'armée israélienne pour disperser un rassemblement dans le nord de la Cisjordanie, selon des sources de sécurité palestiniennes.

À Gaza, un Palestinien de 16 ans a été grièvement blessé jeudi par un tir israélien près de la clôture de sécurité avec Israël, ont indiqué des sources locales et militaires israéliennes.

Cancer de la colonisation

Le président Abbas, qui recevra M. Kerry vendredi soir à Ramallah, a menacé de saisir des instances internationales contre «le cancer de la colonisation» israélienne.

Il a aussi réitéré son refus de «toute présence militaire israélienne dans des territoires appartenant à l'État indépendant de Palestine», allusion à la vallée du Jourdain, aux frontières de la Cisjordanie et de la Jordanie.

Selon le quotidien israélien Maariv, lors de son dernier déplacement en décembre, John Kerry a proposé «une présence militaire israélienne limitée aux points de passage sur le Jourdain pour un nombre limité d'années».

Mais Israël a d'ores et déjà rejeté ces arrangements, selon le quotidien Maariv.

Une commission ministérielle israélienne a adopté dimanche un projet de loi, présenté par la droite ultra-nationaliste, qui prévoit l'annexion de la vallée du Jourdain même en cas d'accord de paix.

Bien qu'il ait, selon les commentateurs israéliens, surtout une valeur symbolique, ce projet a été dénoncé par les Palestiniens, qui acceptent uniquement le déploiement d'une force internationale dans la vallée du Jourdain, une solution rejetée par Israël qui veut pouvoir «se défendre lui-même».

«L'accord-cadre proposé (par Washington) limite la souveraineté palestinienne sur le sol palestinien», a martelé jeudi un dirigeant de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), Yasser Abed Rabbo, dans un communiqué.

«Ce qui ferait vraiment progresser les discussions serait de dessiner les frontières entre l'État palestinien et Israël, basées sur les lignes de 1967 (...), et d'établir un calendrier précis pour le retrait (israélien) de tout le territoire palestinien», a argué M. Abed Rabbo.

Jeudi matin, une délégation de députés de droite et d'extrême droite, conduite par le ministre de l'Intérieur Gideon Saar, a inauguré une implantation juive dans la vallée du Jourdain «qui est israélienne et le restera», selon eux.

D'après un sondage publié mardi par l'Université hébraïque à Jérusalem, 51% des Israéliens estiment que les efforts américains échoueront (29%) ou n'auront aucun effet (22%) contre 39% seulement qui pensent qu'ils aboutiront, un chiffre en baisse par rapport à un sondage similaire en août 2009.




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