Al-Qaïda dans la péninsule arabique perd son homme fort

Officiellement numéro deux d'AQPA, le Saoudien Saïd al-Chehri dirigeait... (IMAGE AFP/YOUTUBE)

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Officiellement numéro deux d'AQPA, le Saoudien Saïd al-Chehri dirigeait en réalité de facto l'organisation terroriste, lui qui était qualifié de chef effectif d'AQPA.

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Taïeb MAHJOUB
Agence France-Presse
Dubaï, Émirats arabes unis

Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), un groupe extrémiste redouté aux États-Unis, a perdu son homme fort, le Saoudien Saïd al-Chehri, et la mort du numéro deux de l'organisation, officiellement annoncée jeudi soir par Sanaa, soulève la question de sa succession.

«La mort de Saïd al-Chehri porte un coup dur à AQPA, qu'il dirigeait de facto», a relevé l'expert des questions de terrorisme, Moustapha al-Ani.

Née en janvier 2009 de la fusion des branches saoudienne et yéménite d'Al-Qaïda après la campagne menée contre le réseau en Arabie saoudite, AQPA est dirigée par le Yéménite Nasser al-Wahichi. Le groupe n'a pas encore confirmé la mort de son numéro deux.

«Chehri était le chef effectif d'AQPA. C'était un homme de terrain qui planifiait et supervisait les opérations d'AQPA au Yémen, en Arabie saoudite et ailleurs dans le monde», a indiqué M. Ani, directeur du Gulf Research Center pour les études sur les questions de sécurité et de terrorisme.

«Sa disparition est même plus importante que celle d'Oussama ben Laden» le chef du réseau extrémiste, tué en mai 2011 par un commando américain au Pakistan, qui «vivait plutôt isolé» durant ses dernières années, a-t-il ajouté.

Saïd al-Chehri, un ancien détenu de Guantanamo remis aux autorités saoudiennes en 2007, avait suivi un programme de réhabilitation mis en place par Riyad pour ses ressortissants de retour de la prison américaine, mais s'était échappé pour rejoindre les rangs d'Al-Qaïda au Yémen.

La plus haute autorité de sécurité au Yémen, le Comité national supérieur de sécurité, a annoncé jeudi soir que Chehri, co-fondateur d'AQPA, avait «succombé à ses blessures subies lors d'une opération antiterroriste le 28 novembre 2012 dans la province de Saada (nord)».

L'opération était menée «dans le cadre du partenariat et de la coopération internationale en matière de lutte antiterroriste», a-t-elle ajouté dans un communiqué, en allusion aux États-Unis qui ont multiplié ces derniers mois les attaques ciblées par des drones contre les membres d'AQPA au Yémen.

Trouver un successeur

La cellule yéménite de la nébuleuse extrémiste «est la plus active» et «est la seule qui porte la menace à l'intérieur des États-Unis», a souligné M. Ani.

«AQPA avait planifié notamment l'attentat manqué du vol Amsterdam-Détroit de Noël 2009, par le Nigérian Umar Farouk Abdulmutallab», comme elle avait revendiqué en novembre 2010 «l'envoi de colis piégés trouvés à bord d'avions cargo à destination des États-Unis».

«La mort de Chehri avait été annoncée en début de semaine par des membres de sa famille qui en ont été informés par un appel téléphonique d'un membre d'AQPA», a indiqué M. Ani, ajoutant que le réseau devrait confirmer sa mort «dans les prochains jours».

«Un Saoudien devait le remplacer, mais il sera difficile de lui trouver un successeur ayant la même expérience militaire», a ajouté l'expert, qui estime «entre 50 et 70», le nombre d'«extrémistes saoudiens présents sur le sol yéménite».

D'après un spécialiste yéménite des affaires d'Al-Qaïda, Saïd Obeid al-Jimhi, «l'artificier d'AQPA, le Saoudien Ibrahim al-Assiri, qui avait conçu les colis piégés adressés aux États-Unis en 2010, pourrait succéder à Saïd al-Chehri».

Cet artificier est le frère de l'auteur en août 2009 de l'attentat manqué, revendiqué par AQPA, contre un membre de la famille royale saoudienne et responsable de la lutte antiterroriste, le prince Mohammed ben Nayef ben Abdel Aziz.

«Mais la traque des dirigeants d'AQPA au Yémen va s'intensifier, car l'élimination de Saïd al-Chehri témoigne d'une infiltration du réseau par ses adversaires», a estimé M. Jimhi.

«D'ailleurs, il se peut que le chef d'AQPA, Nasser al-Wahichi, ait été tué à son tour, tué ou grièvement blessé, car il ne s'est pas manifesté depuis plus d'un an», conclut-il.

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