Flottille pour Gaza: 16 militants contre 700 soldats

Stéphan Corriveau... (Photo André Pichette, La Presse)

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Stéphan Corriveau

Photo André Pichette, La Presse

Principal porte-parole du bateau canadien pour Gaza, le Montréalais Stéphan Corriveau était à bord du seul bateau de la flottille humanitaire qui a été arraisonné par l'armée israélienne mardi. De retour à Montréal, le militant pro-palestinien a raconté à La Presse sa version des événements des derniers jours.

Pendant quelques petites minutes, mardi dernier, le Montréalais Stéphan Corriveau et les autres passagers du Dignité-Al-Karama ont cru qu'ils réussiraient à atteindre la bande de Gaza.

L'armée israélienne, qui suivait de près le petit yacht, a soudainement rebroussé chemin en apercevant un navire égyptien qui voguait dans ses eaux territoriales. Mais l'espoir des militants pro-palestiniens a été de courte durée. «Dès que le Dignité-Al-Karama s'est éloigné des eaux égyptiennes, les navires de l'armée israélienne sont revenus. Pendant quatre heures, nous avons négocié avec eux», relate Stéphan Corriveau, rentré mercredi à Montréal après avoir été expulsé par les autorités israéliennes. Les négociations ont échoué : les militants refusaient de rebrousser chemin, et le gouvernement israélien était déterminé à ne laisser aucun navire enfreindre le blocus imposé à la bande de Gaza depuis que le Hamas y a pris le pouvoir, en 2007.

M. Corriveau savait que l'armée israélienne se préparait depuis longtemps à l'arrivée d'une deuxième flottille humanitaire, mais il a néanmoins été surpris par l'ampleur des moyens déployés. «Il y avait quatre gros navires avec des lance-missiles et sept navettes. Selon d'autres passagers du Dignité qui ont l'expérience de la mer, il devait y avoir entre 700 et 1000 militaires dans les bateaux israéliens. Nous, nous étions 16 dans notre petite embarcation». Si, en mai 2010, l'arraisonnement de la première flottille s'était terminé dans le sang avec la mort de neuf passagers du bateau turc, le Mavi Marmara, l'opération israélienne de mardi s'est faite sans bavure.

«Les militaires avaient des canons à eau, des pistolets électriques et des armes à feu. Nous n'étions pas rassurés quand nous avons vu les petits points rouges des pointeurs laser se promener sur nous», a raconté M. Corriveau, qui précise que l'arraisonnement s'est fait sans un coup de feu.

Emmené au port d'Ashdod, en Israël, où des cellules avaient été aménagées pour les passagers de la flottille, Stéphan Corriveau a été interrogé durant une heure. Les appareils photo, téléphones et caméras ont été confisqués, y compris ceux des trois journalistes qui se trouvaient à bord, affirme le militant montréalais. «Il n'y a pas eu de mauvais traitement ou de coups, mais il y a eu de l'intimidation. Ceux qui m'ont interrogé m'ont dit que j'allais rester en prison.»

Quelque 24 heures après l'arraisonnement, cependant, Stéphan Corriveau était de retour à Montréal.

Hier, avec une trentaine de personnes, il a manifesté devant le consulat d'Israël à Montréal. «On a fait la preuve qu'Israël est un géant aux pieds d'argile. Son seul argument pour défendre le blocus illégal est la force», a lancé M. Corriveau à la petite foule.




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