De nouvelles règles pour épargner les civils en Afghanistan

Les bombes artisanales posées par les rebelles sur... (Photo: AP)

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Les bombes artisanales posées par les rebelles sur les routes sont la première cause de décès de soldats en Afghanistan et auraient coûté la vie à des centaines de civiles au cours des 15 derniers mois. Ci-dessus, un jeune garçon est évacué par des militaires américains après avoir été blessé par l'un de ces engins, presque au même moment où une bombe explosait au passage d'un bus, tuant au moins 25 personnes.

Photo: AP

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Karim Talbi
Agence France-Presse
Kaboul

Le général David Petraeus, commandant des forces internationales en Afghanistan, a édicté mercredi des directives pour épargner les civils, indiquant ainsi qu'il poursuivrait la stratégie de son prédécesseur le général Stanley McChrystal de limiter le recours aux frappes aériennes.

Lors de son audition fin juin par le Sénat américain, le général Petraeus avait promis aux troupes de l'OTAN de revoir l'application des règles limitant le recours aux frappes aériennes pour protéger les civils, faisant craindre une hausse des bavures de l'OTAN.

La limitation stricte des frappes aériennes avait en effet permis en 2009 de réduire le nombre de civils tués par l'OTAN. Mais des soldats s'étaient plaints que la politique de «retenue courageuse» du général McChrystal les empêchaient de se défendre correctement et aurait contribué à une augmentation du nombre de soldats tués.

En juin, l'OTAN avait ainsi essuyé des pertes record, avec 102 soldats tués, comparables aux pires moments de l'intervention étrangère en Irak en 2007.

Les «directives tactiques», entrées en vigueur le 1er août, clarifient et précisent les conditions de recours à la force.

«Nous devons continuer, en fait redoubler, d'efforts pour réduire les pertes de civils innocents à un minimum absolu», écrit le général Petraeus.

Il s'assure toutefois que «certaines questions qui ont conduit à des perceptions erronées sont clarifiées».

L'OTAN n'a pas publié l'ensemble de la directive, une grande partie étant classée secret défense.

«Avant de tirer, le commandant approuvant une frappe doit déterminer qu'aucun civil n'est présent. S'il n'est pas possible de déterminer le risque de présence de civils, les frappes sont interdites, sauf dans deux conditions», dont la mise en danger des troupes internationales, écrit le général.

Ces directives interviennent après la diffusion par M. Petraeus de nouvelles règles de bonne conduite s'appliquant à la stratégie de contre-insurrection.

Cet ensemble de règles, daté du 27 juillet, est un vade-mecum destiné aux membres de la force internationale en Afghanistan (Isaf).

Il reprend de nombreux points édictés en juin 2008 par le général Petraeus alors commandant des forces américaines en Irak.

Enlever ses lunettes noires, patrouiller à pied, aller à la rencontre des habitants, distinguer les «conciliants» des «non réconciliants» (en référence aux insurgés et à ceux qui travaillent à l'unité du pays): le général Petraeus a repris son vade-mecum irakien et l'a adapté légèrement à l'Afghanistan.

Le général américain a pris le commandement de la coalition internationale en Afghanistan le 4 juillet, en remplacement du général Stanley McChrystal, écarté du poste après ses critiques contre l'administration américaine.

Quelque 140 000 soldats américains et de l'OTAN sont déployés en Afghanistan pour combattre les talibans, et 10 000 autres doivent les rejoindre en août. Le président américain Barack Obama a prévu un début de retrait en juillet 2011.

Les civils sont les premières victimes du conflit en Afghanistan, frappés trois fois plus par les attaques suicide ou les bombes artisanales rebelles que par les forces de l'OTAN, selon des chiffres de l'ONU.

Des bavures continuent de provoquer les critiques du président afghan Hamid Karzaï. La présidence a ainsi accusé l'OTAN d'avoir attaqué fin juillet à la roquette et tué 52 «civils innocents» dans le sud de l'Afghanistan, ce que l'OTAN a fermement démenti affirmant qu'il n'y avait pas de «preuves» de civils tués.

Mercredi, le gouvernement afghan a revu ce bilan à 39 morts et accusé les forces «conjointes» afghanes et internationales sans plus de précision.




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