Ex-espion russe: expiration de l'ultimatum de Londres, Moscou menace de riposter

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Retrouvés inconscients le 4 mars sur un banc à Salisbury, dans le sud-ouest de l'Angleterre, Sergueï Skripal et sa fille Ioulia sont toujours hospitalisés dans un état «critique».

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Edouard GUIHAIRE
Agence France-Presse
Londres

Londres et ses alliés ont renforcé mardi leur pression sur la Russie pour qu'elle donne des explications sur l'empoisonnement de l'ex-espion Sergueï Skripal, Moscou dénonçant des «attaques brutales» et menaçant de riposter en cas de sanctions à son encontre.

L'ultimatum fixé par Londres pour que la Russie fournisse des explications à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) a expiré mardi à minuit. L'ambassade de Russie à Londres avait annoncé à l'avance que Moscou ne s'y plierait pas.

«Moscou ne répondra pas à l'ultimatum de Londres tant qu'elle n'aura pas reçu d'échantillons de la substance chimique» utilisée dans l'empoisonnement, avait déclaré l'ambassade sur Twitter en fin d'après-midi.

Affirmant, comme le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, «l'innocence» de la Russie, l'ambassade a indiqué avoir demandé au gouvernement britannique l'ouverture d'une «enquête conjointe». Elle a prévenu que la Russie riposterait si Londres décidait de mesures à son encontre.

À l'OIAC, l'ambassadeur de Russie auprès de cette organisation, Alexandre Choulguine, a jugé mardi «absolument inacceptables» les «accusations infondées», les «attaques brutales» et les «mensonges» de Londres.

Dans un communiqué, M. Choulguine a appelé le gouvernement britannique à «abandonner le langage des ultimatums et des menaces», dénonçant «une sale guerre de l'information menée contre la Russie».

Le diplomate a répété que la Russie exigeait de Londres la communication d'éléments matériels avant toute réponse de sa part concernant l'affaire de l'empoisonnement de Salisbury.

Pour leur part, les principaux alliés du Royaume-Uni, France, Union européenne, Allemagne, États-Unis, Canada, ont apporté leur soutien aux Britanniques.

À l'issue d'une conversation téléphonique avec la première ministre britannique Theresa May, le président américain Donald Trump a estimé que la Russie devait apporter des réponses «sans ambiguïté» sur cet empoisonnement, selon la Maison-Blanche.

«Les deux dirigeants estiment qu'il doit y avoir des conséquences pour ceux qui usent de ces armes odieuses en violation flagrante des normes internationales», a ajouté la présidence américaine.

La chancelière allemande Angela Merkel a déclaré qu'elle prenait «extrêmement au sérieux» l'avis de Londres sur une probable responsabilité russe. Elle a exhorté Moscou à «répondre rapidement aux questions légitimes du gouvernement britannique».

Le président français, Emmanuel Macron, a condamné une attaque «inacceptable», sans toutefois commenter les accusations de Londres contre Moscou.

L'ambassadeur du Canada à l'OIAC, Timothy Edwards, a jugé «profondément troublants» les deux scénarios évoqués par Londres dans cette affaire.

Lundi, le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, avait convoqué l'ambassadeur russe, sommé de dire si l'empoisonnement avait été commis directement par la Russie ou si le gouvernement russe «avait perdu le contrôle» de l'agent innervant utilisé, qui aurait alors pu tomber entre les mains d'une tierce partie.

Sergueï Skripal lors de son procès à Moscou... (REUTERS) - image 2.0

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Sergueï Skripal lors de son procès à Moscou en 2006.

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État «critique» 

Retrouvés inconscients le 4 mars sur un banc à Salisbury, dans le sud-ouest de l'Angleterre, Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, sont toujours hospitalisés dans un état «critique», a indiqué mardi un responsable de Scotland Yard, Neil Basu. Un policier qui était intervenu sur place reste lui aussi dans un état «grave», mais fait de «bons progrès», a-t-il ajouté.

Par ailleurs, un Russe, Nikolaï Glouchkov,  ancien partenaire en affaires du milliardaire et opposant au Kremlin Boris Berezovksi, décédé en 2013, a été trouvé mort lundi dans des circonstances inexpliquées à Londres, selon les médias britanniques et russes

Lundi, devant les députés britanniques, la première ministre Theresa May a estimé «très probable» que la Russie soit «responsable» de l'empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille.

Mercredi, Mme May doit réunir son Conseil de sécurité nationale (NSC) pour faire le point. La première ministre doit ensuite s'exprimer devant les députés pour annoncer les décisions prises.

Selon Theresa May, la substance utilisée appartient au groupe des agents toxiques Novitchok, mis au point par la Russie à l'époque soviétique.

L'un des «pères» des Novitchok, Vil Mirzaïanov, qui vit désormais aux États-Unis, a affirmé que la Russie était le seul pays capable de produire et déployer un agent innervant aussi puissant.

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Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

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Sanctions 

En cas d'absence de réponse «crédible» de la part de Moscou, «nous considérerons que cette action constitue un usage illégal de la force par l'État russe contre le Royaume-Uni», a déclaré Theresa May.

Évoquant les sanctions prises contre des ressortissants russes après l'affaire Litvinenko, ancien agent secret russe empoisonné au polonium-210 et mort à Londres en 2006, Mme May s'est dite «prête à prendre des mesures plus importantes».

La licence de la télévision russe RT, financée par l'Etat, est dans le viseur du régulateur britannique.

La Russie a mis en garde: «aucun média britannique» ne travaillera en Russie en cas de fermeture de RT, a dit la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères , Maria Zakharova.




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