L'UE fête ses 60 ans et s'engage pour un avenir commun

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Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a prononcé un discours à l'ouverture du sommet de Rome, le 25 mars.

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Philippe AGRET, Olivier BAUBE
Agence France-Presse
ROME

Les dirigeants européens ont affirmé samedi à Rome leur volonté de se remobiliser, 60 ans jour pour jour après la signature du traité fondateur de leur Union, aujourd'hui menacée, y compris par le divorce décidé par le Royaume-Uni.

« Prouvez aujourd'hui que vous êtes les dirigeants de l'Europe », a lancé le président du Conseil européen, Donald Tusk aux 27 chefs d'État et de gouvernement réunis au Capitole, dans la même salle des Horaces et des Curiaces où fut signé le traité fondateur de l'Union européenne le 25 mars 1957.

Mais, sans la première ministre britannique Theresa May, qui a décidé de lancer la complexe procédure de séparation d'avec le bloc européen mercredi prochain.

« Il y aura un 100e anniversaire de l'UE », a prédit à cette occasion le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker à son arrivée.

Accueillis sous un soleil éclatant par le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni, les chefs d'État et de gouvernement des 27 ont chacun à leur tour traversé la grande place du Capitole, dessiné par Michel-Ange, avant de signer un nouvel engagement solennel en faveur de l'Europe.

« Il y a des signatures qui durent », a affirmé M. Juncker en paraphant ce document, la « Déclaration de Rome », avec le même stylo utilisé il y a 60 ans par son prédécesseur luxembourgeois.

Union « une et indivisible »

En 1957, l'Allemagne, la France, l'Italie et les pays du Benelux (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) s'engageaient à « établir les fondements d'une union sans cesse plus étroite entre les peuples européens ».

Mais « nous nous sommes arrêtés et cela a provoqué dans l'opinion publique une crise de rejet, cela a fait refleurir les nationalismes qu'on pensait relégués aux oubliettes », a déclaré avant la cérémonie de signature le chef du gouvernement italien Paolo Gentiloni.

Cependant, a-t-il assuré, « nous avons appris la leçon, l'Union choisit de repartir ».

Dans leur déclaration, les 27 réaffirment que leur « Union est une et indivisible », en réponse explicite au Brexit. « Nous ferons en sorte » que le Brexit « ne soit pas au détriment de l'Europe », a averti à ce sujet le président François Hollande dans une déclaration à la presse.

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Des manifestants ont déployé un drapeau de l'UE lors d'un rassemblement à Rome.

Photo Alessandro Bianchi, REUTERS

C'est pourtant une Europe en pleine tempête qui célèbre son 60e anniversaire face aux vents de la discorde, du doute et de la défiance populaire.

Quelque 30 000 manifestants - pro et anti-UE - ont commencé à défiler dans les rues de la ville éternelle, dont le centre a été bouclé par d'importantes forces de l'ordre. Celles-ci redoutent particulièrement que quelques centaines d'activistes des Black Blocks - groupes de militants anarchistes ou autonomes - ne viennent s'infiltrer.

Brexit, mais aussi vagues migratoires, marasme économique, attentats djihadistes et repli identitaire: conçue à six pour reconstruire l'Europe après la Seconde Guerre mondiale, l'Union à 27 traverse la pire crise de son histoire.

« Rome doit marquer le début d'un nouveau chapitre » pour une « Europe unie à 27 », selon M. Juncker.

« Aujourd'hui à Rome, nous renouvelons l'alliance unique de nations libres qui a été lancée il y a soixante ans par nos prédécesseurs », a rappelé de son côté M. Tusk.

« Rythmes différents »

Mais au-delà des voeux pieux, la « Déclaration de Rome » de samedi elle-même n'a pu échapper aux divisions qui opposent les Européens, notamment ceux de l'Ouest et de l'Est.

Ainsi, l'Europe à « plusieurs vitesses », le contentieux le plus disputé, est devenue dans la Déclaration de Rome une Europe à des « rythmes différents ».

Les 27 s'engagent à « agir de concert, si nécessaire à des rythmes différents et avec une intensité différente, tout en avançant dans la même direction, comme nous l'avons fait par le passé, conformément aux traités et en laissant la porte ouverte à ceux qui souhaitent se joindre à nous plus tard ».

Un paragraphe minutieusement rédigé pour tenter de rassurer la Pologne et les autres pays réticents, qui redoutent d'être exclus du « club » en raison de leur opposition récurrente aux projets de Bruxelles, en ce qui concerne par exemple les politiques migratoires.

« Une Europe à plusieurs vitesses ne signifie nullement qu'il n'y a pas une Europe commune à tous », s'est efforcé de rassurer la chancelière allemande Angela Merkel devant la presse.




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