Les eurosceptiques appellent à un référendum dans leurs pays

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Alors que la France compte parmi les six pays fondateurs de l'UE, comme les Pays-Bas, Marine Le Pen assure vouloir devenir « Madame Frexit ».

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Sophie MIGNON, Jo Biddle
Agence France-Presse
La Haye

Du Brexit au « Nexit », au « Frexit » et aux renégociations de leur adhésion avec l'Union européenne : les eurosceptiques à travers l'UE ont crié victoire vendredi et appelé à un référendum dans leurs pays, faisant grandir les craintes sur le futur de l'unité européenne.

« Je pense que c'est la fin de l'UE. Il n'y a pas de retour possible », a déclaré à l'AFP le député néerlandais d'extrême droite Geert Wilders, réclamant un référendum sur un « Nexit », une sortie néerlandaise de l'Union européenne. « L'UE s'est déjà éteinte », a-t-il ajouté.

Selon les résultats définitifs, les Britanniques ont voté jeudi à 51,9 % des voix pour sortir de l'UE, contre 48,1 % pour rester.

« Victoire de la liberté ! Comme je le demande depuis des années, il faut maintenant le même référendum en France et dans les pays de l'UE », a déclaré la présidente du parti français d'extrême droite Front National (FN) Marine Le Pen sur son compte Twitter, appelant à la tenue d'un tel vote dans les six mois.

Alors que la France compte parmi les six pays fondateurs de l'UE, comme les Pays-Bas, Marine Le Pen assure vouloir devenir « Madame Frexit » : « l'Europe sera au coeur des prochaines élections présidentielles » en avril 2017.

Geert Wilders, dont le parti est invariablement placé en tête des derniers sondages, assure qu'il y aura un référendum néerlandais s'il devient premier ministre aux élections en mars.

« Je formerais une coalition au sein de laquelle un accord sur la tenue d'un référendum a été passé, je gouvernerais avec des partis favorables à un tel référendum », a-t-il expliqué à l'AFP.

L'UE fait face à des divisions profondes sur la manière de gérer la crise migratoire, mais aussi les problèmes financiers de plusieurs pays membres. Et nombreux sont ceux qui craignent un effet domino poussant d'autres États à quitter l'UE, suivant l'exemple de la Grande-Bretagne et portant un coup plus terrible encore au projet européen.

« Retour de manivelle »

« L'Union européenne, on la change ou on la quitte », a pour sa part lancé le candidat d'extrême gauche à l'élection présidentielle française Jean-Luc Mélenchon, relançant son appel à la « sortie des traités européens ».

« Bien sûr, la caste des eurolâtres ne tiendra aucun compte de ce qui vient de se passer et continuera de fustiger les "extrêmes", le "repli sur soi" et l'amour des peuples pour leurs libertés et dignité sociale. Plus dure sera leur chute », a conclu sur Facebook le candidat de « la France insoumise », qui récolte 10 à 15 % des intentions de vote au premier tour dans les sondages.

En Italie, Matteo Salvini, dirigeant du parti anti-immigration de la Ligue du Nord, a salué sur Twitter le « courage des citoyens libres » face aux « mensonges, menaces et chantages » : « maintenant, c'est à notre tour. »

Le Parti communiste portugais, allié du gouvernement socialiste, a salué cette « victoire sur la peur, l'inévitabilité, la soumission et le catastrophisme », offrant de nouvelles armes « contre l'UE du grand capital et des grandes puissances », selon l'eurodéputé Joao Ferreira.

De son côté le parti danois de droite populiste DF a affirmé : « c'est formidable que les auteurs de cette campagne d'intimidation aient subi un retour de manivelle ».

Appels à la démission

Au Danemark et en Suède, le président du Parti de gauche suédois Jonas Sjöstedt et le parti populaire danois ont plaidé pour des renégociations en vue d'« une collaboration moins contraignante avec l'UE ».

Le chef du parti populiste de droite allemand AfD, Frauke Petry, souhaite « une Europe des Patries » et évoque d'autres possibles sorties de l'UE si elle « n'abandonne pas (...) son expérience quasi socialiste de l'intégration toujours plus poussée ».

Des appels de démission à l'encontre du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et du président du Parlement européen Martin Schulz ont également émergé: «Juncker et Schulz sont responsables, ils doivent démissionner», selon une autre dirigeante de l'AfD, Beatrix von Storch.

Le président du parti d'extrême droite autrichien FPÖ, Heinz Christian Strache, a, lui, demandé leur démission par «décence et aussi par respect pour un meilleur avenir de l'Europe».

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