Grèce : les jusqu'au-boutistes quittent Syriza

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Le premier ministre sortant Alexis Tsipras, libéré des éléments contestataires de son parti, pourrait s'en trouver renforcé.

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Les élus de Syriza qui reprochent au premier ministre sortant, Alexis Tsipras, d'avoir renié ses engagements envers la population grecque en acceptant un plan d'aide controversé pour le pays ont décidé de rompre officiellement les ponts.

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L'ex-ministre de l'Environnement et de l'Énergie Panagiotis Lafazanis claque la porte de Syriza pour former un nouveau parti avec une vingtaine d'ex-députés.

Photos Stoyan Nenov, Reuters

L'ex-ministre de l'Environnement et de l'Énergie du gouvernement de M. Tsipras, Panagiotis Lafazanis, a annoncé hier la création d'un nouveau parti, l'Unité populaire, qui regroupe 25 ex-députés de la formation de gauche.

M. Lafazanis a annoncé que le groupe se donnait pour objectif de refléter les convictions des Grecs qui ont dit «Non à l'austérité» lors d'un référendum tenu le mois dernier relativement aux mesures de redressement exigées par les créanciers du pays.

À la suite de cette consultation, Alexis Tsipras avait changé de cap, déclarant qu'il était forcé que d'accepter un nouveau plan d'aide de 86 milliards d'euros  (129 milliards CAN) intégrant de sévères mesures pour éviter que la Grèce ne soit exclue de la zone euro.

M. Lafazanis a assuré de son côté hier que l'Unité populaire n'hésiterait pas à privilégier un tel scénario s'il s'avère impossible de revenir sur le plan accepté.

La décision des tenants de la ligne dure au Syriza risque de faire le jeu du premier ministre sortant, qui tente de renforcer sa position sur l'échiquier politique après avoir vu près du tiers des députés du parti s'opposer au vote du plan d'aide.

Le politicien a démissionné jeudi pour forcer la tenue d'élections anticipées qui pourraient avoir lieu autour du 20 septembre. Il espère tirer profit de sa popularité pour gagner des voix tout en se dissociant des membres contestataires les plus virulents de son parti.

L'initiative, même si elle entraîne une nouvelle période d'instabilité, est bien accueillie par les instances européennes à l'origine du plan d'aide.

L'émergence possible d'un nouveau gouvernement résolument «pro-européen, moins à gauche, plus au centre», disposant d'un mandat clair pour appliquer les mesures d'austérité exigées apparaît comme une bonne chose, précise Frédéric Mérand, qui dirige le Centre d'études et de recherches internationales de l'Université de Montréal (CÉRIUM).

Techniquement, les deux principaux partis d'opposition grecs auront tour à tour l'occasion de tenter de former une coalition gouvernementale viable avant qu'un nouveau scrutin ne soit effectivement convoqué. Aucun ne semble cependant capable, à ce stade, d'assurer la majorité requise pour éviter ce dénouement.

Un nouveau parti sans Varoufakis 

Très critique envers Tsipras lors du vote sur le troisième plan d'aide, l'ex-ministre des Finances Yanis Varoufakis ne figurait toutefois pas dans la liste des dissidents. 

Poussé à la démission après le référendum, Varoufakis a affirmé plus tôt cette semaine que Tsipras avait «trahi» la population grecque en faisant approuver un nouveau plan d'aide et qu'il aurait donc dû démissionner, plutôt que de «capituler» devant les autorités européennes. 

M. Mérand relève que la position «intransigeante» de M. Varoufakis aurait rapidement poussé la Grèce hors de la zone euro, avec des conséquences autrement graves pour la population que celles prévues dans le plan d'aide. L'ex-ministre des Finances, dit-il, applique une «éthique de la conviction» faisant fi des conséquences, alors que le premier ministre sortant s'inspire d'une «éthique de la responsabilité» qui en tient compte.

«Alexis Tsipras a suivi le même cheminement que tous les politiciens de droite et de gauche qui l'ont précédé au pouvoir en Grèce. Il a promis d'en finir avec l'austérité avant de constater, une fois en poste, que les coffres étaient vides et qu'il fallait se ranger à la réalité économique», explique M. Mérand.

Le professeur estime que le plan de sauvetage annoncé n'est «pas bon» pour autant, notamment parce qu'il comporte diverses mesures qui vont miner la relance économique et ne prévoit rien de concret, pour l'heure, en matière d'aménagement de la dette.

M. Mérand pense que le rétablissement progressif de la confiance entre la Grèce et ses créanciers européens pourrait faciliter un dialogue plus constructif à ce sujet.

Pour l'heure, la défiance envers Athènes est encore tellement grande «que ce n'est pas possible», conclut-il.

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