Large victoire de la droite aux départementales françaises

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«Ces résultats dépassent de très loin la considération locale. Les Français ont massivement rejeté la politique de François Hollande et de son gouvernement», a réagi le président de l'UMP Nicolas Sarkozy.

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Marc PREEL, Anne-Pascale REBOUL
Agence France-Presse
Paris

La droite est sortie largement victorieuse du second tour des départementales de dimanche, contrôlant désormais deux départements sur trois, face à une gauche qui a enregistré un quatrième revers d'ampleur en un an et un FN qui n'a finalement remporté aucun exécutif.

Après les municipales, les européennes et les sénatoriales, ce scrutin marque la quatrième défaite consécutive de l'exécutif dans un scrutin intermédiaire, avant le dernier test pré-présidentielle de 2017, celui des régionales en décembre.

La droite l'a emporté dans 66 départements et la gauche dans 34, tandis que le Vaucluse restait incertain, selon les résultats complets compilés par l'AFP.

Soit 25 bascules de gauche à droite, avec une seule bascule de droite à gauche, en Lozère.

S'il est un acteur incontournable, le FN, qui plaçait ses principaux espoirs dans le Vaucluse et l'Aisne, ne contrôlera en définitive aucun département, a reconnu son vice-président Florian Philippot.

Jusqu'à présent, la gauche était à la tête de 61 départements et la droite 40.

Cela ramène la gauche, qui détenait une majorité de départements depuis 2004, à des niveaux proches des scrutins cantonaux de 1988 (29), voire de 1992 (23 départements) ou 1994 (24). Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis y voit «un recul d'implantation sans être une débâcle». «La gauche résiste», juge-t-on même à l'Elysée.

Au total, la droite remporterait en métropole de 1137 à 1157 cantons (sur 2054), contre 776 à 796 à la gauche et 43 à 47 au Front national, selon une projection CSA.

Symbole de la défaite: la Corrèze, terre d'élection du président Hollande, a basculé à droite. Celle-ci conquiert également le Nord et la Seine-Maritime, autres terres symboliques de la gauche, mais aussi les Bouches-du-Rhône, à gauche depuis 60 ans, ainsi que l'Essonne, la Seine-et-Marne, les Deux-Sèvres, la Charente, le Doubs, le Jura, le Territoire-de-Belfort, les Pyrénées-Atlantiques, la Drôme, la Saône-et-Loire, l'Isère, l'Oise, le Cher, l'Indre-et-Loire, l'Aisne et les Côtes-d'Armor.

Le PS qui sauve le Pas-de-Calais, la Meurthe-et-Moselle ou encore la Seine-Saint-Denis, se concentre dans ses terres historiques du Sud-Ouest.

Quant au Parti communiste, il perd l'Allier et conserve le seul Val-de-Marne.

L'abstention s'est élevée à 50,01%, soit un niveau proche de celui du 1er tour (49,83%), et nettement inférieur à celui des cantonales de 2011 (55,29% au second tour).

Depuis Matignon, Manuel Valls a rapidement reconnu une victoire «incontestable» de la droite républicaine et le «net recul» d'une gauche «trop dispersée». Le Premier ministre a aussi déploré les scores «beaucoup trop élevés» du FN.

Troisième tour jeudi

«Ces résultats dépassent de très loin la considération locale. Les Français ont massivement rejeté la politique de François Hollande et de son gouvernement», a asséné le président de l'UMP Nicolas Sarkozy.

Pour son rival en vue de 2017, Alain Juppé, ce résultat est «une victoire de la stratégie d'alliance UMP-UDI-MoDem» qu'il prône. Le «choix» d'«additionner les différences» entre l'UDI et l'UMP permet de «construire» l'alternance, a renchéri le patron de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde. Reste à «construire» un vote «d'adhésion» en faveur de l'opposition, selon le président du MoDem François Bayrou.

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Marine Le Pen

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Marine Le Pen s'est quant à elle félicitée d'une «forte augmentation des scores» du FN dans les départements, «étape cruciale sur le chemin du pouvoir». Dimanche, le Front national a gagné 22 duels, dont 19 contre la gauche et trois contre la droite, et cinq triangulaires, selon un décompte établi par l'AFP.

Une des leçons du 1er tour dimanche dernier avait été la confirmation d'un avènement du tripartisme en France, avec un FN à un nouveau sommet de 25,2%, dans les talons de l'UMP-UDI (28,7%) et du PS (21,5% aux binômes comptant au moins un socialiste).

Ce deuxième tour sera suivi d'un troisième jeudi, lorsque les conseillers départementaux fraîchement élus désigneront les présidents des départements, un processus épineux là où les majorités sont relatives ou incertaines, comme dans le Vaucluse où gauche et droite pourraient être contraints à une alliance.

Sur un plan national, contrairement aux municipales, où il avait dû se séparer de Jean-Marc Ayrault, François Hollande n'entend pas cette fois-ci tirer de fortes conséquences politiques. «On ne peut pas remanier à chaque défaite», ironise un de ses proches.

Un remaniement, qui ferait entrer au gouvernement écologistes et frondeurs afin de ressouder la gauche en vue des régionales de décembre et de la présidentielle, semble donc exclu dans l'immédiat. D'autant que le président, convaincu d'une prochaine embellie économique, n'entend pas changer le «cap» de sa politique.

«Notre gouvernement redoublera d'énergie avec comme priorité l'emploi, l'emploi, l'emploi», a promis Manuel Valls.

Un an après son éviction de Matignon, Jean-Marc Ayrault l'a taclé dans un tweet, percevant dans ce scrutin une «défaite pour la majorité, qui devra en tirer les leçons».

Les appels au changement se sont multipliés à gauche. Pour la secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts, Emmanuelle Cosse, «le gouvernement doit résolument s'engager dans une nouvelle voie». Elle sera reçue dès lundi après-midi rue de Solférino.

Une forte vague féminine

Les «frondeurs» du PS ont eux demandé «un contrat de rassemblement» de la gauche, dans une déclaration signée par le collectif «Vive la gauche».

Ce rassemblement est le travail qui «nous attend dans les prochains jours», et cela passe par un «accord sur le fond», a avancé le maire socialiste de Lille, Martine Aubry.

Plusieurs figures du PS, tel Benoît Hamon, ont brandi le risque «ne pas être au deuxième tour de la présidentielle» de 2017 faute d'évolutions.

A gauche du PS, le secrétaire national du PCF Pierre Laurent a d'ores et déjà qualifié le tripartisme de «coup monté» qui entraînerait la «marginalisation de toute politique alternative» à gauche. Quant à Jean-Luc Mélenchon (Parti de Gauche), il a prôné dès dimanche soir une «nouvelle alliance populaire» en vue des régionales pour ne pas laisser Hollande et Valls réduire à «néant la belle idée progressiste de gauche».

Outre un changement de couleur politique, ces élections départementales ont entraîné une forte vague féminine parmi les élus, conséquence de l'instauration de la parité via un système de binômes homme-femme dans les 2054 nouveaux cantons. Jusqu'à présent, seuls 13,8% des conseillers généraux étaient des femmes.

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