Attentats déjoués en Belgique: quatre arrestations en Grèce

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Des militaires assurent une surveillance à l'extérieur d'une école juive d'Antwerp, le 17 janvier.

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Agence France-Presse
ATHÈNES, BRUXELLES

L'enquête sur la cellule djihadiste démantelée cette semaine en Belgique a rebondi samedi avec l'arrestation de quatre hommes à Athènes, même s'il n'est pas encore établi que le chef présumé du réseau djihadiste figure parmi ces suspects.

Abdelhamid Abaaoud, un Belge de 27 ans d'origine marocaine, a été identifié par les médias comme le cerveau présumé des attentats déjoués jeudi contre la police en Belgique, après l'assaut mené contre une planque dans lequel deux hommes sont morts à Verviers (est).

Pour formellement identifier les suspects, la police antiterroriste grecque doit envoyer leurs empreintes digitales et des échantillons d'ADN aux autorités belges, selon une source policière. Contacté par l'AFP, le parquet fédéral belge n'a voulu faire aucun commentaire.

Les arrestations se sont déroulées en milieu de journée dans un quartier central d'Athènes, à Pangrati. Des téléphones portables ont été saisis.

Abdelhamid Abaaoud, qui dirigeait et finançait la cellule depuis la Grèce où son téléphone avait été localisé, a combattu dans les rangs du groupe État islamique en Syrie, selon les médias belges.

Il apparaît notamment dans une vidéo où l'EI se vante de commettre des atrocités, s'adressant goguenard à la caméra alors qu'il conduit un véhicule qui tire des cadavres mutilés vers une fosse commune.

Il s'est également illustré en faisant venir son petit frère de 13 ans en Syrie. Les photos du garçon, posant des armes à la main, avaient été publiées l'été dernier dans la presse belge et certains journaux anglais l'avaient désigné comme le plus jeune djihadiste de l'EI.

Les «sites stratégiques» surveillés 

La cellule démantelée, composée en partie de djihadistes revenus de Syrie, voulait «tuer des policiers sur la voie publique et dans des commissariats» par le biais d'attentats «dans tout le pays», selon le parquet fédéral.

Craignant une attaque «imminente», la police a donné l'assaut jeudi soir contre la planque de deux djihadistes présumés à Verviers, qui ont répliqué à l'arme de guerre et sont morts dans la fusillade. Une troisième personne a été interpellée sur place.

Au total, 13 personnes ont été arrêtées dans plusieurs communes belges, dont cinq ont ensuite été inculpées pour «appartenance à un groupe terroriste». Trois d'entre elles ont été incarcérées.

Des perquisitions ont permis de retrouver des armes, des produits permettant de fabriquer des bombes, d'importantes sommes d'argent, mais aussi des uniformes de police et des faux documents.

Deux fugitifs, qui avaient quitté la Belgique juste après l'assaut, ont par ailleurs été arrêtés dans les Alpes françaises.

Le niveau de menace terroriste a été relevé d'un cran, à 3 sur une échelle de 4 en Belgique, et samedi matin, quelque 150 paracommandos ont été déployés à Anvers, qui compte une importante communauté juive, et Bruxelles. Ils doivent surveiller des «sites stratégiques» dans le quartier des diamantaires d'Anvers, mais aussi les institutions européennes, le siège de l'OTAN, les ambassades des États-Unis et d'Israël ou encore la grande synagogue à Bruxelles, a expliqué le ministre de la Défense Steven Vandeput.

Devant le musée juif de Bruxelles, où un attentat islamiste a causé la mort de quatre personnes en mai dernier, des militaires en treillis portant un fusil automatique et un pistolet étaient en faction. Aucun soldat n'a toutefois été déployé dans les gares ou aéroports.

D'autres communes, comme Verviers, ont demandé des renforts. Jusqu'à 300 militaires pourront être engagés dans ces opérations de maintien de l'ordre, du jamais vu en Belgique depuis une vague d'attentats commis dans les années 1980 par les Cellules communistes combattantes.

La Belgique, avec 184 ressortissants partis combattre en Syrie, selon les autorités, est un important vivier pour les recruteurs de djihadistes européens. Vendredi, un Belge de 18 ans qui voulait se rendre en Syrie avec de faux papiers a été arrêté.

Un homme qui avait intimidé des libraires à Eisden-Tuinwijk (nord-est), les menaçant de mort s'ils vendaient Charlie Hebdo, a été interpellé.

À Bruxelles, le parquet a demandé samedi des poursuites contre deux frères qui avaient menacé des policiers en faisant référence aux attentats de Paris du 7 au 9 janvier qui ont coûté la vie à 17 personnes dont trois policiers.

La Grèce avait été, comme toutes les capitales européennes, mise en alerte après les attentats de Paris par la possible présence ou le passage sur son sol de membres de réseaux djihadistes.

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