France: la droite et l'extrême droite se préparent pour la présidentielle

Contrairement à Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy n'a... (Photo Thibault Camus, AP)

Agrandir

Contrairement à Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy n'a pas eu droit samedi à un plébiscite, n'obtenant que 64,5% des suffrages des militants UMP.

Photo Thibault Camus, AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
PARIS

L'ex-président Nicolas Sarkozy, mal élu à la tête du parti conservateur, et Marine Le Pen, reconduite à la tête du parti d'extrême droite avec 100 % des suffrages, ont donné dimanche le coup d'envoi de la campagne pour la présidentielle de 2017 en France.

Ils se présentent désormais comme les deux leaders de l'opposition au président François Hollande. Élu en mai 2012 pour cinq ans, l'actuel chef de l'État bat à mi-mandat des records d'impopularité, avec seulement 12 % d'opinions favorables, sur fond de chômage persistant.

Si Nicolas Sarkozy n'a pas annoncé sa propre candidature, le nouveau président de l'UMP, principale formation d'opposition, s'est engagé dimanche sur TF1 à organiser comme prévu en 2016 une primaire pour désigner un candidat unique de la droite face à la gauche.

Dans l'opposition de droite, certains barons soupçonnaient Nicolas Sarkozy, 59 ans, de vouloir prendre la tête de l'UMP pour se passer de la primaire.

L'exc-chef de l'État (2007-2012) a appelé «tous ceux qui n'acceptent pas l'humiliation de la France» à se rassembler dans «une grande formation politique», disant souhaiter que l'UMP dont il prend les rênes «change de nom».

Au congrès du Front National réuni à Lyon (centre-est), Marine Le Pen a de son côté renvoyé dos à dos Nicolas Sarkozy et François Hollande.

«MM. Sarkozy et Hollande, vous avez tout raté!», a-t-elle lancé, alors que des sondages la placent en tête du premier tour de l'élection présidentielle si celui-ci se déroulait prochainement, dénonçant le «projet fou de l'Union européenne» et «l'idéologie du mondialisme».

Contrairement à Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy n'a pas eu droit samedi à un plébiscite, n'obtenant que 64,5 % des suffrages des militants UMP, un score décevant pour celui qui a présidé la France de 2007 à 2012, montrant que son retour en politique après son échec de 2012 suscite des réticences.

«Je n'ai pas fait 100 % comme Mme Le Pen», a-t-il ironisé.

Sa «petite victoire ne lui permet pas d'écraser la concurrence dans la nouvelle campagne qui débute: celle de la primaire de 2016», notait le quotidien Le Monde dimanche sur son site internet.

Sur TF1, il s'est engagé à faire travailler ensemble toutes les composantes de son parti. Bruno Le Maire, 45 ans, son principal adversaire pour la tête de l'UMP avec près de 30 % des voix, s'est présenté comme le champion d'un «renouveau».

Vers la primaire

L'ancien premier ministre (1995-1997) Alain Juppé, 69 ans, d'ores et déjà le grand rival de Nicolas Sarkozy à la future primaire, a fait au nouveau président de l'UMP des offres de service lourdes de sous-entendus.

«Je suis prêt à l'aider dans la ligne que j'ai indiquée, un large rassemblement de la droite et du centre», a-t-il déclaré dès samedi soir.

M. Juppé, maire de Bordeaux (sud-ouest) et qui a également été ministre des Affaires étrangères, s'est fait le champion du rapprochement entre la droite républicaine et le centre, alors que M. Sarkozy a, durant sa campagne, cherché surtout à disputer à l'extrême droite les thèmes de l'immigration, de la sécurité, de la défense de «l'identité française» et même de la critique des institutions européennes.

Selon un sondage publié par le Journal du Dimanche, les sympathisants de droite accordent à Alain Juppé plus de sérieux, de capacité à rassembler la droite et le centre, d'honnêteté et de sensibilité aux préoccupations des Français. Nicolas Sarkozy en revanche est jugé plus capable de remporter la présidentielle, plus courageux, plus autoritaire, plus dynamique et plus capable de sortir le pays de la crise.

Quant aux Français dans leur ensemble, ils accordent de préférence toutes ces qualités à M. Juppé, sauf celles de l'autorité et du dynamisme. La personne de l'ancien président français, son côté «bling-bling», ses outrances de langage, suscitent toujours autant le rejet parmi la majorité des électeurs.

Le rejet de Marine Le Pen reste cependant encore plus fort: 63 % des Français ont une mauvaise opinion de la présidente du Front National, selon un récent sondage.  Mais son entreprise de dédiabolisation du parti fondé par son père Jean-Marie Le Pen, tout en gardant les fondamentaux (contre l'Europe et l'immigration, pour «l'identité nationale» et la sécurité) a porté ses fruits et un tiers des Français ont désormais d'elle une opinion favorable.

«Le peuple nous attend, nous devons lui prouver notre détermination et notre capacité à changer le destin sans provoquer aucun trouble et sans mettre en péril l'équilibre de notre nation», a demandé dimanche la patronne du FN à ses militants.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer