Turquie: la tension augmente dans les zones kurdes

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Environ 5000 personnes rassemblées dans le centre-ville de Diyarbakir ont défié la police qui est intervenue pour les disperser, faisant usage de canons à eau et de gaz lacrymogène.

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Agence France-Presse
DIYARBAKIR

Une dizaine de personnes, dont quatre policiers, ont été blessées dans des heurts qui ont opposé la police aux manifestants dimanche à Diyarbakir, dans le sud-est kurde de la Turquie, où la tension ne cesse de croître après la mort vendredi de deux manifestants kurdes, a constaté l'AFP.

Dimanche soir, quatre militaires en civil ont été enlevés dans une zone rurale par un groupe de rebelles kurdes du parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) à quelque 70 km au nord de la ville de Diyarbakir, chef-lieu du sud-est anatolien, peuplé majoritairement de Kurdes, a-t-on appris de source militaire.

Les rebelles ont incendié les véhicules des soldats et les ont conduits vers une destination inconnue. Une opération militaire est en cours pour les retrouver, a-t-on précisé de même source.

Quelques heures aupravant, 5000 personnes rassemblées dans le centre-ville de Diyarbakir ont défié la police qui est intervenue pour les disperser, faisant usage de canons à eau et de gaz lacrymogène.

Cinq manifestants au moins ont été interpellés.

Les protestataires qui brandissaient des effigies du chef emprisonné du PKK Abdullah Öcalan, dénonçaient la police qui a tué par balles vendredi deux manifestants kurdes à Yüksekova (sud-est), lors d'échauffourées provoquées par des informations faisant état de la destruction de cimetières où étaient enterrés des rebelles du (PKK).

Des rassemblements étaient prévus aussi dimanche dans d'autres villes kurdes, telles Batman et Van.

Samedi soir, un manifestant kurde âgé de 25 ans a été grièvement blessé, touché selon des témoins à la tête par une grenade lacrymogène tirée par les forces de l'ordre, à Yüksekova, après les funérailles des deux Kurdes tués par balle par la police la veille.

Des affrontements ont opposé des manifestants à la police, en marge des funérailles des deux victimes.

Le bureau du gouverneur local a démenti la destruction des cimetières à l'origine des incidents,

La mort des deux Kurdes a aussi provoqué des manifestations et des heurts avec la police à Istanbul (nord-ouest), qui compte une importante communauté kurde.

À Dogubeyazit (est), localité proche de la frontière iranienne, des inconnus ont lancé des engins explosifs contre un poste de police, sans faire de victime, a rapporté l'agence de presse Dogan.

Öcalan, emprisonné à vie depuis 1999, a dénoncé une «grande provocation» depuis sa prison où il a rencontré samedi des députés kurdes.

«Ces assassinats constituent une grande provocation contre le processus» de paix, a-t-il dit dans un communiqué publié au terme de l'entretien, appelant les Kurdes à rester vigilants.

Ankara et le PKK ont engagé il y a un an des pourparlers pour tenter de mettre un terme au conflit kurde, qui a fait plus de 45 000 morts depuis 1984.

Mais ce processus est paralysé après la décision du PKK de suspendre cet automne le retrait de ses rebelles de Turquie pour dénoncer des promesses non tenues du gouvernement.




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