Coup de pouce pour une industrie nucléaire en perte de vitesse

Les deux nouveaux réacteurs nucléaires de la centrale... (Photo John Bazemore, AP)

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Les deux nouveaux réacteurs nucléaires de la centrale de Vogtle, en Georgie, doivent entrer en service d'ici fin 2022. Les États-Unis compteront alors plus de 100 réacteurs en service sur leur territoire.

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Jean-Louis Doublet
Agence France-Presse
WASHINGTON

L'industrie nucléaire américaine vient de recevoir un coup de pouce avec la décision de poursuivre la construction de deux réacteurs en Géorgie, au sud-est des États-Unis, mais elle reste néanmoins en perte de vitesse.

La Commission des services publics de Géorgie a donné jeudi son accord pour poursuivre la construction des réacteurs Vogtle 3 et 4, dernier chantier de ce type en cours dans le pays. Un autre, dans l'État voisin de Caroline du Sud, a été arrêté à l'été.

Les deux nouveaux réacteurs de la centrale de Vogtle doivent en principe entrer en service d'ici fin 2022.

«Montrer que nous sommes capables de construire et d'achever des nouvelles centrales nucléaires ici en Amérique va nous aider à garder notre leadership dans une technologie que nous avons inventée», a souligné Maria Korsnick, présidente du Nuclear Energy Institute à Washington.

«La prééminence de l'Amérique dans le secteur de l'énergie nucléaire rend notre pays plus sûr, car cela nous permet d'influencer et de contrôler comment cette technologie est utilisée dans le monde», a-t-elle ajouté.

Il y a actuellement 99 réacteurs nucléaires aux États-Unis qui génèrent environ 20% de l'électricité produite dans le pays. Mais en dehors du projet Vogtle, aucun autre n'est en construction et la dernière mise en service d'un réacteur neuf remonte à 2016.

«Étape importante»

L'administration Trump se montre beaucoup plus préoccupée de relancer le charbon que le nucléaire même si le secrétaire à l'Énergie, Rick Perry, a estimé que la décision concernant Vogtle «est une étape importante pour l'avenir d'une industrie nucléaire américaine propre et fiable».

L'industrie nucléaire américaine vient aussi de recevoir un mauvais coup avec la suppression dans la réforme fiscale de crédits d'impôts pour la mise en service de nouveaux réacteurs.

Pourtant, le nucléaire fait partie des énergies considérées comme propres, car il ne contribue pas au changement climatique. Mais son développement aux États-Unis a souffert de l'accident de la centrale de Three Mile Island en Pennsylvanie (est) en 1979. Aucun réacteur n'a été mis en service entre 1996 et 2016, l'essentiel des investissements remontant aux années 1970 et 1980.

Aujourd'hui, il n'assure que moins de 10% de la production d'énergie américaine, derrière le gaz naturel et le pétrole (autour de 30% chacun) et le charbon (environ 20%) même si le pays reste le premier au monde en termes de production d'énergie nucléaire.

La faillite en début d'année de l'un des principaux acteurs du secteur, Westinghouse, qui était passé sous le contrôle du japonais Toshiba, n'a pas arrangé les choses. C'est sa technologie AP1000 qui est utilisée pour la construction des deux nouvelles unités de la centrale de Vogtle.

Mauvaise réputation

S'il ne contribue pas au changement climatique, le nucléaire n'a pas bonne réputation auprès des défenseurs de l'environnement compte tenu de ses risques et du traitement de ses déchets.

L'ONG américaine Cleanenergy.org a ainsi regretté la décision de poursuivre la construction des deux réacteurs en Géorgie et en a dénoncé le coût.

«La Commission a approuvé une légère réduction des bénéfices que la compagnie gestionnaire pourra dégager de l'exploitation d'un projet mal géré qui a déjà cinq ans de retard sur le cahier des charges et dont le coût a doublé à plus de 27 milliards de dollars», a-t-elle relevé dans un communiqué.

«En tant que dernière centrale en construction, cela devrait être une leçon: ces installations nucléaires ne peuvent pas être construites en tenant compte des délais et du budget. Leur taille les expose à toutes les formes de corruption et de mauvaise gestion et nous devrons encore attendre longtemps avant de voir ce projet complété», a ajouté son responsable pour le sud des États-Unis, Stephen Smith.

Même écho au Sierra Club, l'une de principales organisations américaines de défense de l'environnement.

«Georgia Power devrait mettre fin à ce désastre immédiatement et sortir plutôt des énergies nucléaires et fossiles pour se diriger vers une énergie productrice d'électricité propre à 100% créatrice d'emplois, qui protège l'environnement et les gens contre les risques financiers associés à de mauvais paris comme Vogtle», a-t-elle affirmé dans un communiqué.




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