Washington désigne 39 sociétés russes à éviter sous peine de sanctions

Outre les constructeurs aéronautiques Sukhoï et Tupolev, la... (PHOTO ALEXANDER KOTS, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE)

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Outre les constructeurs aéronautiques Sukhoï et Tupolev, la liste comprend les principales agences de renseignement russe.

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Agence France-Presse

Sous la pression d'un Congrès américain impatient, l'administration Trump a publié vendredi avec retard une liste de 39 sociétés d'armement russes avec lesquelles il sera désormais interdit de commercer, selon une nouvelle loi américaine.

Le président Donald Trump s'était opposé à cette loi qui limite ses marges de manoeuvre et représente une irruption qu'il juge indue des parlementaires sur les plates-bandes de l'exécutif. Mais il l'avait promulguée avec réticence en août, après son adoption à une écrasante majorité par les parlementaires.

La loi imposait au département d'État de dresser dans les 60 jours une liste de sociétés liées à l'armée russe et aux services de renseignement de la Russie. Le ministère a finalement remis cette liste au Congrès jeudi, avec 25 jours de retard et l'a publiée vendredi sur son site.

Parmi ces sociétés liées à l'armée et aux agences de renseignement de Russie figurent des grands groupes exportateurs comme le marchand d'armes et de véhicules militaires Rosoboronexport et le célèbre fabriquant d'armes Kalachnikov, a annoncé le département d'Etat.

Toute société s'engageant dans des transactions «significatives» avec elles risquent des sanctions des États-Unis, conformément à une loi adoptée en juillet par le Congrès américain malgré l'opposition du président Donald Trump.

«L'objectif du Congrès et du gouvernement est d'utiliser l'article 231 de la loi pour répondre au comportement néfaste de la Russie en ce qui concerne la crise en Ukraine, les cyber-attaques et les violations des droits de l'homme», a indiqué un haut responsable du département d'Etat.

«Cet article vise les transactions significatives avec des personnes des secteurs de la Défense et du Renseignement russe, ce qui pourrait inclure la vente d'armement russe de haute technologie dans le monde», a ajouté ce responsable ayant requis l'anonymat.

Le secteur de l'armement est important pour l'économie russe, et ses clients comprennent des ennemis des États-Unis comme l'Iran et la Syrie, mais aussi des partenaires importants comme l'Inde.

Certains des principaux alliés des Etats-unis au Proche-Orient, comme la Turquie, envisagent d'acheter de l'armement russe, et des pays membres de l'OTAN, notamment certains États d'Europe de l'Est, utilisent encore de l'équipement russe datant de la Guerre froide.

Avions et hackers

Outre les constructeurs aéronautiques Sukhoï et Tupolev, la liste comprend les principales agences de renseignement russe --le FSB, héritier du KGB, le SVR (renseignement extérieur) et le GRU, services secrets de l'armée russe -- ainsi qu'une société moins connue, PO KSI, que les États-Unis accusent de former les hackers russes.

Plusieurs élus s'étaient plaints cette semaine des retards dans la publication de cette liste. Jeudi, le républicain Bob Corker, président de la Commission des affaires étrangères du Sénat, a salué cette publication.

«Le Congrès compte sur des consultations complètes et dans les délais jusqu'à l'application» de la loi, a prévenu M. Corker, qui ces dernières semaines s'est montré très critique de Donald Trump.

Les États-Unis ont déjà adopté des sanctions visant à punir Moscou pour l'annexion de la Crimée et son attitude en Ukraine, sur fond d'accusations d'ingérence russe dans l'élection présidentielle américaine et de soupçons de collusion entre l'équipe du candidat Trump et la Russie, ce que le président américain dément furieusement depuis.

Mais la nouvelle loi va plus loin car elle les grave dans le marbre: si Donald Trump a l'intention de les abroger, par exemple pour tenter de réchauffer ses relations avec le Kremlin, il devra consulter le Congrès américain.

Les responsables du département d'État qui ont présenté cette liste à la presse ont néanmoins assuré que le gouvernement coopèrerait avec le Congrès pour appliquer les sanctions.

«Sur la question de l'ingérence dans les élections, je pense que c'est très clair. La communauté du Renseignement a établi très clairement ce qu'était le problème», a indiqué l'un d'eux. «Nous mettrons en oeuvre énergiquement la loi sur les sanctions, conformément aux intentions du Congrès et aux faits qui ont conduit à cette loi, notamment l'ingérence dans nos élections».




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