Dans sa première intervention d'ex-président, Obama évite le sujet Trump

Barack Obama... (Photo Kamil Krzaczynski, REUTERS)

Agrandir

Barack Obama

Photo Kamil Krzaczynski, REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Nova Safo, Ivan Couronne
Agence France-Presse
Chicago et Washington

Après trois mois de vacances, l'ancien président américain Barack Obama est sorti de son silence lundi pour lancer la nouvelle phase de sa carrière: encourager une nouvelle génération d'Américains à s'engager en politique. Il n'a pas évoqué Donald Trump.

Accueilli par une ovation debout de près de 500 étudiants dans un auditorium de l'Université de Chicago, Barack Obama est apparu détendu et tout sourire, sans cravate, se permettant une plaisanterie en introduction: «Il s'est passé des choses en mon absence?»

Puis l'ancien président, âgé de 55 ans, a expliqué la cause qu'il avait choisie pour la suite de sa vie publique.

«La chose la plus importante que je puisse faire est d'aider à préparer la prochaine génération de leaders à prendre le relais pour tenter de changer le monde», a-t-il déclaré, avant d'animer une conversation avec six jeunes gens assis à ses côtés sur scène, principalement des lycéens et étudiants de Chicago.

M. Obama a déploré l'influence de l'argent et des groupes d'intérêts en politique, les redécoupages partisans des circonscriptions électorales ou encore la polarisation croissante des médias, regrettant que des gens se déclarent impuissants ou résignés.

«Notre taux de participation aux élections est l'un des plus bas de toutes les démocraties», a dit l'ancien président. «Les seuls à pouvoir résoudre ce problème ce sont les jeunes, la prochaine génération».

Il a déclaré vouloir prendre le problème à la source en abattant les obstacles à l'engagement politique. «Si on y parvient, tout se passera bien. Je suis toujours incroyablement optimiste», a-t-il insisté, interrogeant chaque étudiant sur leurs expériences et engagements, pendant plus d'une heure.

Aux jeunes qui l'écoutaient, il a aussi glissé ce conseil: «Soyez un peu plus circonspects avec vos égoportraits et vos photos», plaisantant sur le fait qu'il n'aurait peut-être pas été élu président si des photos existaient de sa période de lycée, quand il fumait du cannabis.

Fondation Obama

Ce faisant, il n'a pas prononcé une parole sur son successeur, même de manière détournée, et aucune question ne lui a été posée sur le nouveau locataire de la Maison-Blanche.

Taylor Docking, 25 ans, s'est dit «un peu» déçu qu'il n'ait pas parlé de Donald Trump.

Également présente dans la salle, Adele Bradley, étudiante en finances, ne veut pas «qu'il s'efface de la scène publique». «J'avais peur de ne plus entendre parler de lui après 2016», confie-t-elle.

Le prédécesseur de Donald Trump n'avait fait aucun discours ni donné aucune interview depuis son départ de la Maison-Blanche le 20 janvier.

Il a écrit une dizaine de tweets et quelques communiqués, notamment pour défendre sa grande loi sur la santé, menacée par les républicains, et pour réfuter les allégations de son successeur sur une mise sur écoute de la Trump Tower pendant la campagne électorale. Mais il s'est abstenu de tout commentaire direct sur l'action du milliardaire républicain.

La jeunesse et la citoyenneté sont au coeur du projet de la Fondation Obama, qui sera implantée dans le quartier sud de Chicago, où M. Obama a commencé sa carrière comme militant associatif.

Le futur «Centre présidentiel Barack Obama», pas encore construit, mais dont le site est choisi, abritera notamment une bibliothèque et les bureaux de la fondation. Les archives de l'administration du 44e président des États-Unis y seront entreposées, indexées et progressivement déclassifiées.

Dimanche, il a rencontré lors d'une réunion privée de jeunes hommes du South Side, la plupart noirs et anciens délinquants, pour parler de la violence des gangs, d'emploi et de réinsertion.

Les Obama louent une maison à Washington, où l'une de leurs deux filles reste inscrite au lycée.

Depuis fin janvier, on a vu l'ancien président démocrate faire du kite surf avec Richard Branson, le PDG de Virgin, sur son île des Îles Vierges britanniques, puis en Polynésie française pendant près d'un mois, selon la chaîne locale TNTV.

Il doit participer le 25 mai à une conversation publique sur la démocratie avec la chancelière Angela Merkel à Berlin, à la porte de Brandebourg, à l'occasion du 500e anniversaire de la Réforme protestante.




publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer