Trump cherche toujours son chef de la diplomatie

Le patron de Exxon Mobil, Rex Tillerson, se... (photo Jon Gambrell, archives AP)

Agrandir

Le patron de Exxon Mobil, Rex Tillerson, se rendra mardi à la Trump Tower. Il pourrait être l'un des patrons à rejoindre l'équipe gouvernementale du milliardaire.

photo Jon Gambrell, archives AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Ivan Couronne
Agence France-Presse
WASHINGTON

Le suspense se poursuivait lundi sur la personnalité que choisira Donald Trump pour représenter les États-Unis dans le monde, un poste exigeant et dans l'ombre permanente du futur président, dont les récentes saillies sur Twitter rompent avec tous les codes diplomatiques.

Donald Trump a nommé à ce jour 12 membres de sa future équipe, notamment Défense, Justice, Trésor, CIA, ONU, Santé et Commerce: un rythme plus rapide que pour ses prédécesseurs.

«Des décisions ont été prises aujourd'hui et seront rendues publiques dans les prochains jours», a dit en fin de journée le futur vice-président, Mike Pence.

Alors que le cercle de finalistes pour le poste de secrétaire d'État avait un temps paru se resserrer, une nouvelle escouade de candidats s'est manifestée, dont certains à la notoriété faible, mais réputés «Trumpo-compatibles».

Jusqu'à présent, les favoris étaient l'ex-maire de New York Rudy Giuliani et l'ancien candidat à la présidentielle Mitt Romney.

La publicité donnée à ces auditions semble être une volonté délibérée de Donald Trump, passé maître dans l'art d'entretenir le suspense médiatique: ainsi, son équipe de transition annonce chaque matin la liste des rendez-vous du milliardaire, qui reçoit dans la tour new-yorkaise où il réside et travaille.

Il a invité mardi dernier la presse à le photographier dînant en compagnie de son ex-contempteur Mitt Romney à New York. Et les candidats s'expriment ouvertement à la télévision, notamment sur Fox News, chaîne surveillée de près par Donald Trump.

Ce week-end, le nom du républicain Dana Rohrabacher s'est ajouté à la liste des prétendants, selon le Washington Examiner, dans un éventuel «ticket» avec le néoconservateur John Bolton, qui contrairement à MM. Rohrabacher et Trump est fermement opposé à la Russie.

Également en lice: Jon Huntsman, ancien ambassadeur en Chine, et le PDG d'Exxon Mobil, Rex Tillerson, attendu mardi à New York. Il pourrait être l'un des grands patrons à rejoindre l'équipe gouvernementale du magnat, qui a promis de «curer le marigot» de Washington en recrutant hors des élites politiques traditionnelles.

Même l'ancien général James Stavridis, qu'Hillary Clinton avait envisagé comme vice-président, viendra voir Donald Trump jeudi à la demande du républicain, a confirmé la porte-parole du général.

Pékin visé

Pour l'instant, le 45e président américain a jonglé entre des nominations de fidèles et de «durs», notamment au conseil de sécurité nationale (Michael Flynn), et des personnalités plus consensuelles, comme le général à la retraite James Mattis à la Défense ou la gouverneure Nikki Haley à l'ONU.

Comme promis, ses consultations sont larges et incluent la société civile, des chefs d'entreprises et même des démocrates.

Il a par exemple rencontré lundi Al Gore, ancien vice-président de Bill Clinton et champion de la lutte contre le changement climatique, concrétisant sa promesse de garder l'esprit ouvert sur ce sujet brûlant alors que le reste du monde craint qu'il n'annule l'accord de Paris de 2015.

Le futur président républicain a nommé lundi un ex-rival des primaires puis fidèle soutien, le neurochirurgien à la retraite Ben Carson, ministre du Logement.

Mais c'est bien la nomination du prochain chef de la diplomatie qui est la plus attendue.

Cet homme, car aucune femme ne semble à ce jour tenir la corde, devra s'accommoder du plaisir pris par Donald Trump à s'affranchir des usages diplomatiques.

Le milliardaire a ainsi, en un coup de fil et quelques tweets, tendu la relation avec la Chine qu'il a constamment accusée durant la campagne de piller l'économie américaine.

Il a d'abord accepté un appel de félicitations de la dirigeante taïwanaise Tsai Ing-wen, alors que Washington ne reconnaît officiellement que le gouvernement chinois de Pékin depuis 1979. Puis il a vivement critiqué dimanche sur Twitter les politiques monétaire et de défense de Pékin.

«Il est difficile de déterminer avec exactitude ce qu'était l'objectif du président élu», a diplomatiquement commenté lundi Josh Earnest, porte-parole de la Maison-Blanche, à propos de l'appel.

Le département d'État a pour sa part reconnu que son ambassadeur à Pékin, Max Baucus, avait dû s'en expliquer avec le vice-ministre des Affaires étrangères chinois. «Nous restons fermement attachés à la politique de la Chine unique», a martelé à Washington Mark Toner, porte-parole de la diplomatie jusqu'au 20 janvier.




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer