Trump continue de recruter et critique la Chine

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La conseillère de Donald Trump, Kellyanne Conway, a dit que les gens ne devraient pas «surinterpréter» certaines déclarations de son patron.

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Laurent BARTHELEMY
Agence France-Presse
Washington

Donald Trump repartira dès lundi à la recherche du futur chef de sa diplomatie, mais multiplie en attendant les commentaires acerbes sur l'une des grandes puissances mondiales, la Chine.

Le président élu américain a montré une nouvelle fois dimanche soir son peu de respect pour les usages diplomatiques habituels en se lançant dans une critique de la politique des changes et de la politique militaire de Pékin sur Twitter.

«Est-ce que la Chine nous a demandé si c'était OK de dévaluer leur monnaie (ce qui complique la tâche de nos entreprises pour être compétitives), de lourdement taxer nos produits importés dans leur pays (les États-Unis ne les taxent pas) ou de bâtir un vaste complexe militaire en mer de Chine du sud? Je ne crois pas!», peut-on lire dans les deux tweets du président élu.

Donald Trump avait déjà vendredi provoqué les critiques de la Chine en acceptant de recevoir un appel de la présidente taïwanaise Tsai Ing-wen, en rupture avec 40 ans de politique étrangère américaine.

Les États-Unis ne reconnaissent officiellement qu'une seule Chine, celle de Pékin.

En tout cas, si Donald Trump peut surprendre et agacer, il séduit et attire aussi, et n'a pas de mal à trouver des personnalités désireuses de l'aider, a affirmé sa proche conseillère Kellyanne Conway en arrivant dimanche matin au QG de la Trump Tower à New York.

Il a d'ailleurs «élargi sa recherche» en ce qui concerne le futur secrétaire d'État, a indiqué Mme Conway.

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Jon Huntsman

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Elle n'a pas cité de noms, mais la presse américaine a évoqué celui de Jon Huntsman, ancien gouverneur de l'Utah et surtout ambassadeur en Chine de 2009 à 2011. Le nom de Rex Tillerson, l'actuel patron du plus grand groupe pétrolier du monde d'ExxonMobil, est également avancé.

Les cinq prétendants déjà connus, dont les noms ont été confirmés dimanche par le futur vice-président Mike Pence, sont l'ancien maire de New York Rudy Giuliani, l'ancien candidat à la présidentielle Mitt Romney, l'ancien directeur de la CIA le général David Petraeus, le sénateur Bob Corker, et l'ancien ambassadeur à l'ONU John Bolton.

«Ne pas surinterpréter»  

Quel que soit le candidat retenu pour le département d'État, il aura en tout cas à appliquer la diplomatie d'un président qui ne s'en soucie guère - au moins au sens traditionnel du terme.

Ce qui le conduira sûrement plus souvent qu'à son tour à arrondir les angles et à rectifier subtilement le tir, sans paraître contredire l'hôte de la Maison-Blanche.

Mike Pence et Kellyanne Conway se sont livrés à ce délicat exercice dimanche à propos de la conversation avec la présidente taïwanaise.

Il ne s'agissait de «rien de plus» qu'une conversation de courtoisie, a souligné Mike Pence.

«À ce stade, ce n'était qu'un coup de fil (...) Quand il aura été investi comme commandant en chef, il exposera clairement la totalité de ses intentions. Les gens ne devraient pas surinterpréter la chose», a déclaré Kellyanne Conway.

Depuis 40 ans, Washington soutient toujours la politique d'«une seule Chine», qui l'a conduit à rompre ses relations diplomatiques avec Taïwan, l'île de facto séparée de la Chine et dotée d'un gouvernement indépendant depuis 1949.

«Vous avez été prévenues»

Mais M. Trump a violemment critiqué Pékin tout au long de sa campagne électorale, l'accusant de manipuler sa monnaie pour stimuler ses exportations et ainsi de faire une concurrence déloyale aux entreprises américaines.

Tous les candidats au poste de chef de la diplomatie «doivent comprendre que leur première responsabilité (...) sera d'appliquer et d'adhérer à «l'Amérique d'abord»», la future politique étrangère de Donald Trump, a dit Kellyanne Conway.

Le week-end aura en toutefois confirmé s'il en était besoin que M. Trump n'est pas prêt de renoncer aux tweets, qui lui permettent de marteler ses positions pour défendre «l'Amérique d'abord».

«Je vous en prie, vous avez été prévenues avant de faire une erreur très coûteuse! ON PEUT FAIRE DES AFFAIRES AUX ÉTATS-UNIS», a tweeté dimanche aux aurores le président élu à l'attention des entreprises américaines tentées par les délocalisations.

«Les États-Unis vont nettement réduire les impôts et la règlementation des entreprises, mais une entreprise qui quitte notre pays pour un autre pays, licencie ses employés, construit une nouvelle usine ou installation dans un autre pays, et pense ensuite pouvoir vendre ces produits aux États-Unis sans être punie se TROMPE!», a menacé M. Trump.




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