Obama espère que Trump «tiendra tête» à la Russie

Le président américain Barack Obama prend la parole... (photo Kevin Lamarque, REUTERS)

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Le président américain Barack Obama prend la parole durant une conférence de presse avec la chancelière allemande Angela Merkel à Berlin, le 17 novembre.

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Deborah COLE, Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
BERLIN

Le président américain Barack Obama a appelé jeudi son successeur désigné Donald Trump à « tenir tête » à la Russie, tout en se disant « prudemment optimiste » quant à la capacité du virulent milliardaire à se montrer à la hauteur.

Il a aussi, lors de son ultime déplacement à Berlin, rendu un hommage très appuyé à Angela Merkel que ses partisans voient comme la porte-étendard des valeurs démocratiques occidentales, le futur président américain ayant multiplié les sorties controversées sur les principes de l'État de droit, les femmes et les minorités.

« J'espère que le président désigné aura la volonté de tenir tête à la Russie lorsqu'elle ne respecte pas nos valeurs et les normes internationales », a déclaré M. Obama lors de sa conférence de presse avec Mme Merkel, alors que M. Trump et le président russe Vladimir Poutine ont multiplié les compliments réciproques.

« Mon espoir est qu'il ne prenne pas une approche de «Realpolitik» », passant par des « deals avec la Russie » qui l'« arrangent » sur le moment, mais provoquent des dégâts collatéraux importants.

M. Obama a cité la « violation des normes internationales », le risque de rendre « des pays plus petits vulnérables » ou de créer « des problèmes sur le long terme dans des régions comme la Syrie ». Il a aussi appelé au maintien des sanctions au sujet de l'Ukraine, jusqu'à ce que l'accord de paix de Minsk soit appliqué.

Mais le président sortant a admis ne pas pouvoir prédire le comportement de son successeur dont les intentions réelles restent largement inconnues, espérant avoir plus de clarté « à mesure que le président désigné composera son équipe ».

Barack Obama et Angela Merkel.... (Photo John MacDougall, Agence France-Presse) - image 2.0

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Barack Obama et Angela Merkel.

Photo John MacDougall, Agence France-Presse

Merkel, « une dure »

Néanmoins, M. Obama, qui a dressé un bilan assez sombre de l'évolution du monde, a voulu insuffler un peu d'espoir face à l'arrivée de Donald Trump.

« Je suis prudemment optimiste concernant mon successeur (...) il y a quelque chose, du fait de la responsabilité solennelle de cette fonction, qui vous force à vous concentrer, qui appelle au sérieux », a-t-il dit. « Je pense que le président désigné va comprendre assez vite ».

M. Obama a par ailleurs clairement adoubé Angela Merkel, « une partenaire extraordinaire », laissant même entendre qu'il souhaitait sa candidature à un quatrième mandat après les législatives de septembre 2017.

« Si j'étais ici, si j'étais Allemand et si je votais, je pourrais la soutenir ».

Interrogé sur le poids de la responsabilité que Mme Merkel devra assumer face à Donald Trump, le président a lâché « j'aimerais pouvoir alléger son fardeau, mais c'est une dure ».

Mme Merkel, dont la déclaration de candidature à un quatrième mandat est attendue dans les jours à venir, a déjà signifié au milliardaire américain l'importance du respect des valeurs démocratiques et de la tolérance.

Évitant soigneusement une attaque frontale, elle a souligné néanmoins ne pas être seule pour défendre ces principes.

« Il y en a beaucoup d'autres fort heureusement qui se sont fixés les mêmes objectifs », a-t-elle dit.

Angela Merkel et Barack Obama ont développé en huit ans une relation étroite qui a survécu au scandale en 2013 portant sur l'espionnage du téléphone portable de la chancelière par son allié ou aux divergences sur la manière de traiter la crise de la dette en Grèce.

TTIP enterré

Prenant à revers le discours isolationniste du futur président, M. Obama et Mme Merkel ont défendu le lien transatlantique et le libre-échange, la chancelière soulignant de nouveau qu'il n'y avait « pas de retour possible au temps d'avant la mondialisation ».

Mais la chancelière a aussi admis que son projet de zone de libre-échange transatlantique avait vécu, même si elle espère « y revenir un jour ».

L'accord TTIP était déjà très critiqué en Europe et l'élection de Donald Trump, porteur d'un discours protectionniste, condamne de facto ces négociations.

Signe du poids pris par l'Allemagne, c'est aussi à Berlin que Barack Obama fera ses adieux vendredi aux dirigeants britannique, espagnol, italien et français, Theresa May, Mariano Rajoy, Matteo Renzi et François Hollande, tous conviés à se joindre au duo.

Tous sont dans l'expectative quant aux intentions de Donald Trump dont la victoire a galvanisé les partis populistes déjà en plein essor en Europe.

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