Marins américains détenus en Iran: l'US Navy reconnaît des négligences

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Une capture d'écran d'un média iranien montre des marins américains détenus par des Gardiens de la révolution.

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Laurent BARTHELEMY
Agence France-Presse
WASHINGTON

La marine américaine a reconnu jeudi avoir identifié des négligences ayant conduit à un incident avec l'Iran en janvier dans le Golfe, tout en dénonçant une réaction excessive et illégale de Téhéran qui avait brièvement détenu dix marins.

L'US Navy a indiqué que neuf personnes avaient été ou allaient être sanctionnées dans cette affaire, dont les deux capitaines des deux bateaux de 18 mètres impliqués, et leurs supérieurs hiérarchiques.

Le 12 janvier, à quelques jours de l'entrée en vigueur attendue de l'accord historique sur le nucléaire iranien, deux bateaux militaires américains avaient été interceptés par les Gardiens de la Révolution iraniens après la panne de l'un d'entre eux dans les eaux territoriales de l'île Farsi, une île iranienne.

D'intenses contacts diplomatiques entre l'Iran et les États-Unis avaient abouti à la libération des dix membres d'équipage en un peu moins de 24 heures.

Soucieux dans un premier temps de ne pas envenimer l'affaire du fait du contexte diplomatique, les États-Unis avaient plus tard dénoncé le traitement « scandaleux, non professionnel et non conforme aux lois internationales de l'Iran ».

Les médias iraniens - et certains médias américains - avaient diffusé des images humiliantes des marins américains, les montrant à genoux sur les bateaux, les mains sur la tête.

Pour l'amiral John Richardson, chef de la marine américaine, « l'Iran a enfreint le droit international en s'opposant au "droit de passage innocent" » des deux bateaux dans les eaux territoriales de l'île Farsi.

Les Gardiens de la Révolution ont « violé l'immunité » dont bénéficiaient les bateaux de guerre en les « abordant, fouillant et saisissant », a-t-il estimé dans une conférence de presse au Pentagone.

Lorsqu'un bateau pénètre sans raison valable dans les eaux territoriales d'un pays, la réaction normale est « d'exiger » son retour vers les eaux internationales, pas de l'intercepter, estime le rapport de la Navy.

Mais il montre aussi qu'une série de négligences et d'erreurs de commandement ont conduit les deux bateaux américains à pénétrer involontairement dans les eaux territoriales de l'île Farsi.

Sans regarder de carte papier

Leur mission de transit de 259 milles nautiques (480 kilomètres) entre le Koweït et Bahreïn avait été préparée à la hâte.

Les équipages n'avaient pas consulté de carte papier, se fiant uniquement à leur système de navigation électronique GPS, et n'avaient donc pas connaissance de la présence de l'île Farsi.

Quand l'un des bateaux est tombé en panne près de l'île, les marins « ne se sont pas inquiétés, n'étant pas au courant que l'île était iranienne », relève le rapport. Après leur capture, les Américains ont continué de commettre des erreurs, poursuit-il.

Ainsi l'un des capitaines a-t-il accepté de lire face à une caméra iranienne un message d'excuses, « alors même qu'il n'y avait pas d'arme pointée sur lui et qu'il n'était pas menacé », souligne le rapport.

Les Iraniens lui avaient simplement dit qu'il devait lire ce document pour que les équipages soient libérés.

Mais d'une manière générale, les erreurs des équipages sont liées à celles de leurs responsables hiérarchiques, selon le rapport. Ceux-ci « avaient confié à leurs subordonnés des tâches inappropriées outrepassant leurs capacités et leurs limites ».

Trois de ces responsables ont été relevés de leur commandement, fait savoir le document, pointant également des problèmes de maintenance des bateaux pendant leur séjour au Koweït.

Pour que l'un des bateaux soit prêt à temps pour sa traversée, l'équipage avait dû avoir recours à la pratique de « cannibalisation », c'est-à-dire à prendre une pièce détachée sur un autre bateau ce qui est un procédé interdit en principe dans l'US Navy.

« La marine prend des mesures à tous les niveaux de sa chaîne de commandement pour remédier aux déficiences observées, et s'assurer que cet évènement ne se reproduira jamais », a indiqué l'amiral Richardson.

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