À Flint, Obama boit de l'eau et tance les républicains

Réclamant un verre d'eau au milieu de son... (PHOTO AP)

Agrandir

Réclamant un verre d'eau au milieu de son discours, Barack Obama l'a bu sous l'oeil attentif de la foule et des photographes, rappelant le verdict des autorités sanitaires: lorsqu'elle a été filtrée, l'eau de la ville est sans danger.

PHOTO AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
Flint

Il a bu de l'eau, tenté de rassurer mais aussi profité de l'occasion pour tancer ses adversaires républicains: le président américain Barack Obama s'est rendu mercredi à Flint, petite ville du Michigan secouée par un énorme scandale sanitaire lié à la contamination de l'eau au plomb.

«Je sais que nombre d'entre vous se sont sentis abandonnés. Je suis venu pour vous assurer de mon soutien», a lancé M. Obama devant un millier de personnes rassemblées dans un lycée de cette ancienne cité industrielle, devenue le symbole de la rapide dégradation des infrastructures dans nombre de zones urbaines des États-Unis mais aussi des injustices profondes de la société américaine.

Mais à six mois de l'élection qui désignera son successeur, le président démocrate a aussi, en évoquant ce «désastre d'origine humaine qui aurait pu être évité», lancé de virulentes attaques contre ceux de ses adversaires qui assurent que «moins de gouvernement est une bonne chose, quoi qu'il arrive» et réclament sans relâche une baisse des dépenses fédérales.

Dénonçant «le mythe selon lequel le gouvernement est toujours l'ennemi», M. Obama a longuement énuméré les impacts néfastes du sous-investissement, que ce soit sur les canalisations, les routes, les voies ferrées, les écoles.

«Il ne suffit pas de régler la question de l'eau. Il faut s'attaquer à une mentalité de la négligence (...), une mentalité qui rend les gens si cyniques sur notre gouvernement», a-t-il ajouté.

L'économie de marché est essentielle «mais les entreprises ne vont pas investir dans une ville où les infrastructures sont endommagées (...), où il n'y a pas d'eau potable», a-t-il martelé.

L'homme d'affaires Donald Trump, qui portera les couleurs républicaines lors du scrutin du 8 novembre, a notamment promis de sabrer les fonds de la puissante Agence de protection de l'environnement, jugeant qu'elle était «la risée du monde». «Ce qu'ils font est une honte», affirmait-il en début d'année.

Réclamant un verre d'eau au milieu de son discours, M. Obama l'a bu sous l'oeil attentif de la foule et des photographes, rappelant le verdict des autorités sanitaires: lorsqu'elle a été filtrée, l'eau de la ville est sans danger. L'eau en bouteille reste toutefois recommandée pour les enfants de moins de six ans et les femmes enceintes.

Cependant, a-t-il aussi souligné, cette solution temporaire ne doit pas faire oublier que nombre de conduites d'eau en plomb de la ville devront être remplacées: «Cela pourra pendre un an, peut-être deux ans, peut-être plus», a-t-il mis en garde à l'issue d'une rencontre avec les autorités locales.

«Problème plus vaste»

«Nous avons un défi à court terme: l'eau. Mais nous avons aussi un défi à long terme: s'assurer que la ville de Flint puisse réussir. Les problèmes liés à l'eau sont le symptôme d'un problème plus vaste, le fait que la ville a perdu énormément de ressources», a-t-il estimé.

Mardi, des experts de l'ONU étaient montés au créneau pour rappeler que le scandale de Flint, où 57% des 100 000 habitants sont Noirs et plus d'un tiers vivent sous le seuil de pauvreté, n'était pas qu'une affaire d'accès à l'eau mais aussi de respect des droits de l'homme.

«Les décisions n'auraient jamais été prises de façon aussi cavalière si les populations touchées avaient été aisées et majoritairement blanches», a souligné Philip Alston, rapporteur spécial de l'ONU pour la pauvreté extrême et les droits de l'homme.

«Les élus auraient été beaucoup plus prudents, il y aurait eu une réponse plus rapide face aux réclamations», a-t-il insisté dans un communiqué publié depuis Genève.

Flint recevait son eau potable du lac Huron, par Detroit, jusqu'en avril 2014, quand les services du gouverneur républicain Rick Snyder ont décidé d'alimenter Flint en eau de la rivière locale, pourtant acide.

Il est désormais établi qu'environ 100 dollars par jour auraient permis d'ajouter des produits anticorrosion préservant le réseau de distribution. Cela n'a pas été fait, par souci d'économie dérisoire. Résultat, l'eau a rongé les conduites, libérant le plomb qui les compose.

Jusqu'à la révélation du scandale mi-2015, les citoyens de Flint ont bu une eau gravement contaminée au plomb, qui peut perturber le développement psychomoteur des enfants et être à l'origine de maladies graves.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer