Washington poursuit la ville de Ferguson, rétive à reformer sa police

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La procureure générale Loretta Lynch lors de la conférence de presse du Département de Justice, mercredi, annonçant la poursuite contre la ville de Ferguson.

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Agence France-Presse
CHICAGO

Le ministère américain de la Justice va engager des poursuites contre la ville de Ferguson, dont les élus rechignent à entreprendre les réformes de la police exigées après la mort de Michael Brown, un jeune Noir abattu en 2014 par un policier blanc.

« Je suis profondément déçue », a affirmé la ministre de la Justice Loretta Lynch. « La ville de Ferguson avait une vraie opportunité de faire un pas en avant et au lieu de cela, ils ont choisi de reculer », a-t-elle déclaré devant des journalistes.

La mort, en août 2014 d'un jeune Noir, Michael Brown, abattu par un policier blanc alors qu'il n'était pas armé, avait déclenché de violentes manifestations dans cette ville du Missouri et un débat national sur l'usage excessif de la force par les policiers.

La ville de Ferguson avait par la suite reçu ordre de réformer son système de police et de justice après une enquête fédérale qui dressait un portrait accablant des forces de l'ordre, accusées de racisme, de harcèlement contre les Noirs ou de brutalités gratuites.

Les policiers de cette banlieue de Saint-Louis de 21 000 habitants contrôlaient « systématiquement » des automobilistes sans raisons apparentes, arrêtaient des personnes sans motif et faisaient un usage « excessif de la force », a insisté Mme Lynch.

« Ils prenaient des décisions en fonction de la façon dont les personnes s'expriment et faisaient monter la pression de façon inutile dans des situations qui n'étaient pas menaçantes », a-t-elle ajouté.

Ces agents étaient poussés par « des préjugés racistes » et « encouragés par la ville dans l'intérêt d'engendrer des revenus », a-t-elle encore expliqué.

Après 26 semaines de « rigoureuses négociations », des responsables de Ferguson avaient signé un décret de consentement de 131 pages détaillant les réformes nécessaires.

Mais les membres du Conseil municipal ont voté mardi soir, décidant d'envoyer à nouveau des émissaires à la table des négociations dans l'espoir de minimiser d'éventuelles dépenses.

« La ville était bien consciente qu'en décidant de ne pas accepter, elle choisissait la voie du procès. C'est leur choix », a asséné Mme Lynch.

Selon elle, le ministère s'est montré « sensible à la question des coûts » et a offert des formations gratuites et une assistance technique à la ville de Ferguson, pour mettre en place les réformes et éviter des poursuites onéreuses.

« Nous pensons que chaque citoyen se voit garanti à la naissance le droit de ne pas subir l'usage excessif de la force et la liberté de ne pas subir des discriminations policières », a martelé Loretta Lynch.

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