Marco Rubio, l'autre vainqueur républicain de l'Iowa

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Le sénateur de Floride a pris la troisième place (23 %), derrière Ted Cruz (27 %) et en s'approchant tout près de Donald Trump (24 %).

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
DES MOINES

Ses adversaires le traitent d'Obama républicain, pour son âge, 44 ans, sa tête de jeune premier et son talent d'orateur. Mais les électeurs américains semblent admiratifs, au moins dans l'Iowa, où Marco Rubio a réussi un joli coup lundi soir lors des «caucus» républicains.

Le sénateur de Floride a pris la troisième place (23 %), derrière Ted Cruz (27 %) et en s'approchant tout près de Donald Trump (24 %), selon des résultats préliminaires.

Rubio a réussi un coup qui rappelle son élection au Sénat en 2010. Alors élu local, il avait défié aux primaires le candidat naturel du parti, le puissant gouverneur en place Charlie Crist, et était parti de zéro dans les sondages. Infatigable, il était progressivement monté, conquérant les coeurs des électeurs républicains en quête d'une tête nouvelle et bien faite pour muscler l'opposition à Barack Obama.

Enfant, le jeune Marco disait à son grand-père exilé cubain qu'un jour il renverserait Fidel Castro et deviendrait président de Cuba.

Marco Rubio est né à Miami le 28 mai 1971, de parents cubains émigrés 15 ans auparavant pour fuir la pauvreté. Après l'arrivée au pouvoir de Fidel Castro en 1959, sa famille décide de ne plus revenir sur l'île, que Marco Rubio n'a jamais connue.

Une histoire familiale qu'il cite invariablement, discours après discours, persuadé d'incarner le «rêve américain» de générations d'exilés venus chercher une vie meilleure en Amérique.

«Je suis le fils d'immigrés, exilés d'un pays en proie aux troubles. Ils m'ont donné tout ce qu'ils pouvaient me donner. Et je suis la preuve que leurs vies ont compté, et que leur existence avait un but», écrit-il dans son autobiographie, «Un fils américain», publiée en 2012.

Symboliquement, il a déclaré sa candidature en avril 2015 depuis la Freedom Tower, à Miami, par où sont passés nombre d'exilés cubains dans les années 1960.

Anti-Castro

Fils d'un barman d'hôtel et d'une femme de chambre, Marco Rubio a grandi dans la communauté cubaine de Miami, avec un passage de cinq ans à Las Vegas où la famille se convertit temporairement au mormonisme, avant de revenir au catholicisme.

Très influencé par son grand-père cubain, fumeur invétéré de cigares, il se passionne pour la politique. Il est partisan de Ted Kennedy avant le coup de foudre Ronald Reagan.

Les Américains le découvrent en 2010 lors de son élection fracassante au Sénat. Mais il est de ceux dont on disait, jeunes, qu'ils deviendraient un jour président. Le premier président hispanique.

Deux ans seulement après son diplôme d'avocat, il est élu en 1998 au conseil municipal de West Miami. Un an plus tard, à la Chambre des représentants de Floride, qu'il préside de 2006 à 2008, alors que Jeb Bush, de 18 ans son aîné, est gouverneur de l'État.

Il a tout pour plaire: une bouille juvénile malgré un début de calvitie, un élégant sens de la répartie, un sourire angélique, la rhétorique facile malgré un débit de mitraillette. Il casse le cliché du conservateur traditionnel: il va à la messe avec sa femme Jeanette et ses quatre enfants, mais écoute depuis son adolescence les rappeurs Grandmaster Flash et Tupac. Il est bilingue anglais-espagnol, un atout pour le parti républicain, délaissé par les électeurs hispaniques.

À son arrivée à Washington, les conservateurs traumatisés par l'élection de Barack Obama croient avoir trouvé leur sauveur. Jeb Bush lui-même dresse son portrait dans le numéro spécial de Time sur les 100 personnes les plus influentes de 2012: «Je savais que Marco Rubio avait quelque chose de spécial quand je l'ai rencontré, lorsqu'il n'était qu'un jeune conseiller municipal républicain».

Jeb Bush pousse aussi son ex-protégé pour la place de candidat à la vice-présidence en 2012. «Il a plus d'expérience que Barack Obama n'en avait quand il s'est présenté. Il a absolument la sagacité et la force d'âme pour être un bon président».

Mais sa cote dégringole en 2013, quand il pousse une réforme ambitieuse, mais ratée, des lois sur l'immigration, qui aurait conduit à la régularisation de millions de sans-papiers.

Le sénateur tente depuis de remonter la pente et a retourné sa veste sur l'immigration, forçant le trait conservateur sur tous les sujets, notamment les affaires étrangères.

Plutôt interventionniste, il milite pour une présence forte des États-Unis dans le monde et a soutenu l'intervention en Libye, avant d'appeler à armer les rebelles syriens modérés. Il aurait approuvé l'intervention au Kosovo en 1999, a-t-il aussi dit à l'AFP.

Et, fervent anticastriste, il mène la résistance au Sénat contre le rapprochement engagé par Barack Obama avec l'île de ses ancêtres.

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