Mobilisation de la dernière chance pour un condamné à mort

Richard Masterson... (PHOTO AP)

Agrandir

Richard Masterson

PHOTO AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
Washington

Les avocats d'un homme censé être exécuté mercredi au Texas ont introduit un recours de la dernière chance, convaincus de son innocence, le pape François ayant de son côté apporté son soutien au condamné à mort.

Richard Masterson, 43 ans, a été reconnu coupable d'avoir étranglé Darin Honeycutt, un travesti, en 2001 à Houston.

Niant ce meurtre, il affirme que la victime est décédée d'un arrêt cardiaque au cours d'une relation sexuelle consentie.

Selon lui, M. Honeycutt lui avait demandé de lui serrer le cou pour lui causer une asphyxie érotique, une pratique consistant à priver d'oxygène le cerveau d'un partenaire pour décupler son orgasme.

Vendredi dernier, la Commission des grâces et libérations conditionnelles du Texas a refusé d'accorder un dernier sursis au condamné, qui doit recevoir mercredi une injection létale, devenant la deuxième personne exécutée aux États-Unis en 2016.

L'avocat de M. Masterson a donc saisi en ultime recours la Cour suprême des États-Unis, affirmant que l'autopsie de M. Honeycutt était entachée de graves irrégularités et que d'anciens aveux du condamné, toxicomane et plongé dans une dépression suicidaire en raison de son incarcération, n'étaient pas valables.

«J'ai saisi la Cour suprême aux motifs que premièrement M. Masterson est innocent, deuxièmement l'État (du Texas) a effacé des preuves de l'innocence de M. Masterson et troisièmement les précédents avocats de M. Masterson, par incompétence, n'ont pas relevé les preuves de son innocence», a déclaré à l'AFP Gregory Gardner, l'avocat du condamné.

Dans son recours, la défense de Richard Masterson fait valoir que la technique d'asphyxie érotique «est très risquée, de nombreuses personnes ayant perdu la vie en la pratiquant, parmi lesquelles (les acteurs américains) David Carradine et Albert Dekker, ainsi que (le responsable politique britannique) Stephen Milligan».

Le pape François, grand opposant de la peine de mort, suit de près le sort de Richard Masterson, a indiqué lundi dans une conférence de presse le cardinal autrichien Christoph Schönborn.

«Cela fait 12 ans que Richard attend son exécution», a déclaré le cardinal Schönborn. «C'est effrayant», a-t-il ajouté dans des déclarations retransmises par Radio Vatican.

«J'ai de gros doutes sur la culpabilité de Richard», a de son côté confié Helen Prejean, une religieuse catholique bien connue aux États-Unis pour son combat contre la peine de mort.

Dans un discours historique prononcé au Congrès à Washington lors de son voyage en septembre dernier aux États-Unis, le pape avait affirmé sa ferme opposition à la peine capitale.

Les États-Unis ont exécuté 28 personnes en 2015, le chiffre le plus bas depuis 1991, selon le Centre d'information sur la peine capitale (DPIC).

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer