Chicago: «Les policiers ont abandonné leurs concitoyens»

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Les frères de Bettie Jones, Melvin et Robin Andrews, se font une accolade à la suite de son décès accidentel survenu le 26 décembre, à Chicago.

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Michael Tarm
Associated Press
CHICAGO

Les proches de deux personnes tuées par la police de Chicago sentent que les policiers ont abandonné leurs concitoyens, ont-ils déclaré dimanche en conférence de presse.

Un policier de Chicago répondant à un appel d'urgence au sujet d'une querelle familiale a accidentellement abattu une femme de 55 ans, a reconnu dimanche le service de police de la ville.

Betty Jones vivait dans l'appartement en-dessous de celui du père de Quintonio LeGrier, un jeune homme de 19 ans dont le comportement violent est à l'origine de l'appel d'urgence et qui a aussi été tué par balles vers 4 h 25 samedi dans un quartier du West Side. Les agents qui se sont présentés sur les lieux ont été confrontés à un individu agressif, ce qui a poussé un policier à décharger son arme, a indiqué la police de Chicago dans un bref communiqué publié samedi soir.

La femme de 55 ans a été accidentellement atteinte et tuée, selon le communiqué, qui se termine sur les condoléances offertes par le corps policier à la famille de Mme Jones.

Le père de Quintonio LeGrier, Antonio, a rapporté avoir été réveillé vers 4 h 15 du matin, samedi, lorsque son fils frappait dans sa porte barrée pour la forcer à s'ouvrir. Il a appelé la police, puis Mme Jones, sa voisine d'en bas, pour l'avertir de ne pas ouvrir sa porte tant que les policiers ne seraient pas arrivés. Elle lui a dit qu'elle avait vu son fils à l'extérieur avec un bâton de baseball.

À l'arrivée des policiers, Antonio LeGrier a entendu Mme Jones crier «Wo! Wo! Wo!». Il a entendu des coups de feu en descendant les escaliers et a vu son fils et sa voisine, étendus dans le hall.

Une amie de Betty Jones, Jacqueline Walker, se demande pourquoi la police «tire d'abord et pose des questions ensuite». La police devrait utiliser des pistolets à décharge électrique ou d'autres méthodes non létales, a-t-elle affirmé en conférence de presse, à l'extérieur de la résidence des victimes.

Le bureau du médecin légiste du comté de Cook et les proches de la victime ont révélé que le décès de la quinquagénaire, qui était mère de cinq enfants et hébergeait des membres de sa famille à l'occasion de Noël, et de Quintonio, un étudiant en génie électrique à l'université Northern Illinois en visite chez son paternel pour le temps des Fêtes, avait été constaté à l'hôpital.

La mère de Quintonio Legrier, Janet Cooksey, a déclaré que la police de Chicago l'avait laissé tomber, elle et tant d'autres. Elle a vu d'autres familles perdre un membre sous les balles des policiers, et maintenant, c'est son tour.

D'autres gens qui ont pris la parole ont interpellé le maire, Rahm Emanuel, afin qu'il en fasse davantage pour améliorer la situation avec la police. D'autres lui ont demandé de démissionner.

Les deux victimes étaient afro-américaines. Or, cet incident survient alors que la mort de plusieurs noirs aux mains de policiers ont déjà mis de nombreux services de police américains sur la sellette et donné naissance au mouvement de protestation Black Lives Matter.

La police de Chicago fait l'objet d'une enquête fédérale en matière de droits civils après la diffusion d'une vidéo montrant le policier Jason Van Dyke tirer à 16 reprises sur un suspect noir de 17 ans, Laquan McDonald, en 2014. L'agent fait face à six accusations de meurtre prémédité et à une accusation d'inconduite relativement à la mort du jeune homme. Il doit être formellement accusé mardi.

La police n'a pas voulu dévoiler la race du policier impliqué dans l'affaire, se bornant à dire dans son communiqué que les agents concernés seraient assignés à des tâches administratives pendant 30 jours le temps que leur capacité à reprendre le travail sur le terrain soit évaluée.

Le père de Quintinio LeGrier a confié au journal Sun-Times que son fils avait des problèmes émotionnels, après avoir passé son enfance dans des familles d'accueil.

La mère de la victime a aussi dit Chicago Tribune que son fils avait des problèmes de santé mentale, mais que la police n'aurait pas dû réagir de cette façon. «Nous pensions que la police allait nous aider, l'emmener à l'hôpital. Ils ont pris sa vie», a-t-elle dit. Mme Cooksey, qui n'était pas présente lors de l'événement, a précisé que son fils n'avait pas d'arme à feu, seulement un bâton de baseball.

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