Obama exhorte les Américains à s'interroger sur les armes à feu

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Au lendemain de la fusillade sanglante de San Bernardino, Barack Obama a appelé jeudi les Américains à une véritable réflexion, au-delà des rebondissements d'une enquête qui s'annonce longue et délicate, sur la question des armes à feu.

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Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
WASHINGTON

«Nous allons devoir nous interroger, en tant que société, afin de prendre les mesures simples qui rendraient non pas impossible, mais plus difficile, l'accès aux armes».

Au lendemain de la fusillade sanglante de San Bernardino (Californie), Barack Obama a appelé jeudi les Américains à une véritable réflexion, au-delà des rebondissements d'une enquête qui s'annonce longue et délicate, sur la question des armes à feu.

«Nous ne pouvons pas simplement laisser (les forces de sécurité) s'occuper de ces horribles fusillades. Nous avons un rôle à jouer»,  a-t-il lancé, les traits tirés, lors d'une brève déclaration depuis le Bureau ovale au cours de laquelle il n'a écarté aucune hypothèse, y compris la piste terroriste.

Le couple qui a tué 14 personnes en Californie disposait d'un arsenal colossal de munitions et semble avoir prémédité son acte. Douze engins explosifs artisanaux ont été retrouvés à leur domicile.

Depuis son arrivée au pouvoir, en janvier 2009, le président américain affiche sa volonté de durcir la législation sur ce thème. Sans succès à ce jour.

Conscient que l'équilibre des forces au Congrès (où les deux chambres sont dominées par les républicains) rend toute évolution législative illusoire à court terme, M. Obama appelle désormais les Américains à demander des comptes à leurs élus, mettant en avant des sondages favorables à une évolution des textes.

Car tragédie après tragédie, il en est réduit à exprimer sa colère, constater son impuissance.

«Nous ne devrions jamais considérer que cela fait partie du cours normal des choses», lançait-il mercredi, quelques heures après la fusillade de San Bernardino, déplorant des scènes qui se répètent à travers les États-Unis et sont «sans équivalent ailleurs dans le monde».

«Nos pensées et nos prières ne suffisent pas. Cela n'a aucun sens!», lâchait-il il le 1er octobre 2015, quelques heures après une fusillade qui a fait dix morts dans une université de l'Oregon.

«Trop longtemps, nous avons ignoré le chaos que les armes à feu provoquent dans notre pays», déplorait-il le 26 juin 2015 à Charleston, en Caroline du Sud, lors de l'éloge funèbre du pasteur Clementa Pinckney, tombé, avec huit autres Afro-Américains sous les balles d'un jeune partisan de la suprématie blanche.

«Aujourd'hui, c'est trop facile»

Lorsqu'en décembre 2012, 26 personnes dont 20 enfants âgés de 5 à 10 ans avaient trouvé la mort dans une école de Newtown (Connecticut), l'onde de choc fut telle que même les sceptiques évoquaient une possible évolution législative.

À peine quatre mois plus tard pourtant, les élus sonnaient le glas d'une réforme, M. Obama dénonçait «un jour de honte pour Washington». Rien n'avait bougé.

Avec environ 270 millions d'armes en circulation, les États-Unis sont le pays développé avec le taux le plus élevé d'armes à feu par habitant (près de 89 armes pour 100 personnes). Et la plupart des armes utilisées dans les tueries de masse ont été acquises légalement.

Farouchement opposé à tout durcissement de la législation, le puissant lobby des armes invoque immanquablement le deuxième amendement de la Constitution. Ce dernier stipule qu'«une milice bien organisée étant nécessaire à la sécurité d'un État libre, il ne pourra être porté atteinte au droit du peuple de détenir et de porter des armes».

Mais ce paragraphe, ratifié en 1791, donne lieu à de multiples interprétations et est au coeur d'innombrables procédures judiciaires.

«Il est important pour nous tous, y compris ceux qui font la loi, de voir ce que nous pouvons faire pour nous assurer que lorsqu'un individu décide de s'en prendre à un autre, cela soit un peu plus difficile pour lui», a une nouvelle fois lancé le président jeudi.

«Aujourd'hui, c'est trop facile», a-t-il déploré.

Le président républicain de la Chambre des représentants, Paul Ryan, a dès jeudi matin mis en garde contre toute décision hâtive: «Le pire serait de se précipiter pour "faire quelque chose" qui ne servirait finalement à rien», a-t-il lancé sur la chaîne MSNBC.

Appelant à faire dans un premier temps appliquer les lois existantes, il a aussi insisté sur les troubles psychiatriques dont souffrent les auteurs de nombre de fusillades, réclamant une réforme en profondeur sur ce thème.

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