Obama pourrait se passer du Congrès pour fermer Guantanamo

L'un des camps de Guantanamo.... (Photo Archives Reuters)

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L'un des camps de Guantanamo.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Le président américain Barack Obama pourrait décider de se passer du Congrès pour fermer la prison de Guantanamo (Cuba), l'une de ses promesses de campagne, qui se heurte au refus des républicains de ramener les prisonniers aux États-Unis.

La Maison-Blanche doit présenter prochainement aux élus du Congrès un nouveau plan - annoncé de longue date - pour fermer cette prison hautement controversée, créée il y a 13 ans sur l'île de Cuba dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001.

Mais la partie s'annonce d'ores et déjà très compliquée : « Je pense que les prisonniers de Guantanamo doivent rester à Guantanamo », a prévenu mercredi le républicain Paul Ryan, tout nouveau président de la Chambre des Représentants. Les républicains contrôlent les deux chambres du Congrès.

Interrogé jeudi sur la voie que M. Obama entendait suivre pour tenir sa promesse avant son départ de la Maison-Blanche en janvier 2017, son porte-parole Josh Earnest a répondu qu'à ce stade, la priorité était « de travailler avec le Congrès ».

« Mais je ne vais exclure aucune option », a-t-il ajouté. Sans évoquer explicitement le recours à un décret présidentiel, il a souligné que le président ferait « tout ce qui est en son pouvoir pour avancer sur cette priorité de sécurité nationale ».

La question de la marge de manoeuvre exacte du président américain fait l'objet d'intenses spéculations. « Il appartiendra aux juristes de trancher sur cette question », a souligné M. Earnest.

L'exécutif américain rappelle inlassablement que nombre de personnes reconnues coupables de terrorisme sont actuellement écrouées sur le sol américain et juge que les arguments brandis par les républicains sont par conséquent infondés.

« L'idée selon laquelle cela ne peut être fait dans des conditions de sécurité satisfaisantes ne résiste pas à l'épreuve des faits », a souligné Josh Earnest, citant en particulier le cas de Zacarias Moussaoui, qui purge une peine de prison à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle pour complicité dans les attentats du 11-Septembre.

En réaction à la possibilité que Barack Obama contourne le Congrès, le sénateur républicain Pat Roberts a prévenu qu'il pourrait bloquer au Sénat toute nomination du gouvernement.

« J'ai actuellement la main sur la nomination du secrétaire à l'Armée de terre », a-t-il expliqué. « Et je bloquerais toute candidature nécessaire pour empêcher cette action unilatérale », a-t-il menacé.

Barack Obama, qui a sans cesse réaffirmé cette promesse de campagne au cours de ses deux mandats, juge insensé de « dépenser trois millions de dollars par prisonnier pour conserver une prison que le monde condamne et que les terroristes utilisent pour recruter ».

Il s'agit désormais de savoir « quel capital politique le président souhaite consommer » dans ce combat, a estimé Stephen Vladeck, professeur de Droit à l'American University.

Un peu plus d'une centaine de prisonniers sont actuellement écroués à Guantanamo, contre près de 700 en 2003.

Les autorités américaines ont été accusées de manière répétée d'y avoir recours à la torture, par d'anciens prisonniers, des ONG, des journalistes... Le rapporteur de l'ONU sur la torture lui-même a l'interdiction du Pentagone d'y rencontrer les prisonniers.

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