Le républicain Paul Ryan élu président de la Chambre des représentants

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Paul Ryan (à gauche) succède à John Boehner (à droite), poussé à la démission par l'aile conservatrice du groupe républicain.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Le républicain Paul Ryan a été élu jeudi président de la Chambre des représentants américaine, devenant le nouvel homme fort du Congrès et l'interlocuteur principal du président démocrate Barack Obama jusqu'à la fin de son mandat.

Les représentants ont élu Paul Ryan - qui à 45 ans devient le plus jeune «Speaker» depuis 1869-, avec 236 voix, contre 184 pour la démocrate Nancy Pelosi. Neuf des 247 républicains ont voté pour le conservateur Daniel Webster. Paul Ryan succède à John Boehner, poussé à la démission par l'aile conservatrice du groupe républicain.

Son élection doit permettre au parti conservateur de tourner la page de cinq années de guerre intestine, et de plus d'un mois de tourmente au sein du parti majoritaire.

Paul Ryan représente une circonscription du Wisconsin depuis son élection en 1998. Il avait été désigné mercredi par le groupe pour succéder à John Boehner, qui a annoncé fin septembre à la surprise générale qu'il entendait partir à la retraite, cédant aux pressions de l'aile ultraconservatrice du parti républicain.

Cette faction de frondeurs contestait non un manque de conservatisme, mais la stratégie selon eux accommodante de leurs chefs de file avec Barack Obama, qui dispose d'un pouvoir de veto contre ce que vote le Congrès.

Paul Ryan, un ultra-libéral qui fut le colistier de Mitt Romney à la présidentielle de 2012, a pour mission de regagner la confiance du Tea Party en démocratisant la gestion de l'institution.

«C'est le début d'un nouveau jour dans la Chambre des représentants», a déclaré Paul Ryan mercredi après avoir été désigné par ses collègues. «Nous allons avancer. Nous allons nous unifier».

Il est le «Monsieur Budget» des républicains, auteur de plusieurs projets de budgets dénoncés par les démocrates pour leur austérité.

Le président sortant de la Chambre, John Boehner, 65 ans, a prononcé peu avant son discours d'adieu au Congrès, où il fut élu pour la première fois en 1990.

Ce fils de barman de l'Ohio qui dit avoir toujours travaillé depuis qu'il a huit ou neuf ans symbolisait une génération d'hommes politiques plus habituée que les élus plus récents à «se salir les mains» en négociant des compromis avec les adversaires démocrates.

Énumérant les accomplissements de la majorité républicaine depuis la reconquête de 2010, il n'a fait qu'une allusion détournée aux nombreuses crises qui ont émaillé la relation avec la Maison-Blanche autour du budget.

«J'ai fini par comprendre une chose: la bataille sur la taille et le rôle de l'État dure depuis plus de 200 ans. Et les forces du statu quo mettent toute leur énergie à empêcher le changement. Le vrai changement prend du temps», a déclaré John Boehner, qui s'émeut facilement lors de ses interventions publiques. Il avait apporté une boîte de mouchoirs pour l'occasion.

Et de prodiguer un conseil à son successeur et aux intransigeants du Tea Party pour qui il ne cachait pas, en privé, son mépris: «la liberté rend toutes les choses possibles. Mais la patience est ce qui rend les choses réelles».

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