«Dieu pleure» pour vous, dit le pape à des victimes de pédophiles

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Jorge Bergoglio, 78 ans, s'est rendu dans la prison de Curran-Fromhold pour y parler avec une centaine de détenus.

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Jean-Louis DE LA VAISSIERE, Anne RENAUT
Agence France-Presse
PHILADELPHIE

«Dieu pleure» quand des enfants subissent des abus sexuels, a déclaré dimanche à Philadelphie le pape François, qui a rencontré des victimes de pédophiles, puis des prisonniers, au dernier jour de sa tournée américaine.

Le souverain pontife devait achever son séjour aux États-Unis par une messe géante, point d'orgue de six jours d'un voyage ayant inclus Washington et New York, durant lequel il a abordé les sujets qui fâchent, de la répartition des richesses à l'immigration en passant par l'écologie.

À l'aube, le souverain pontife a rencontré trois femmes et deux hommes victimes d'abus sexuels perpétrés par des prêtres, par des éducateurs ou encore par des membres de leur famille.

«Dieu pleure. Les crimes et les péchés d'abus sexuels sur des enfants ne doivent plus rester secrets», a affirmé le pape, promettant que les responsables «répondront de leurs actes».

Au Vatican, il avait déjà pris des mesures fortes en juin, limogeant deux évêques américains qui avaient fermé les yeux sur ces forfaits et en créant une instance judiciaire chargée de juger les évêques ayant couvert des crimes pédophiles.

Le pape avait déjà évoqué le scandale à plusieurs reprises durant son voyage, mais de manière jugée trop discrète. Benoît XVI avait lui rencontré des victimes à Boston en 2008.

Dernière messe géante

Jorge Bergoglio, 78 ans, s'est ensuite rendu dans une prison, la maison d'arrêt de Curran-Fromhold, pour y rencontrer une centaine de détenus.

Il y a mis l'accent sur la guérison morale et la réhabilitation: «Cela fait mal de voir les systèmes carcéraux qui ne se préoccupent pas de soigner les blessures, de soulager la peine, d'offrir de nouvelles possibilités», a-t-il martelé.

Dans un pays au système carcéral critiqué pour ses abus, le pape avait appelé jeudi les élus américains du Congrès à abolir la peine capitale. Il avait aussi estimé dans le passé que la prison à perpétuité était comme une peine de mort déguisée.

Le pape François devait présider dans l'après-midi sur l'artère centrale de Philadelphie sa dernière messe géante en présence d'un million et demi de personnes.

À une semaine du synode sur la famille au Vatican, il a dénoncé une «culture de supermarché» qui se traduit par une désaffection de la jeunesse vis-à-vis du mariage catholique.

Des groupes de fidèles affluaient dimanche matin vers l'avenue Benjamin Franklin où doit avoir lieu la messe, dans une ville toujours quadrillée par les forces de l'ordre.

Des passants s'arrêtaient pour signer de grands portraits du pape François exposés au coin d'une rue.

«C'est un tel ange, on sent avec lui que tout va bien se passer», s'est exclamée Bernadette Silverthorm, 75 ans.

L'artiste Mark G a dessiné ces portraits au stylo à bille et les a répartis dans plusieurs rues de la ville. Le pape François «est un homme d'amour dans la manière dont il dépeint l'humanité. Il est très humble. Et quand vous avez quelqu'un d'aussi humble, ça touche le coeur des gens», a-t-il estimé.

Tout au long de son voyage, les foules ont été aux rendez-vous le long des avenues, curieuses et séduites par ce pape qui, aux pays des grosses voitures, a voyagé dans sa petite Fiat 500 ou une papamobile ouverte et s'arrêtait pour rencontrer, embrasser, écouter et plaisanter avec les gens.

D'un foyer de sans-logis à une école pour enfants d'immigrés, François a privilégié les rencontres directes avec les défavorisés, moments où il semblait être le plus à l'aise.

L'accent a tout de suite été mis sur un sujet qui divise les Américains dans la campagne électorale: l'immigration.

Le pape qui s'est défini comme «le fils d'une famille d'immigrés» (italiens en Argentine), s'est référé à Abraham Lincoln et Martin Luther King pour appeler les Américains à s'inspirer de leurs exemples et à retrouver les valeurs fondatrices de la nation américaine: courage, brassage des cultures, liberté religieuse.

Dans un discours historique devant le Congrès, une première pour un pape, il a demandé aux élus d'assumer leurs responsabilités pour assurer un système économique plus équitable et corriger le réchauffement climatique. Il a aussi plaidé devant l'ONU pour les exclus et la protection de la Terre.

Un autre moment poignant a été la rencontre sur le lieu des attentats du 11-Septembre, à Manhattan, où il a condamné la violence au nom de la religion.

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