Uber pourrait être un enjeu dans la campagne présidentielle

Jeb Bush, qui a fait appel à Uber... (Photo Eric Risberg, archives AP)

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Jeb Bush, qui a fait appel à Uber jeudi dernier lors d'un déplacement à San Francisco, a accusé Hillary Clinton de prôner des «propositions dépassées» dont l'effet est de protéger «les intérêts spéciaux qui veulent étouffer l'ingénuité américaine et les entreprises du XXIe siècle comme Uber qui créent des emplois».

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Richard Hétu

collaboration spéciale

La Presse

(New York) Jeb Bush l'aime sans réserve. Hillary Clinton lui voue une certaine admiration, mais refuse de fermer les yeux sur ses défauts. Leur opinion sur le sujet pourrait marquer l'élection présidentielle de 2016. De quel sujet s'agit-il? D'Uber, le service de covoiturage commercial.

Après avoir provoqué de vives polémiques partout où il est débarqué, Uber a surgi la semaine dernière dans la course à la Maison-Blanche, prouvant de nouveau son ubiquité et son influence en tant que modèle économique.

Et d'ici le jour du scrutin, il pourrait bien finir par servir aussi de symbole politique. Dis-moi ce que tu penses d'Uber et je te dirai pour qui tu voteras...

Il est revenu à Hillary Clinton d'inviter Uber dans le débat. Lundi dernier, lors du premier grand discours économique de sa campagne, la candidate démocrate a évoqué les problèmes de l'économie à la demande et promis de «sévir contre les patrons qui exploitent leurs employés en les classant faussement comme des travailleurs indépendants ou même en volant leurs salaires».

«Bon nombre d'Américains touchent des revenus d'appoint en louant une petite chambre, en créant des sites web, en vendant des produits qu'ils créent eux-mêmes à la maison ou même en conduisant leur propre voiture», a déclaré Hillary Clinton lors de son allocution, prononcée à la New School, une université progressiste de New York. «Cette économie à la demande, ou soi-disant "gig economy" [économie des petits boulots], crée des occasions excitantes et stimule l'innovation. Mais elle suscite aussi des questions difficiles sur la protection des travailleurs et sur ce à quoi ressemblera un bon emploi à l'avenir.»

Clinton ne nomme pas Uber

Dans son discours, Hillary Clinton n'a pas prononcé le nom d'Uber ou des autres géants de l'économie à la demande (leurs partisans préfèrent l'expression «économie collaborative»). Mais les médias américains ont tous interprété son discours comme une attaque contre la société de transport par voitures privées dont la pratique de considérer ses chauffeurs comme des travailleurs indépendants est notamment contestée devant les tribunaux de Californie, où elle a vu le jour en 2009.

Uber a en effet dû porter en appel une décision récente de la commission du travail de Californie, qui a donné à un chauffeur le statut d'employé et non d'indépendant. La société fait également face dans le même État à une action collective destinée à la forcer à considérer ses chauffeurs comme des employés. Si Uber perdait une de ces causes, elle pourrait être obligée d'accorder des droits sociaux à tous ses chauffeurs, ce qui mettrait en péril son fameux modèle.

Réplique républicaine

Après le discours d'Hillary Clinton, les candidats républicains n'ont pas tardé à prendre la défense d'Uber et à critiquer la démocrate. «Des services comme Uber, AirBnB et Lyft stimulent notre économie et contribuent à faire baisser les prix. Comment est-ce mauvais, Hillary Clinton?», a écrit sur Twitter le sénateur du Kentucky Rand Paul, qui se vante d'être un habitué d'Uber.

Jeb Bush, qui a fait appel à Uber jeudi dernier lors d'un déplacement à San Francisco, a pour sa part accusé Hillary Clinton de prôner des «propositions dépassées» dont l'effet est de protéger «les intérêts spéciaux qui veulent étouffer l'ingénuité américaine et les entreprises du XXIe siècle comme Uber qui créent des emplois».

Bien avant le discours d'Hillary Clinton, des candidats républicains avaient même placé Uber au coeur de leur campagne. Le sénateur de Floride Marco Rubio fait notamment grand cas de son appui au service de covoiturage dans sa lutte coriace contre l'industrie du taxi traditionnel à Miami. Et Ted Cruz, son collègue du Texas, a cité le modèle Uber pour décrire la nature de son action politique. «Je veux bousculer la politique comme Uber et Lyft bousculent les commissions de taxi dans toutes les villes où ils débarquent», a-t-il dit en février dernier.

Mais le débat politique autour d'Uber ne peut être réduit aux allégeances partisanes. David Plouffe, ancien stratège et directeur de campagne de Barack Obama, est aujourd'hui le conseiller principal de la société et de son patron, Travis Kalanick. Tout libertarien soit-il, ce dernier est pour sa part un des plus grands défenseurs de l'Obamacare, la réforme du système de santé honnie par les adversaires du président démocrate.

Il suffirait d'ailleurs peut-être de mentionner cet appui aux électeurs ou candidats républicains pour qu'ils se mettent à dénoncer Uber...

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