Démission du policier qui avait pointé son arme sur des ados

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Des manifestants ont pris la rue le 8 juin à McKinney pour réclamer le renvoi du policier mis en cause.

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Mira OBERMAN
Agence France-Presse
CHICAGO

Le policier qui s'est livré à une intervention musclée contre des jeunes Noirs au Texas, suscitant de nouvelles protestations contre les violences policières aux États-Unis, «a laissé ses émotions prendre le dessus», a affirmé son avocate mercredi réfutant la thèse du racisme.

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«Il ne visait pas les minorités», a déclaré l'avocate Jane Bishkin lors d'une conférence de presse. «En fait, il maîtrisait également une femme blanche que l'on ne voit pas sur la vidéo».

Le policier Eric Casebolt, suspendu dimanche et qui a démissionné mardi, «a laissé ses émotions prendre le dessus», car il venait d'intervenir sur deux menaces de suicide, a-t-elle expliqué, ajoutant qu'il «s'excuse auprès de tous ceux qui ont été offensés».

Sur la vidéo, postée sur YouTube et qui a été visionnée 11 millions de fois, le policier jette violemment à terre une jeune fille en maillot de bain avant de pointer son arme de service uniquement sur les adolescents noirs. Ces derniers s'étaient «invités» vendredi soir dans une piscine privée d'un complexe résidentiel de McKinney, petite ville du Texas.

L'auteur de la vidéo, Brandon Brooks, a dénoncé le comportement du policier, estimant «qu'il y avait du racisme dans l'interpellation de ces jeunes».

«Tous mes amis noirs, ont été plaqués au sol et priés d'y rester alors qu'ils n'avaient rien fait du tout, ils étaient juste là», a dit l'adolescent de 15 ans sur la chaîne CNN.

Mardi, le chef de la police locale Greg Conley avait annoncé la démission du policier, qualifiant son comportement d'«indéfendable».

«Nous sommes tenus à des normes élevées pour les actions que nous effectuons dans le cadre de notre travail», avait souligné Greg Conley.

Selon Tatyana Rhodes, qui avait invité les jeunes gens à un barbecue non loin de là, «devant la piscine, il y a eu des insultes racistes contre moi et mes amis, on nous a dit de retourner chez nous». «Deux femmes ont commencé à nous attaquer», a-t-elle raconté.

Cet incident a relancé la polémique sur l'usage excessif de la force par la police aux États-Unis et sur les violences commises par des policiers blancs à l'égard des Noirs.

La police a affirmé être intervenue après avoir été informée de troubles dans une piscine de la ville. Plusieurs unités ont répondu et «les policiers ont fini par avoir le contrôle de la situation», avait précisé la police dimanche.

Policier «incontrôlable» 

Mais dans une vidéo filmée par l'adolescent, on voit Eric Casebolt -un Blanc- hurler des obscénités à l'adresse des jeunes en leur intimant l'ordre de s'allonger par terre.

Au milieu de la confusion et des cris, on le voit agripper une adolescente en maillot de bain, la plaquer au sol et la traîner sur une petite distance. Puis il se lève, dégainant son arme qu'il pointe vers deux jeunes garçons qui s'étaient approchés.

«J'avais douze policiers sur place et onze d'entre eux se sont comportés comme le veut leur formation», a assuré le chef de la police. «Comme la vidéo le montre, (Eric Casebolt) était incontrôlable pendant l'incident».

Les autorités ont lancé une enquête après la diffusion de la vidéo, largement reprise par les médias américains.

Plusieurs cas de violences policières et bavures ayant entraîné la mort d'hommes noirs non armés depuis l'été dernier ont ravivé les tensions raciales aux États-Unis, provoquant de nombreuses manifestations qui ont parfois dégénéré en émeutes.

Lundi, un policier qui avait été filmé en train d'abattre dans le dos un homme noir non armé en avril en Caroline-du-Sud a été officiellement inculpé de meurtre par un grand jury populaire.



Au milieu de la confusion et des cris,... (IMAGE THE DALLAS MORNING NEWS/YOUTUBE) - image 3.0

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Au milieu de la confusion et des cris, des jeunes se déplacent dans tous les sens tandis que des policiers tentent de maîtriser la situation, ce policier agrippe une adolescente en maillot de bain, la plaque au sol et la traîne sur une petite distance. Puis il se lève, dégainant son arme qu'il pointe vers deux jeunes garçons qui s'étaient approchés.

IMAGE THE DALLAS MORNING NEWS/YOUTUBE

Au milieu de la confusion et des cris, on le voit agripper une adolescente en maillot de bain, la plaquer au sol et la traîner sur une petite distance. Puis il se lève, dégainant son arme qu'il pointe vers deux jeunes garçons qui s'étaient approchés.

«J'avais douze policiers sur place et onze d'entre eux se sont comportés comme le veut leur formation», a assuré le chef de la police. «Comme la vidéo le montre, (Eric Casebolt) était incontrôlable pendant l'incident».

Selon des sources policières, les policiers avaient été appelés parce qu'un groupe de jeunes qui n'étaient pas invités à la fête s'étaient imposés et refusaient de partir.

Inquiétudes

Les autorités ont lancé une enquête après la diffusion de la vidéo, qui a été largement reprise par les médias américains.

Un peu plus tôt, l'avocate du policier, Jane Bishkin, avait indiqué à des médias que son client avait pris la décision de démissionner «après une rencontre avec le service des affaires internes concernant les éventuels chefs d'accusation qui pourraient être émis contre lui».

«Cette vidéo a fait naître des inquiétudes sur lesquelles la police de McKinney est en train d'enquêter», avait-elle indiqué.

«Les actions d'une personne ne définissent pas notre communauté dans son ensemble», a affirmé mardi le maire de la ville Brian Loughmiller, lors d'une conférence de presse commune avec M. Conley.

Plusieurs cas de violences policières et bavures ayant entraîné la mort d'hommes noirs non armés depuis l'été dernier ont ravivé les tensions raciales aux États-Unis, provoquant de nombreuses manifestations qui ont parfois dégénéré en émeutes.

Ainsi en avril, la mort d'un jeune Noir à Baltimore (Maryland), Freddie Gray, après son arrestation par la police avait provoqué de nombreuses manifestations de protestation, dont une a tourné en émeute. Après plusieurs jours de couvre-feu nocturne, la ville a retrouvé son calme.

Début août, la mort à Ferguson (Missouri) de Michael Brown, un jeune noir non armé, tué par un policier blanc, avait provoqué des manifestations virant parfois à l'émeute dans tout le pays pour dénoncer les violences policières à l'encontre des Afro-Américains.

Lundi, un policier filmé en train d'abattre dans le dos un homme noir non armé en avril en Caroline du Sud a été officiellement inculpé de meurtre par un grand jury populaire.

Une intervention motivée par le «racisme»

L'intervention musclée d'un policier contre des jeunes Noirs au Texas a été motivée par le «racisme» selon l'auteur d'une vidéo de l'incident, qui a été vue plus de 10 millions de fois et a forcé l'agent à démissionner.

«Je pense qu'il y avait du racisme dans l'interpellation de ces jeunes», a estimé Brandon Brooks sur la chaîne CNN. Sa vidéo de l'incident qui s'est déroulé vendredi soir au Texas avait été regardée sur YouTube plus de 10 600 fois mercredi.

Sur la vidéo, on voit le policier jeter violemment à terre une jeune fille en bikini avant de pointer son arme de service uniquement sur les adolescents noirs, qui s'étaient «invités» dans une piscine privée d'un complexe résidentiel de McKinney.

«Tous mes amis noirs, ont été plaqués au sol et priés d'y rester alors qu'ils n'avaient rien fait du tout, ils étaient juste là», a-t-il expliqué. «C'étaient des passants innocents qui ont été mis à terre sans raison».

Selon Tatyana Rhodes, qui avait invité les jeunes gens à un barbecue non loin de là, «devant la piscine, il y a eu des insultes racistes contre moi et mes amis, on nous a dit de retourner chez nous». «Deux femmes ont commencé à nous attaquer», a-t-elle raconté sur CNN.

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