É.-U.: le patron des scouts appelle à accepter les homosexuels dans la direction

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Robert Gates a déclaré que «dizaines d'États qui légifèrent sur la protection des salariés sur la base de leur orientation sexuelle, BSA se retrouve dans une position insoutenable qui nous rend susceptibles de devoir changer notre politique d'adhésion par la simple décision d'un tribunal»

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Le dirigeant de Boy Scouts of America (BSA), les scouts américains, a appelé jeudi à mettre fin dans ses rangs à l'interdiction de recruter des cadres homosexuels, affirmant que cette politique n'était «plus soutenable» dans le paysage actuel du pays.

Robert Gates, président de BSA et par ailleurs ancien ministre de la Défense et ex-patron de la CIA, a affirmé devant l'assemblée générale annuelle du mouvement à Atlanta, que le «statu quo dans les règlements d'adhésion à notre mouvement n'est plus soutenable».

Si le mouvement ne s'amorce pas lui-même ces changements, les tribunaux l'obligeront à le faire, a ajouté M. Gates en évoquant les «changements sociaux, politiques et juridiques qui ont eu lieu dans le pays au cours de l'année écoulée et que personne n'anticipait».

La question de l'homosexualité dans ses rangs agite depuis des années le mouvement boy-scout américain. Elle a donné lieu à de multiples mouvements de protestation entre partisans du droit des homosexuels d'un côté et les églises de l'autre, plus conservatrices sur la question et très présentes dans la BSA.

Après deux décennies d'interdiction explicite des jeunes homosexuels, la BSA avait décidé d'accepter à partir du 1er janvier 2014 les jeunes homosexuels en tant que membres, mais avait conservé l'interdiction pour l'encadrement.

Après cette décision majeure, les disputes avaient continué avec des rébellions de sections à New York ou Denver (Colorado, ouest) qui voulaient le même droit pour tous.

Jeudi, M. Gates a enfoncé le clou: avec des «dizaines d'États qui légifèrent sur la protection des salariés sur la base de leur orientation sexuelle, BSA se retrouve dans une position insoutenable qui nous rend susceptibles de devoir changer notre politique d'adhésion par la simple décision d'un tribunal».

L'ancien ministre a appelé l'organisation à prendre elle-même en main son avenir: «Nous devons agir ou nous serons forcés de le faire, mais dans un cas ou dans l'autre, je crois que nous n'avons pas beaucoup de temps», a-t-il dit.

Il a néanmoins précisé que cet éventuel changement de règlement n'allait pas être soumis à la décision de cette assemblée générale.

Prendre son avenir en mains permettrait aux églises, à la tête de 70% des sections, de «déterminer leurs propres règles respectant leur foi en ce qui concerne l'encadrement».

Nous «devons par tous les moyens respecter la liberté de religion», a-t-il répété, laissant ainsi entendre que les dirigeants au niveau local pourraient ainsi avoir leurs propres règlements.

Human Right Campaign, une des principales organisations de défense des droits des homosexuels, a salué «un pas dans la bonne direction» tout en réaffirmant son appel à ce que l'égalité des droits soit la règle pour tous.

L'Église mormone, plus gros commanditaire des BSA, a pris acte du discours de M. Gates et «va soigneusement étudier les répercussions que pourraient avoir ce changement sur notre association vieille de plus d'un siècle avec la BSA».

La BSA, association fondée en 1910, rassemble 2,5 millions de jeunes garçons encadrés par un million de bénévoles dans 110 000 troupes. Plus de 1,5 million de ses membres sont âgés de 7 à 11 ans.

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