Boston et les États-Unis face à la peine de mort

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Des militants contre la peine de mort ont manifesté devant le palais de justice de Boston pendant le procès de Djokhar Tsarnaev.

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Richard Hétu

Collaboration spéciale

La Presse

(New York) Reconnu coupable des attentats du marathon de Boston, Djokhar Tsarnaev doit-il être exécuté? À partir de mardi, la question devrait être débattue devant un jury fédéral à Boston. Source de divisions au sein même des familles des victimes, elle intervient à un moment où les Américains sont de moins en moins favorables à la peine capitale. État des lieux.

L'opposition d'une famille

Martin Richard, tué à l'âge de 8 ans alors qu'il attendait l'arrivée de son père à la ligne d'arrivée du marathon de Boston, a joué un rôle central dans le jugement de Djokhar Tsarnaev.

Tout au long du procès, les avocats du gouvernement fédéral ont rappelé le sort tragique de cet enfant charcuté par la bombe qu'avait déposée le plus jeune des frères Tsarnaev.

Or, ses parents ont appelé vendredi le ministère de la Justice à renoncer à la peine capitale dans le cas de Tsarnaev en échange d'une peine de prison à vie sans possibilité de libération ou d'appel.

Dans une lettre ouverte publiée à la une du Boston Globe, ils invoquent non pas leur opposition à la peine capitale, mais plutôt leur souhait d'épargner à leurs deux enfants survivants des appels sans fin qui serviront de «rappels douloureux de ce que l'accusé leur a enlevé».

La décision de la procureure

Il reviendra à la procureure fédérale du Massachusetts, Carmen Ortiz, d'annoncer si la peine de mort fera ou non partie des châtiments proposés aux membres du jury. Ceux-ci ont déjà reconnu la culpabilité de Djokhar Tsarnaev dans les attentats qui ont fait trois morts et plus de 260 blessés en avril 2013.

En janvier 2014, le ministre de la Justice Eric Holder a annoncé que la peine de mort serait requise contre Tsarnaev. Mais sa représentante au Massachusetts a par la suite indiqué que les sentiments des survivants et des victimes pèseraient sur cette question. Elle a réitéré cette position en réagissant à la lettre ouverte des Richard.

«D'aucuns ont des opinions très arrêtées sur la façon dont nous devons procéder. Ces opinions ont joué un rôle - et continuent à jouer un rôle - dans le traitement de cette affaire par le ministère de la Justice», a-t-elle affirmé.

En baisse de popularité

La deuxième phase du procès de Djokhar Tsarnaev se mettra en branle quelques jours seulement après la publication d'un sondage du Pew Research Center démontrant que la popularité de la peine capitale continue à baisser aux États-Unis.

Certes, les Américains demeurent en majorité favorables à ce châtiment mais, à 56 %, leur poids n'a jamais été aussi peu élevé en quatre décennies. Cette proportion a baissé de six points de pourcentage depuis 2011 (62 %) et de 22 points depuis 1996.

Le déclin de popularité de la peine capitale s'accompagne d'une diminution du nombre des exécutions aux États-Unis, qui est passé de 98 en 1999 - une année record - à 35 en 2014. Depuis le début de 2015, 13 personnes ont été exécutées.

La peine de mort a été abolie dans 29 États, dont le Massachusetts. Le gouvernement fédéral se réserve cependant le droit de l'appliquer sur l'ensemble du territoire américain.

De McVeigh à Tsarnaev

Les États-Unis soulignent samedi le 20e anniversaire de l'attentat d'Oklahoma City (l'explosion d'un immeuble fédéral qui a fait 168 morts et plus de 680 blessés en réponse à l'intervention du gouvernement fédéral dans les sièges de Waco et Ruby Ridge).

Son auteur, Timo-thy McVeigh, a été exécuté le 11 juin 2001 dans un pénitencier de l'Indiana. Après qu'un jury eut reconnu sa culpabilité, 68 % des Américains se disaient pour l'exécution de ce milicien d'extrême droite.

Après le verdict de culpabilité à l'encontre de Djokhar Tsarnaev, 60 % des Américains se sont dits en faveur de la mise à mort de ce musulman radicalisé, selon un sondage réalisé pour CBS News.

Dans le cas de Tsarnaev, l'appui à la peine capitale varie selon l'appartenance politique et l'âge, les républicains (76 %) et les personnes âgées (62 %) y étant beaucoup plus favorables que les démocrates (52 %) et les moins de 30 ans (53 %).

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